Violences des banlieues : la République testée

Par Alain Rajchman

dimanche 6 novembre 2005

Ce que l’on appelle déjà « l’intifada des banlieues » n’est malheureusement pas un simple feu de paille. Les événements que nous traversons marquent d’abord l’échec de l’intégration « à la française » de nombreux jeunes issus de l’immigration. Pendant que les bonnes âmes cherchent d’urgence un bouc émissaire, en retrait, les islamistes radicaux sont à l’affût...


Quand les réalités sont trop lourdes à accepter, il est d’abord urgent de botter en touche. La convergence des critiques qui frappent Nicolas Sarkosy en est une parfaite illustration. Une autre convergence - trop rapide - des commentaires sur une guerre de l’Islam en terre de France en est une autre. En effet, selon Alain Bauer (président de l’Observation national de la délinquance cité dans Le Figaro du 5/11/05) les islamistes radicaux ne sont pas encore entrés dans le jeu.

Les choses viendront certainement, mais il est capital de ne pas se tromper sur le déroulement des événements. En effet, les bastions de l’Islam intégriste en Seine-Saint-Denis n’ont pas flambé. Si aujourd’hui la République est testée, elle n’est pas encore l’objet d’une attaque frontale avec les plus radicaux des islamistes. Ceux là savent que le temps joue pour eux et qu’en bons stratèges il leur est crucial de mieux connaître les faiblesses de l’ennemi.

Les chevau-légers des banlieues défient la République et font monter la tension. Ils n’ont aucun objectif autre que celui de créer désordres et violences. Il est peu probable qu’ils entraînent malgré eux les fondamentalistes dans une guerre ouverte avec le pouvoir républicain. En revanche, il est certainement possible qu’ils répondront à des ordres supérieurs quand l’heure sera venue de calmer le jeu pour favoriser une négociation. Négocier quoi ? Tout simplement l’exception musulmane au modèle d’intégration souhaité par la France sous peine de nouvelles flambées de violences. De nouveaux territoires de la République seront perdus face aux intimidations et aux violences. C’est ce nouveau rapport de force que les jeunes des banlieues aident les islamistes radicaux à affirmer pour casser définitivement le mythe d’une intégration - désormais illusoire - des musulmans en France.


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