Les Eglises et Israël

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 24 mai 2006

Voir en ligne : Lire le texte sur :http://www.desinfos.com/

Selon une information diffusée par Guysen.Israël.News, le Conseil Œcuménique des églises (COE - parfois appelé Conseil mondial des églises d’après les sigles anglais WCC), « Israël porte la responsabilité de la crise actuelle au Moyen-Orient ».
Cette Organisation dont l’activisme anti-israélien apparaît nettement à la consultation de son site Internet (wcc-coe.org/wcc/what/international/regconcerns-palestine-israel.html) aurait déclaré que les actions israéliennes à l’égard des Palestiniens « ne pouvaient être justifiées ni moralement, ni légalement, ni politiquement »


Pour « excuser » sans doute son parti pris anti-israélien manifeste, au moins depuis 1967, les concepteurs du site n’hésitent pas à écrire que « même avant 1948, le COE en voie de création chercha à aider les Juifs d’Europe à échapper des territoires occupés par les nazis et les aida à émigrer vers des havres sûrs » (traduit et souligné par nous).

Loin de nous l’idée de passer sous silence l’aide effective apportée par les protestants, voire par des institutions officielles, aux Juifs pourchassés par les nazis.

Mais cela n’excuse pas la partialité dont fait preuve depuis de nombreuses années le COE, fondé en 1948 et qui réunit 340 églises membres dans 100 pays, et représenterait 550 millions de chrétiens orthodoxes, anglicans, et protestants.
L’attitude passée, hautement louable, n’excuse en rien l’orientation détestable prise par cette Organisation mondiale.

Pas plus que l’œuvre admirable d’institutions protestantes en France, durant la seconde guerre mondiale, notamment celle de la CIMADE, ne peut empêcher de regretter les prises de position adoptées, périodiquement, par la Fédération protestante de France (v. Désinfos.com du 23 octobre 2005).

Dès 1948, de fait, le COE s’est exclusivement préoccupé du sort des réfugiés palestiniens, sans s’interroger nullement sur le sort des Juifs chassés des pays arabes, ni sur les attaques guerrières répétées menées contre Israël et, depuis 1967, l’accent a été mis sur l’ « occupation illégale de la Palestine ».

Au mois de mars dernier, le COE lançait une campagne invitant ses membres à vendre leurs investissements dans les « entreprises israéliennes qui tirent profit de l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza (alors que le retrait israélien de ce territoire était effectif depuis plusieurs mois...).

Et l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis avait, d’ores et déjà, examiné « très sérieusement », le désinvestissement en Israël.

Aussi des initiatives individuelles, en France notamment, parmi lesquelles nous citerons le pasteur Fruhinsholz (www.shalom-israel.info/page00010036.html) n’en prennent que plus de valeur et de mérite.

Si l’on se tourne, maintenant, du côté catholique, on a, souvent, dû regretter la timidité des prises de positions du Vatican, sans pour autant déplorer le même unilatéralisme que celui du COE.

Sans doute soucieuse de préserver le sort des catholiques en terre d’Islam, la papauté a tardé à régulariser ses relations avec Israël (n’est-ce pas cette même explication que l’on donne parfois pour expliquer les silences de Pie XII, durant la guerre ?).

Rappelons que l’accord fondamental par lequel le Vatican reconnaissait Israël ne date que de décembre 1993, quelques semaines après que l’OLP en eut fait de même....

Il ne faut pas oublier l’engagement de certains catholiques dans l’action terroriste (Georges Habbache, le fondateur du Front populaire de libération de la Palestine, ne cachait pas ses origines catholiques orthodoxes et, en son temps, Monseigneur Hilarion Capucci, vicaire patriarcal de Jérusalem, fut même impliqué dans un trafic d’armes).

Il y a quelques jours encore, Monseigneur Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, coutumier de diatribes anti-israéliennes proférées en chaire, n’hésitait pas à déclarer, à des journalistes français, que « le Hamas n’est en rien un danger ».

Ainsi, pour le représentant du Pape en Terre sainte, la réalisation des objectifs du Hamas, qui rejoignent ceux du président iranien Ahmadinejad, ne heurterait pas sa conscience chrétienne.

Sans vouloir donner l’impression d’être atteint de paranoïa, la récente déclaration du COE nous donne à penser que le Juif n’a pas fini de servir de bouc émissaire.


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