Propagande

Capdevielle

dimanche 11 juin 2006

Voir en ligne : Lire sur : http://www.desinfos.com/

j’ai beau être familiarisée aux excés de nos médias, depuis vendredi ils se surpassent.


Une déferlante d’informations pour une interprétation unique. Sur les sites de bien des journaux, une vidéo et des photos sont complaisement diffusées. La douleur et la souffrance de deux enfants au service de la pire propagande. Car il serait vain de chercher dans les textes qui les accompagnent une compassion réelle. Non, il s’agit de dire ’ regardez ce qu’ils ont fait’. Surtout ne pas ménager d’espace à la réflexion. Caméras insistantes. Gros plan, silence.

L’émotion que provoquent ces images emportera-t-elle toute raison ? Le système fonctionne parfaitement. A déjà fait ses preuves.

D’emblée la presse française s’est jetée sur la version du Hamas, accordant plus d’importance aux propos de terroristes -légalement élus, je sais- qu’aux explications d’un état démocratique. D’ailleurs les informations sont données avant même de savoir comment les choses se sont réellement passées.

Combien d’israéliens ont été assassinés alors que nos médias se taisaient ? Ou diffusaient des communiqués laconiques dans un langage presque abstrait. De temps à autre on annonce qu’une roquette est tombée. Sans préciser que quelques minutes auparavant un enfant se tenait dans une chambre maintenant dévastée. Non. ’Il n’y a pas de victimes’. Neutralité voulue du ton. Comme on annonce la pluie dans un bulletin de météo. Neutralité efficace du ton. Ces tirs -dont l’origine n’est pas toujours précisée- sont devenus aussi anodins que simple averse. La réalité sous anesthésie.

Pour parler de la plage de Gaza, le langage est tout autre. C’est effrayant à écouter, à lire. Journaux, radios, télévisions. Je n’y entends qu’incitation à la haine. Bien française, cette fois elle s’affiche sans les fausses réserves d’usage. Comme si là aussi on avait décidé de rompre une « trève ». Il ne s’agit plus seulement de travestir des terroristes en ’activistes’, de confondre -volontairement- lâches attentats et ripostes d’un pays qui doit s’en défendre. Non, il y a dans cette unanimité une sorte de satisfaction. Attendait-on l’occasion là aussi ?

Hier Euronews* titrait ’Raids meurtriers israéliens contre des civils palestiniens’. Le pas est franchi.

Ici, en France, des mots mensongers et meurtriers attisent la haine et arment des bras.

Ils me semble que même si des démentis sont apportés, ils ne serviront à rien. Le poison aura fait son effet.

Aujourd’hui un article de Stéphane Juffa : ’ Dans l’autre camp, la France ’. Oui, cela n’a jamais été aussi évident.


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