Politique et déclarations de Netanyahou

Par Caroline Glick - D’abord publié dans le « the Jerusalem Post » - frontpagemag.com| Adaptation française de Sentinelle 5775 ©

mercredi 8 octobre 2014, par Desinfos

Bien que les commentateurs ne l’aient pas vu, le gouvernement Obama a récidivé. Ils ont ignoré le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la veille de sa visite à Washington. La dernière fois où cela s’est produit, c’était en mai 2011 quand le président des USA Barack Obama mit en place sa politique à l’égard d’Israël et des Palestiniens alors que Netanyahou était dans le vol en route vers Washington pour le rencontrer.


Dans ce discours, Obama annonça son soutien à un retrait israélien pratiquement complet sur les lignes d’armistice de 1949 totalement indéfendables, à Jerusalem, en Judée et Samarie. Obama adopta cette position malgré le fait que Netanyahou et le public israélien l’ait rejetée et la considéraient comme une menace à la survie d’Israël.

Cette fois-ci, le gouvernement Obama n’a pas ignoré Israël à la veille de la visite de Netanyahou par une déclaration hostile en relation avec les Palestiniens. Cette fois, ils l’ont fait en lien avec l’Iran.

Dans un discours samedi soir devant le Conseil National Irano-Américain, Phillip Gordon, coordinateur de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient a déclaré que si les pourparlers USA – Iran sur le programme d’armes nucléaires de l’Iran conduisaient à un accord, ils pourraient ouvrir la voie au rétablissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Selon ses dires : « Un accord sur le nucléaire pourrait être un processus multi-générationnel pouvant conduire à une nouvelle relation entre nos pays ».

La déclaration de Gordon était un écart abrupt avec la position antérieure de la Maison Blanche suivant laquelle le seul bénéfice que l’Iran obtiendrait en se pliant aux résolutions du conseil de Sécurité de l’ONU qui interdisent à la théocratie d’enrichir de l’uranium, ce serait l’abrogation des sanctions économiques adoptées pour obliger l’Iran à mettre fin à ses activités nucléaires illicites.

En accord avec la loi des USA, les relations diplomatiques avec l’Iran dépendent de l’arrêt de son soutien aux organisations terroristes et autres activités illégales.

Dans ses remarques au ‘NIAC’ – groupe que la grande majorité des Irano-Américains considère comme le lobby officieux du régime iranien – Gordon a dit que du fait de l’importance de la question nucléaire, pour progresser dans les pourparlers nucléaires, les USA ont la volonté d’ignorer son soutien au terrorisme et autres crimes.

Selon lui : « La question nucléaire est trop importante pour la subordonner à une transformation complète à l’intérieur de l’Iran ».

Face à cette déclaration américaine téméraire qui non seulement ne fera rien pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire, mais aussi adoubera le parrainage iranien au Hezbollah, Netanyahou a choisi d’éviter une autre confrontation directe avec la Maison blanche. Plutôt que d’interpeller directement le gouvernement pour son rôle dans la capacitation de l’Iran à devenir un Etat nucléaire, Netanyahou s’est contenté de sa rhétorique habituelle. Il a aimablement réprimandé Obama pour sa politique pro-iranienne pendant ses remarques à la Maison Blanche. Et dans toutes ses remarques publiques, Netanyahou a souligné comment et pourquoi l’Iran et son programme d’armes nucléaires sont une plus grande menace pour le monde libre que l’Etat islamique.

Il y a probablement deux raisons à la réticence de Netanyahou. D’abord une confrontation serait futile.

Même avant le discours de Gordon, il était évident pour Netanyahou que le but d’Obama n’est pas d’empêcher l’Iran d’obtenir des bombes nucléaires. L’objectif d’Obama est de remettre en place des relations entre les USA et l’Iran.

Obama se considère comme une réincarnation de Richard Nixon. Il représentera pour les relations USA – Iran ce que Nixon a été pour les relations des USA avec la Chine communiste.

Obama ne se soucie pas que l’Iran ait une bombe au sous-sol aussi longtemps qu’il peut boire le thé avec le président iranien Hassan Rouhani dans la Salle des Cartes.

Suivant l’engagement absolu d’Obama vers cet objectif, il n’était pas nécessaire d’avoir une confrontation avec lui. Le rejet de la position d’Obama par Netanyahou, stipulé dans ses avertissements répétés, était dirigé vers d’autres oreilles. Les déclarations et l’avertissement de Netanyahou étaient dirigés vers les media américains, le public américain et la classe politique américaine. Son objectif est de développer et de renforcer le soutien à la politique israélienne qui permettra de contrer la politique d’Obama d’adouber l’Iran y compris au prix de lui permettre de devenir puissance nucléaire.

Le seul problème avec la rhétorique de Netanyahou, c’est qu’elle n’est pas crédible. A ce stade, il est difficile de croire qu’il a une politique pour empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires.

Pendant ses cinq ans et demi à son poste, Netanyahou n’a pris que des mesures sporadiques contre l’Iran. L’impact cumulé de ces actions a été limité, en partie à cause de la politique du gouvernement Obama, qui faisait fuiter des opérations israéliennes dans les media.

De plus, à la lumière de la nature épisodique de ces actions, il est difficile de les considérer comme composantes intégrées d’une stratégie d’ensemble dont le but est de détruire ou de diminuer de façon significative les installations nucléaires de l’Iran. En d’autres termes, il ne n’apparaît pas qu’Israël dispose d’une quelconque politique pour traiter le programme nucléaire de l’Iran.

Tout ce que nous avons, c’est la rhétorique churchillienne de Netanyahou, qui en elle-même ne fera rien pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Comme les analystes des media l’ont vite souligné, alors que Netanyahou a cherché à centrer ses discussions avec Obama sur l’Iran, Obama était enclin à centrer ses discussions avec Netanyahou sur les Palestiniens.

Le manque de volonté de Netanyahou de se centrer spécifiquement sur la question palestinienne était notable surtout parce dans ses remarques limitées sur la question, il a signalé une nouvelle vision stratégique et une politique pour faire face sur le conflit palestinien avec Israël.

Le premier aspect de la politique apparemment émergente de Netanyahou est sorti lundi pendant son discours à l’Assemblée Générale de l’ONU. Là, Netanyahou a critiqué le chef de l’OLP Mahmoud Abbas de façon plus honnête et affirmée qu’il ne l’a jamais fait auparavant.

Blâmant Abbas pour sa diffamation accusant Israël de génocide contre les Palestiniens à Gaza, Netanyahou déclara que l’univers moral perturbé dans lequel Israël peut être accuse de génocide est « le même univers moral où un homme [Abbas] qui a rédigé une thèse faites de mensonges sur l’Holocauste, et qui insiste pour une Palestine débarrassée de tout Juif, « judenrein », peut se tenir sur le podium et sans vergogne accuser Israël de génocide et de nettoyage ethnique ».

Netanyahou a ensuite pris davantage ses distances avec un cadre centré sur l’OLP pour construire des relations pacifiques entre Israël et ses voisins. Il nota que la montée des forces jihadistes sunnites et de la menace nucléaire de l’Iran ont amené les principaux Etats sunnites arabes à la conclusion que leur meilleur choix est de travailler avec Israël pour y faire face et surmonter les dangers grandissants. Ce nouveau tableau régional peut à son tout apporter les moyens de résoudre le conflit palestinien avec Israël d’une façon qui ne mettra pas en péril Israël.

La suggestion de Netanyahou, répétée à la Maison Blanche mercredi, du fait que des Etats arabes voisins peuvent développer de nouveaux moyens de résoudre le problème palestinien, sonne vrai à la lumière du soutien diplomatique que l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis ont donné à Israël dans sa guerre contre le Hamas l’été dernier. Et même si le gouvernement égyptien a démenti plus tard les rapports, il persiste que le Président égyptien Abdel Fattah’ al Sissi a en effet offert aux Palestiniens la souveraineté sur une large bande du Sinaï adjacente à Gaza comme moyen d’établir un Etat palestinien viable sans souveraineté sur la Judée, la Samarie et Jerusalem.

L’évaluation qu’une stratégie politique se développe lentement sur ces lignés a été renforcée mardi par le ministre de la défense Moshe Ya’alon.

Reprenant la référence de Netanyahou à une structure d’alliance régionale qui peut être utilisée pour résoudre le conflit palestinien avec Israël, Ya’alon a déclaré qu’il est irrationnel d’envisager ne serait-ce qu’un retrait d’Israël de Judée et de Samarie à la suite de la guerre avec Gaza.

La politique émergente implique apparemment l’application de la souveraineté israélienne sur toutes les parties de la Judée et de la Samarie le long des lignes que j’ai indiquées dans livre « The Israeli Solution : A One-State Plan for Peace in the Middle East », en combinaison avec l’offre égyptienne sur le territoire du Sinaï pour les Palestiniens, en conjonction avec la démilitarisation de Gaza.

A en juger du comportement du gouvernement Obama après sa rencontre avec Netanyahou mercredi, nous en tirons que le gouvernement [US] est catégoriquement opposé à toute révision du cadre actuel contré sur l’OLP, fondé sur des concessions israéliennes à une OLP intransigeante.

Peu après que Netanyahou eût quitté la Maison Blanche, le gouvernement a amèrement attaqué et menacé Israël, parce que l’Etat juif refuse d’obéir au gouvernement [US] et refuse aux Juifs le droit d’acheter et de détenir une propriété à l’Est, au Sud et au Nord de Jerusalem. Le gouvernement enrageait parce que, en ligne avec le refus d’Israël d’adopter une politique du logement antisémite, le Bureau de Planification de Jerusalem a approuvé les construction de logements pour des Juifs et des Arabes dans la ville.

De même mercredi, ‘Channel 10’ a rapporté que le secrétaire d’Etat John Kerry cherche à saborder l’alliance qui se développe entre Israël et l’Egypte et d’autres Etats sunnites anti-jihadistes, en mettant le Qatar, principal Etat parrain sunnite du Hamas, dans la confidence. Kerry aurait essayé d’organiser une conférence régionale de paix qui aurait obligé Israël à accepter la prétendue initiative de paix saoudienne de 2002. Cette initiative demandait à Israël de céder à toutes les exigences territoriales de l’OLP et d’accepter des millions d’Arabes étrangers et hostiles dans son territoire réduit comme peau de chagrin et indéfendable.

A la lumière de l’engagement absolu d’Obama pour le modèle de politique anti-Israël centré sur l’OLP avec le rejet palestinien d’Israël, il n’y aura pas de changement de la politique des USA sur la question dans les deux années à venir.

Dans ces conditions, la tâche de Netanyahou est de poser les fondements à Washington d’un soutien à une politique israélienne qui abandonne l’OLP comme partenaire et va au-delà du modèle défaillant à deux Etats. Là, les déclarations de Netanyahou à l’ONU et à la Maison Blanche montrent que c’est la voie dans laquelle il s’est engagé.

Hélas, alors que Netanyahou peut préférer poser les bases d’une nouvelle stratégie politique indirectement et prudemment, la proposition d’Abbas de convaincre les USA de soutenir l’adoption par le Conseil de Sécurité d’une Résolution qui demanderait à Israël de se retirer de Judée, de Samarie et de Jerusalem une semaine après les élections présidentielles de 2016 obligera probablement Netanyahou à présenter tôt ou tard une alternative au plan à deux Etats centré sur l’OLP.

Après les élections de 2016, Obama n’aura plus de bride concernant les candidats Démocrates.

La majorité des résolutions du conseil de Sécurité contre les communautés israéliennes en Judée et Samarie ont été adoptées après les élections présidentielles de 1980 quand Jimmy Carter, le canard boiteux, s’est senti libre d’attaquer Israël à sa guise.

Pour éviter une répétition de cette expérience à la fin 2016, Netanyahou devra proposer une alternative au plan défaillant à deux Etats avant les conventions pour la nomination présidentielle.

Les déclarations de Netanyahou aux USA la semaine dernière nous apportent une image mêlée de son ‘leadership’.

Netanyahou apparaît plus résolu sur la menace palestinienne qu’il ne l’a été par le passé. C’est une bonne chose. Mais sur la menace la plus pressante à laquelle Israël fait face aujourd’hui, son verbe puissant sonne creux. La seule manière d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire, c’est pour Israël d’attaquer les installations nucléaires de l’Iran. Jusqu’à ce qu’Israël adopte une politique pour le faire, les mots ne suffiront pas.


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