Incitation à la haine

Editorial Radio J - Guy Rozanowicz

dimanche 26 février 2006

Comme la plupart d’entre vous, l’image d’Ilan m’obsède jour et nuit.
Une plaie profonde s’est ouverte et nous ne pourrons plus jamais être comme hier, faire comme avant.
Il y aura désormais un avant et un après le martyre d’ILAN.


Et si nous souffrons, ce n’est pas seulement dans un sentiment de compassion, pour ce jeune homme pour qui la vie ne faisait que commencer, et pour le drame qui affecte sa famille et ses proches.

C’est aussi parce que nous sommes aussi quelque part responsables de ce drame.

Responsables parce que nous n’avons pas suffisamment vu venir le danger, parce que nous n’avons pas suffisamment alerté les pouvoirs publics et les medias, parce que même si nous avions le sentiment de prêcher dans un désert, nous aurions dû redoubler d’efforts sans cesse.

Les monstres d’aujourd’hui sont de toute évidence le produit d’un climat provoqué depuis des années, jour après jour, par tous ceux qui vomissent Israël et le peuple juif.

Les medias qui ont diabolisé Israël sont responsables.

Certaines stations de radio qui véhiculent la haine d’Israël à destination de citoyens musulmans sont responsables.

La justice qui a relaxé les antisémites est responsable.

Les altermondialistes objectivement liés aux intégristes islamistes sont responsables.

Les apprentis sorciers qui ont pu exprimer, sous le prétexte fallacieux d’un sketch comique, une association entre les juifs israéliens colons et les nazis, sont responsables.

Tout cela a créé un climat dans lequel les juifs étaient malfaisants, ce qui permettait de s’en prendre à eux en toute impunité.

Et malgré cela, j’entends à nouveau ici et maintenant des propos ahurissants : est-ce vraiment de l’antisémitisme, aurait-on fait autant de bruit s’il n’avait pas été juif, il faut appeler les juifs au calme, manifestons dans le silence et le recueillement, pour ne pas parler des nouveaux emails de menaces antisémites explicites reçus par nombre d’organisations et dans lesquels on leur promettait des rétorsions aveugles si, d’aventure, on touchait à un cheveu du bourreau.

Malheureusement, quoi que nous fassions, cela ne fera pas revenir Ilan parmi nous.

Mais une chose est sûre, pour autant qu’il soit encore temps, nous ne devons plus tolérer le moindre dérapage. Isolés nous n’avons rien été et ne sommes rien.

Désormais tous ensemble peut-être, en conjuguant notre temps et nos forces, nous changerons le cours de l’histoire : c’est le moins que nous puissions faire pour la mémoire d’ILAN et l’avenir de nos enfants.


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