Puisqu’il a cédé, Arafat conserve sa confiance à Qoreï

Par Léonard Vincent - TF1

mercredi 12 novembre 2003

Le Premier ministre palestinien aurait présenté hier sa démission au chef de l’Autorité après que des divergences entre eux eurent entraîné l’annulation d’une session du Parlement au cours de laquelle il devait exposer son programme.
Mis en ligne le 10 octobre 2003 


 Après une dispute avec Yasser Arafat qui l’a empêché de faire adouber son gouvernement par les députés, le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï aurait présenté hier soir sa démission. Alors que le Conseil législatif palestinien était réuni depuis une heure à Ramallah pour voter la confiance à la nouvelle équipe gouvernementale, son président en exercice Ibrahim Abou Najar est d’ailleurs venu annoncer que la session n’aurait pas lieu.

Cité par le site Internet du quotidien Ha’aretz, le porte-parole de Yasser Arafat a d’abord reconnu qu’il existait de « sérieuses divergences » entre Yasser Arafat et Ahmed Qoreï, mais que celui-ci n’avait pas officiellement jeté l’éponge. Plus tard, le dirigeant palestinien faisait savoir qu’il continuait d’accorder sa confiance à son Premier ministre fraîchement désigné. Un haut responsable palestinien a fait savoir en début de journée qu’une médiation était en cours pour tenter d’apaiser la crise.

Crise autour de l’Intérieur

Dans un contexte de haute tension avec Israël et les factions armées, Ahmed Qoreï avait été nommé à la tête d’un cabinet d’urgence restreint. Il souhaitait le faire valider par le parlement, de manière à pouvoir l’élargir plus tard à une équipe gouvernementale normale sans avoir à repasser devant la représentation nationale. Cette initiative a suscité des critiques au sein du parlement, plusieurs députés souhaitant pouvoir se prononcer sur une nouvelle équipe gouvernementale ordinaire, et non donner un blanc-seing au nouveau Premier ministre en approuvant un cabinet d’urgence capable de légiférer par décret pendant un mois.

De plus, une réunion houleuse du Comité central du Fatah s’est tenue, en présence de Yasser Arafat et Ahmed Qoreï, respectivement numéro un et numéro trois du mouvement nationaliste historique, peu avant l’heure prévue pour la session du parlement. Yasser Arafat se serait opposé à la présence du général Naser Youssef comme ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement, après que celui-ci eut refusé, mardi, de prêter serment devant le dirigeant palestinien avec les autres membres du cabinet. Le général Youssef exigeait d’obtenir un pouvoir accru sur tous les services de sécurité palestiniens, ce à quoi Yasser Arafat s’oppose. Ahmed Qoreï aurait alors quitté la réunion en colère et affirmé qu’il souhaitait renoncer à son mandat.

Un plan contre les « Brigades » du Fatah

Ahmed Qoreï avait rencontré le général plus tôt dans la journée, avant d’affirmer que sa priorité serait de reprendre le contrôle de la rue. Des sources palestiniennes faisaient même état d’un plan visant à reprendre en main, dans un premier temps, les « Brigades des martyrs d’al-Aqsa » en Cisjordanie, une nébuleuse de factions dissidentes armées du Fatah. Nasser Youssef était responsable de la sécurité intérieure en 1996, lorsque la jeune Autorité palestinienne avait, dans le cadre des accords d’Oslo II, mené une campagne de répression contre les mouvements terroristes en coopération avec Israël.


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