Le conflit israélo-palestinien au coeur des discussions entre Jacques Chirac et Abdallah II de Jordanie

AP

lundi 20 mars 2006


Jacques Chirac a évoqué lundi avec le roi Abdallah II de Jordanie la situation au Proche-orient, et notamment le conflit israélo-palestinien. « Il faut trouver le moyen de poursuivre l’aide européenne au peuple palestinien », sans qu’elle soit « envoyée là où elle ne devrait pas l’être (au Hamas, NDLR) autrement dit sous l’autorité du président palestinien » Mahmoud Abbas, a souhaité à ce sujet le président français.

Le nouveau gouvernement palestinien formé par le Hamas doit « répondre à trois obligations » : « le rejet de la violence, la reconnaissance d’Israël et la reconnaissance des accords internationaux qui ont été signés entre Israël et l’organisation palestinienne », a rappelé le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse conjointe à l’Elysée. « Dans ce contexte, il y aurait une coopération qui implique notamment la poursuite des aides » de l’Union européenne.

Mais « si ce résultat n’était pas évident ou acquis immédiatement, nous pensons que, en toute hypothèse, on ne doit pas sanctionner le peuple palestinien de façon économique », a ajouté Jacques Chirac.

Globalement, « nous avons exprimé une certaine préoccupation et espéré que la sagesse l’emporte, que le processus de paix puisse redémarrer », a-t-il précisé.

« La communauté internationale a la responsabilité d’alléger les souffrances humanitaires du peuple palestinien », a affirmé de son côté Abdallah II de Jordanie. Dans un entretien publié dans « Le Monde » daté de mardi, il se dit « inquiet quant à la création d’un Etat indépendant viable ».

« Si, d’ici à deux ans, un tel Etat n’a pas vu le jour, il n’y aura plus rien à négocier », estime-t-il. Et « nul ne sait quelles peuvent en être les conséquences sur la région et sur la Jordanie ».

« Les Israéliens se trompent en pensant qu’ils peuvent se laver les mains du problème palestinien et le renvoyer à la Jordanie », avertit le souverain jordanien. Interrogé sur le Hamas, Abdallah II dit attendre « de savoir si le Hamas va renoncer aux armes et devenir une organisation politique à part entière ». « L’optimisme sera de mise si le Hamas s’engage dans la sphère politique et si un gouvernement israélien modéré désireux de faire la paix est formé ».

Les deux chefs d’Etat ont par ailleurs évoqué le dossier du nucléaire iranien. « la France, l’Angleterre et l’Allemagne pratiquent une politique de main tendue et ont bien l’intention de poursuivre cette politique, mais à condition naturellement que, à un moment donné, il y ait une main qui se tende aussi du côté de l’Iran », a prévenu Jacques Chirac. « Nous souhaitons que des négociations permettant de trouver un peu de bon sens puissent se poursuivre ».

Concernant l’Irak, le roi Abdallah II a précisé que son pays avait « l’intention d’accueillir une rencontre des leaders religieux irakiens dans les mois qui viennent ».

Evoquant le dossier syro-libanais, Jacques Chirac a « salué le travail » accompli par la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Concernant la coopération de la Syrie, « je crois qu’il y a encore beaucoup à faire », a-t-il toutefois estimé. AP


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