Politique d’apaisement 101

Par Victor David Hanson - Jewish World Review - Adaptation française de Simon Pilczer

dimanche 19 février 2006

Il est facile de condamner ceux qui tentèrent d’apaiser Hitler dans les années 1930 - comme Stanley Baldwin et Neville Chamberlain en Angleterre et Dalaldier en France - sachant ce que les nazis finirent par faire une fois déchaînés. Mais l’histoire exige non seulement de reconnaître la vérité post facto, mais aussi de reconstituer la motivation d’un fait qui aujourd’hui avec le recul, paraît inexplicable.


La politique d’apaisement dans les années 1930 était très populaire au sein du public européen pour toute une série de raisons. Et toutes sont instructives en regard de nos hésitations pour arrêter l’accès à l’arme nucléaire de l’Iran, ou pour défendre le droit des journaux occidentaux d’imprimerce qu’ils souhaitent - ou encore de combattre le radicalisme islamiste en général.

D’abord, l’Europe avait presque été détruite pendant la Grande Guerre, seulement 20 ans auparavant. Aucun dirigeant politique responsable de l’après-guerre ne souhaitait risquer un second bain de sang continental.
Malheureusement, Hitler comprit tout cela trop bien. Dans un jeu de terreur diplomatique, il se représenta que beaucoup d’hommes d’Etat démocrates et responsables avaient plus à perdre que lui, en tant qu’ennemi plus faible, auparavant vaincu.

Des intellectuels britanniques, comme les idéalistes de l’Union Européenne d’aujourd’hui, ont écrit des livres et dess traités sur l’obsolescence de la guerre. Les conflits étaient présumés provoqués par la rapacité des marchands d’armes et de profiteurs de l’intérieur, et non par des dictateurs anti-démocrates qui prenaient l’indulgence pour de la faiblesse. Winston Churchill était une voix dans le désert - et il était diabolisé comme va-t-en guerre et même pire.

Aujourd’hui, la guerre froide ayant duré 50 ans est terminée, et l’Europe est enfin libérée du poids des dépenses miliitaires et de la menace d’une annihilation globale. Comme Oussama ben Laden, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad perçoit une certaine lassistude dans une grande partie de l’Occident, qui escompte une paix perpétuelle.

Il assume que la plupart des occidentaux sérieux feront pratiquement tout leur possible pour éviter une confrontation militaire pour arrêter une menace potentielle - même si, contrairement à Hitler, Ahmadinejad n’a pas seulement promis d’anéantir les Juifs, mais révèle aussi par avance sa méthode par l’obtention d’armes nucléaires.

Quelques conservateurs naïfs de l’Europe d’avant-guerre pensaient que l’Allemagne et les fascistes italiens se révèleraient un rempart efficace contre le commuisme, et pourraient être ainsi manipulés politiquement. Ainsi, il en a été de même parfois avec l’islamo-fascisme. Armer les moudjahidin en Afghanistan, au Pakistan, ou en Arabie saoudite, a été pour un temps considéré comme une bonne manière de contrer l’impérialisme communiste soviétique.

A l’époque de la fatwa de l’ayatollah Khomeiny condamnant à mort Salman Rushdie, des commentateurs conservateurs religieux depuis Patrick Buchanan jusqu’au cardinal O’Connor de New York ont attaqué Rushdie, plutôt que de défendre le droit de libre expression de l’Occident. Apparemment, ils percevaient que de telles menaces islamiques contre de présumés blasphémateurs pourraient avoir des répercussions positives en décourageant aussi les attaques de la gauche anti-chrétienne.

Dans les années 1930, la doctrine de l’apaisement rejeta la responsabilité de la charge de se confronter au fascisme sur la Société des Nations. Aussi bien la France et l’Angleterre restèrent silencieuses sur l’invasion de l’Ethiopie par l’italie en 1936, et sur la remilitarisation de la Rhénanie en Allemagne. Elles comptaient sur l’action multilatérale de la SDN, qui émettait des quantités de décrets, mais rassemblait peu de troupes.

De même aujourd’hui, le fondement moral supposait le recours aux Nations Unies aussi bien pour la question irakienne et iranienne. Mais en observant les scandales « Pétrole contre nourriture » et les vilations permanentes des résolutions des Nations Unies par Saddam Hussein, il est peu probable que la théocratie iranienne ait grand peur que le Conseil de Sécurité puisse empêcher l’enrichissement de l’Uranium.

Alors que le fascisme s’étendait, la France travaillait à renforcer sa frontière avec l’Allemagne sur la Ligne Maginot, les étudiants débutant à Oxford votaient le refus « de combattre en quelques circonstances pour le Roi et la Patrie », et les journaux britanniques blâmaient le traité de Versailles pour avoir puni indûmment l’Allemagne. Cela se situait bien avant le slogan « Pas de sang pour du pétrole » et les excuses d’Al Gore en Arabie saoudite à ses hôtes wahhabites pour les soi-disant mauvais traitements des Américains envers les Arabes.

Mais le « déjà-vu » ne dépend pas que de nous, mais aussi de nos ennemis. Comme l’histoire d’amour nazie d’un peuple antique exalté, les islamistes prêtent l’oreilles à un passé de pureté mythique, non entaché de la décadence apportée par le libéralisme occidental. De même, ils se nourrissent de victimisation - pas seulement pour les défaites récentes, mais pour l’amertume séculaire suivant l’ascension de l’Occident. Leur version du Traité de Versailles « coup de poignard dans le dos » est toujours la création d’Israël.

De même que Hitler concocta des incidents comme l’incendie du Reichstag pour provoquer l’indignation, des chefs islamistes incitent de façon délirante leurs fidèles pour un présumé Coran jeté aux toilettes à Guantanamo, et plusieurs caricatures incendiaires, dont certaines jamais publiées du tout par des journaux danois.

L’antisémitisme bien sûr, est le lait maternel du fascisme. C’est toujours disent-ils, un petit groupe de Juifs - qu’il s’agisse de conseillers d’un cabinet de l’ombre et de banquiers internationaux dans les années 1930, ou de néoconservateurs manipulateurs et de la direction israélienne actuelle - qui sont seuls à l’origine des troubles.

Le point de comparaison n’est pas de suggérer que l’histoire se répète simplement, mais de comprendre comment des gens intelligents s’illusionnent eux-mêmes en adhérant à une politique naïve. Après l’expulsion des Talibans et de Saddam Hussein, la réplique furieuse du monde islamiste radical a été de censurer les journaux occidentaux, avec des efforts accélérés de l’Iran pour obtenir la bombe.

En réponse, soit l’Occident continue de se dresser à présent contre ces menaces survenant de nouveau après le 11 septembre, ou bien il verra les petites brutes augmenter leurs exigences alors que sa propre résistance faiblira. Comme la politique d’apaisement des années 1930, opter pour le choix le plus facile en garantira seulement un plus coûteux plus tard.

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