Les changements politiques en Israël, dans la presse Israélienne

service de Presse de l’ambassade de France en Israël

lundi 21 novembre 2005

Présentée comme un « séisme » par le Yédiot Aharonot et le Maariv, la rupture du Premier ministre israélien Ariel Sharon avec le Likoud, parti qu’il a fondé il y a 32 ans, marque le début d’une « nouvelle ère politique en Israël ».


Habitué à un bras de fer entre la gauche et la droite, les électeurs israéliens vont à présent être appelés à départager trois grands blocs.

Les commentateurs spéculent par ailleurs sur les noms des personnalités politiques qui figureront sur la nouvelle liste, une dizaine de ministres et députés du Likoud ayant d’ores et déjà assuré le Premier ministre israélien de leur soutien.

Un sondage du Yédiot fait apparaître que 26% des adhérents du Likoud envisagent de donner leur voix à la nouvelle liste d’Ariel Sharon.

Par ailleurs, le parti travailliste a approuvé à une majorité écrasante le départ de ses ministres de l’actuelle coalition gouvernementale. Déjà en campagne, le numéro un du parti, Amir Peretz, a recentré son discours en se déclarant contre un retrait israélien de Jérusalem-Est et contre le droit au retour des réfugiés palestiniens.
On note également un article sur les pressions internationales exercées sur la Syrie suite au rapport Mehlis, qui fragilisent le régime de Bachar Assad, au risque de précipiter sa chute.

« Sharon quitte (le Likoud) » titraient ce matin de concert les grands quotidiens Yédiot Aharonot et Maariv après plusieurs jours de suspense durant lesquels les spéculations de la presse sont allées bon train sur les intentions du Premier ministre israélien.

« 32 ans après avoir participé à la fondation du Likoud, Ariel Sharon annoncera ce matin qu’il quitte sa « patrie » politique pour créer une nouvelle liste », écrit le Yédiot et indique que c’est « la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, qu’un Premier ministre en exercice rompt avec son parti. »

« Une nouvelle ère s’ouvre dans la politique israélienne » renchérit le Maariv. Pour le journaliste vedette du journal, Ben Caspit, Ariel Sharon « engage la plus grande bataille de sa carrière. S’il en sort gagnant, il l’emportera sur Ben-Gourion mais en cas d ‘échec, sa fin sera semblable à celle de Shimon Peres ».

Le chef du gouvernement israélien s’est rendu ce matin dès neuf heures à la résidence du président de l’Etat, Moshé Katzav, pour lui demander de dissoudre la Knesset.

Cette démarche met donc en route la procédure légale pour la tenue d’élections anticipées, que les commentateurs israéliens expliquent dans les colonnes des journaux.

« Selon la loi », souligne l’éditorialiste du Yédiot, « le président se doit de vérifier pendant 21 jours si un député peut former une coalition gouvernementale alternative de 61 députés. Au cas où aucun parlementaire ne serait en mesure de le faire, les élections législatives devront avoir lieu le dernier mardi avant l’expiration d’un délai légal de 90 jours. Ce laborieux calcul nous conduit donc à la date du 7 mars, journée du souvenir des soldats israéliens morts au combat et dont le lieu de sépulture est inconnu. Il reviendra donc au conseiller juridique du gouvernement de fixer la date des élections. »

Les journaux avancent dans leur édition plusieurs noms de députés et ministres du Likoud susceptibles de suivre Ariel Sharon pour former un nouveau parti.

Ainsi, notent les journaux, le ministre Ehoud Olmert a d’ores et déjà déclaré publiquement qu’il rallierait Ariel Sharon. Les ministres Tzpi Livni, Avraham Hirshzon et vraisemblablement Guidéon Erza devraient faire de même.

Le ministre Méir Shitrit est encore indécis, de même que le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz. Tsahi Hannegbi, pourtant considéré comme un proche du Premier ministre israélien, devrait renoncer à le rallier.

Parmi les députés, Zeev Boïm, Roni Bar-on, Rouhama Avraham, Eli Afflalo, Yaakov Ederi, Magli Wahaba et Inbal Gavrieli devraient figurer sur la nouvelle liste du Premier ministre.

La démission de Sharon, note la presse, va précipiter pas moins de sept candidats à la présidence du Likoud. A ceux de Binyamin Nétanyahou, Ouzi Landau et Moshé Feiglin, se joignent à présent les noms d’Israël Katz, de Sylvan Shalom, Shaoul Mofaz et Limor Livnat.

Cités par le Maariv, plusieurs conseillers d’Ariel Sharon ont estimé que 5 à 6 membres du parti travailliste pourraient se joindre à la nouvelle formation. Le nom de l’ancien chef du Shin Beth, Avi Dichter, l’un des artisans de la lutte anti-terroriste menée par Israël durant la seconde Intifada, a également été évoqué.

Par ailleurs, seuls 44% des adhérents du Likoud entendent voter pour le Likoud lors des législatives, contre 26% en faveur du parti d’Ariel Sharon, relève un sondage du Yédiot.

A la question « après le départ d’Ariel Sharon, lequel des candidats suivants soutiendrez-vous pour les élections primaires du Likoud ? », 41% des adhérents affirment vouloir voir Binyamin Nétanyahou à la tête du parti, 17% des voix allant au chef de file des radicaux du parti, Ouzi Landau, et 13% au chef de la diplomatie israélienne, Sylvan Shalom

Le comité central du Parti travailliste, réuni à Tel Aviv, a approuvé par une écrasante majorité le retrait de ses ministres du gouvernement Sharon, notent les journaux.
Pour contrecarrer son image de gauchiste radical, relève le Yédiot, le numéro un travailliste, Amir Peretz, s’est déclaré contre un retrait israélien de Jérusalem-Est et contre le droit au retour des réfugiés palestiniens. Il s’est en revanche prononcé en faveur de l’accord de Genève et de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.


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