Chronique de Michaël Bar-Zvi | Het be Tevet 5776 - 17 décembre 2015

jeudi 17 décembre 2015, par Desinfos

Boker tov amis auditeurs de Radio J. Dans le numéro, paru avant-hier, de sa revue Dar el islam en français, l’organisation terroriste Daech appelle ses sympathisants en France à tuer les enseignants qui inculquent la laïcité aux enfants musulmans et les éloignent du Coran. Dans le climat tendu des zones sensibles et les critiques sur l’état d’urgence d’une certaine gauche, alliée objectif de l’islam intégriste, cette menace ne doit pas être prise à la légère.


Alors que nos « droitsdelhommistes » habituels s’inquiètent de l’atteinte aux libertés et brandissent l’accusation d’islamophobie comme celle d’un meurtre rituel des valeurs républicaines à chaque perquisition chez des suspects, le risque de nouvelles attaques en Europe grandit.

Hier un attentat contre l’ambassade d’Israël et des cibles juives a été déjoué à Berlin, et d’autres enquêtes sont en cours sur la base d’informations provenant des services de renseignements américains, israéliens et même de pays arabes.

La lutte contre Daech sera longue et nécessite une vigilance permanente, contraire à l’esprit d’insouciance auquel certains nostalgiques du bon temps voudraient nous ramener. Il est clair pour les sociétés occidentales que le combat contre Daech doit aussi et surtout impliquer les musulmans eux-mêmes, qui en sont les principales victimes. On ne peut pas dire que jusqu’à présent elles ont réussi à les engager de façon efficace dans cette guerre. L’alliance avec les shiites, comme on pouvait s’y attendre, n’a servi qu’à renforcer le pouvoir de Bachar el Assad mais n’a pas envoyé les troupes iraniennes dans la bataille terrestre contre les forces de Daech.

L’annonce par le ministre de la défense saoudienne Mohammed Bin Salman de la création d’une coalition sunnite contre l’Etat islamique peut-elle être considérée comme un espoir de changement dans l’attitude des musulmans dans cette guerre ? Dans sa conférence de presse à Paris le ministre des affaires étrangères saoudien Adel Al Jubeir n’a pas donné la liste des pays partenaires de la coalition, mais a évoqué une lutte globale contre le terrorisme et non un engagement direct sur le champ de bataille pour écraser Daech.

Selon diverses sources on estime que cette coalition islamique comprendrait des soldats de 34 pays musulmans dont le Pakistan, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, le Qatar, la Libye, l’Autorité palestinienne et plusieurs pays africains. Toutefois l’attitude des Saoudiens reste ambigüe, car ils continuent de soutenir financièrement et logistiquement l’organisation terroriste opposée à Assad Djabat el Nosra, antenne d’Al Qaida, et on vient d’apprendre que les fonds de soutien à des partisans de Daech dans la bande de Gaza provenaient également de banques saoudiennes.

Dans cette guerre sans merci avec le terroriste djihadiste, l’islam n’arrive pas à sortir de ce double jeu. Tant que le monde musulman ne sortira pas de cette impasse, il ne sera pas un partenaire fiable pour les Etats du monde libre et continuera à être à la fois la victime et le responsable de ses propres déchirures.


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