Quand la marche de la Gendarmerie Nationale algérienne appelle au massacre des Juifs

Hélène Keller-Lind

mardi 22 décembre 2015, par Desinfos

La vigoureuse chanson de marche de la Gendarmerie Nationale algérienne contient des mots clefs : “martyrs, Prophète Mahomet, Arabes, Allah, Algérie libre, musulmane”, mais aussi curieusement dans une Algérie sans Juifs, “tuer, massacrer, écorcher les Juifs” ! Alors que Bernard Cazeneuve soulignait il y a un an qu’il y a “en Algérie... une formation de très, très haut niveau de cadres de la police et de la gendarmerie...”. Rappelons qu’existe entre l’Algérie et la France une coopération au niveau sécuritaire ou une formation d’imams qui vont prêcher dans des mosquées françaises...


Le 1er novembre 2015, à l’occasion du Jour de la Révolution était postée sur Internet une vidéo mettant en scène des gendarmes de la Gendarmerie Nationale algérienne. MEMRI qui l’a traduite précise qu’on ignore quand elle a été tournée. Défilant d’un air martial ces gendarmes chantent à pleins poumons les martyrs, le Prophète Mahomet, les Arabes, Allah et une Algérie libre et musulmane à jamais. Rien de bien surprenant...Mais, étonnamment car ce pays est pratiquement Judenrein, la plupart des Juifs, devenus français lors de la colonisation, ayant fui lors de la guerre d’indépendance de ce pays, notamment après des assassinats antisémites, d’autres paroles sont entonnées. Enjoignant les troupes de “tuer les Juifs, les massacrer, les écorcher”...

Pourtant, il y a tout juste un an, lors de la rencontre à Alger entre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue algérien étaient évoquées « la coopération entre les services de police et de gendarmerie, la sécurité civile, la formation de cadres de haut niveau de l’administration algérienne, des collectivités locales, de l’encadrement en général », soit « 135 actions de coopération dans ces domaines ». Le ministre français estimant cependant que « nous sommes moins dans la coopération que dans l’échange parce qu’il y a en Algérie des cadres de police et de gendarmerie qui ont acquis une formation de très, très haut niveau ». C’est donc pour lui « un échange d’expériences »...

À la même époque, rapportait le quotidien algérien L’Expression, “Paris et Alger ont signé... une convention pour que des imams algériens envoyés en France puissent être formés « en harmonie avec les exigences de la République » française, a annoncé le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve à Alger.
« Il est important qu’il y ait des imams formés en harmonie avec les exigences de la République, qui permettent de lutter contre (l)e dévoiement, (l’)abaissement » de l’islam, a estimé M. Cazeneuve en conférence de presse, faisant référence à des « actes terroristes abjects et barbares (qui) n’ont rien à voir avec la religion musulmane ».
Autre précision apportée par le quotidien : “En France, pays à forte tradition laïque qui compte quelque 2.000 lieux de culte musulman, une centaine d’imams sont affiliés à la Grande mosquée de Paris (GMP), financée par l’Algérie et une des composantes du Conseil français du culte musulman. La convention porte aussi sur la réhabilitation de la GMP et de l’institut El Ghazali de formation des imams qui en dépend. En Algérie, Mohamed Aïssa - ministre des Affaires religieuses - s’est déjà engagé à revoir la formation des imams pour « immuniser » définitivement son pays, qui compte 17.000 mosquées, contre l’intégrisme religieux qui a conduit à une guerre civile meurtrière dans les années 90”.

Lutter contre l’islamisme, voilà qui est bien, mais chanter la violence antisémite ?


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