Chronique de Michaël Bar Zvi | Yod Alef Tichri 5777 - 13 octobre 2016

jeudi 13 octobre 2016, par Desinfos

Boker tov amis auditeurs de Radio J. L’attentat de dimanche dernier à Jérusalem est-il le signe d’un regain de violences, un an après le début de ce que l’on appelle l’Intifada des couteaux ? Alors que depuis quelques semaines il semblait que les forces de sécurité avaient réussi à déjouer plusieurs attaques, à arrêter des terroristes avant le passage à l’acte et à neutraliser efficacement les auteurs d’agressions, l’attentat de Jérusalem est, pour plusieurs raisons, de nature différente.


Le mode opératoire n’est plus le même, car il s’agit d’une attaque avec une arme de guerre, un M 16, probablement volé à l’armée israélienne et une enquête est en cours pour savoir comment cette arme est parvenue aux mains du terroriste. Le terroriste n’est pas un jeune inexpérimenté mais un homme marié de 39 ans, employé dans un supermarché, connu des services de police et déjà condamné, mais disposant d’une carte d’identité israélienne en tant que résident de Jérusalem. Membre présumé du Hamas, il a bénéficié d’un soutien logistique et d’un entraînement de la part de représentants de ce mouvement.

Le lendemain de cette attaque meurtrière, on a appris l’arrestation d’un autre terroriste du Hamas qui s’apprêtait à commettre un attentat par explosif dans un bus, après s’être procuré le matériel nécessaire pour la confection d’une bombe. Par ailleurs les tirs sporadiques en provenance de la bande de Gaza ont repris depuis quelques semaines. Sommes-nous à la veille d’une nouvelle escalade, à l’approche des fêtes de Souccot, période de pèlerinage à Jérusalem pour de nombreux touristes étrangers et israéliens ?

Le gouvernement a renforcé le système de sécurité et malgré le bouclage des territoires et de certains quartiers sensibles de Jérusalem, des émeutes et affrontement se sont déroulés pendant la fête de Kippour et dans la soirée de mercredi. Les raisons de cette nouvelle vague d’attaques contre Israël et sa population civile sont multiples, mais il semble que derrière elle se trouve la volonté de l’Autorité palestinienne de faire pression sur le président américain pour qu’il soutienne une motion unilatérale au Conseil de Sécurité de l’ONU avant la fin de son mandat, comme le craignent les diplomates israéliens aux Etats-Unis.

Cela fait plusieurs semaines que des rumeurs incessantes circulent à Washington sur la volonté d’Obama, en fin de mandat, de voter la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les lignes de 1967. De nombreux membres du parti démocrate ont mis en garde ces derniers mois Barack Obama, car un tel acte risquait de mettre Hilary Clinton dans l’embarras, ce qui en soi ne le dérangerait pas le moins du monde, mais il a suspendu sa décision. Toutefois si les sondages donnant une large avance à la candidate démocrate se confirmaient, Obama n’hésitera sans doute plus.

Le seul obstacle pour l’heure reste la situation difficile des Etats-Unis en Syrie et en Irak et la confrontation indirecte avec la Russie. L’opinion américaine ne comprendrait pas pourquoi le conflit israélo-palestinien deviendrait une priorité pour le Conseil de Sécurité alors que des milliers de civils périssent sous les bombardements des armées russes et syriennes. Une aggravation subite de la situation à Jérusalem, à Gaza ou en Judée-Samarie pourrait donner à Obama un prétexte pour relancer son projet de motion contre Israël. C’est pourquoi le gouvernement israélien doit maîtriser la situation avec sagesse et fermeté pour éviter à tout prix une nouvelle escalade. Netanyahou sait qu’il n’a pas de partenaire au sein de l’Autorité palestinienne et qu’il doit aussi contrôler plusieurs éléments de sa coalition qui peuvent entraîner Israël sur une pente dangereuse.
Hag Sameakh


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