Apartheid ? Les Arabes israéliens entendent rester en Israël et ne veulent pas vivre sous régime palestinien

Hélène Keller-Lind

mardi 7 janvier 2014, par Desinfos

Cinglant démenti apporté par un Comité représentant les Arabes israéliens aux accusations d’apartheid et de racisme lancées un peu partout contre l’Etat hébreu par des anti-israéliens de tout poil. Ce Comité, en effet, vient de rejeter on ne peut plus clairement toute idée de modification de la frontière d’Israël dans la région du « Triangle » et de Wadi Ara. Sans aucun transfert de populations elle ferait passer des villages arabes, terres et habitants compris, sous contrôle palestinien, d’autres terres, en Judée Samarie, et leurs habitants juifs passant en Israël. Simple échange dans le cadre d’un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens. Idée avancée par le ministre des Affaires étrangères.


Ces Arabes israéliens qui haïssent Israël auraient dû être fous de joie...

Qui a entendu la député Hanan Zoabi clamer urbi et orbi sa haine d’Israël, qualifié d’Etat raciste par cette diplômée des universités de Haïfa et de Jérusalem, ou a entendu le député Ahmed Tibi, médecin diplômé de l’université hébraïque de Jérusalem, vociférer contre l’Etat hébreu, et de centaines d’Arabes israéliens comme eux, aurait légitimement pu imaginer qu’ils seraient fous de joie à l’idée de pouvoir enfin vivre sous gestion palestinienne, eux qui se revendiquent comme palestiniens....

C’est ce qu’Avigdor Liberman, ministre des Affaires étrangères, vient de proposer en toute logique. S’adressant aux responsables de missions du ministère des Affaires étrangères le 5 janvier il se livrait à une analyse globale, évoquant entre autres la question de la paix avec les Palestiniens. Il déclarait notamment : « Je soutiens certainement un arrangement diplomatique avec les Palestiniens qui sera complet, véritable et durable. Malgré tous les doutes que j’ai dans mon cœur concernant les véritables intentions de l’autre côté, le dialogue entre nous est important ».

Il poursuivait :
"J’ai parlé avec beaucoup de gens du côté palestinien, de simples paysans qui vivent près de ma communauté de Nokdim, des personnes proches de M. Abbas ainsi que ceux qui s’opposent à lui . Je dois dire que personne ne se fait d’illusions. La route est longue et difficile.

Il est important de penser non seulement à signer un accord, mais aussi au lendemain. Comment un Etat palestinien indépendant affectera-t-il les Arabes israéliens ? La signature d’un accord avec les Palestiniens va-t-elle mettre un terme à la pression internationale sur Israël ? Ou, au lieu des colonies et de la soi-disant « occupation », vont-ils continuer à nous attaquer sur des questions comme celle des Bédouins dans le Néguev, ou le renforcement de la présence juive en Galilée ? Déjà , il y en a qui préparent la prochaine attaque. Ils n’ont pas l’intention de prendre un instant de repos ou de porter à notre crédit tout accord avec les Palestiniens.

À mon avis, tout accord global avec les Palestiniens doit inclure un dispositif pour les citoyens arabes d’Israël. Je sais que ce n’est pas politiquement correct, mais sans un échange de terres et de populations, Israël Beitenou ne soutiendra pas d’accord. Quand on parle d’échange de terres, il faut ajouter des échanges de terres et de population. Nous ne parlons pas de transfert comme ce fut le cas avec la population juive dans le Goush Katif ( dans la bande de Gaza ). Personne ne sera expulsé de sa maison et les biens de personne ne seront emmenés. La frontière sera simplement déplacée. Je parle du Triangle [ une zone de villages arabes près de la Ligne verte ] et de Wadi Ara. Il n’y a aucune raison pour qu’ils ne rejoignent pas leurs frères palestiniens sous souveraineté palestinienne pleine et entière et qu’ils ne deviennent pas des citoyens dans le futur Etat palestinien auquel ils aspirent tant".

Les Arabes israéliens entendent bien ne pas devenir citoyens palestiniens...

Réponse des intéressés représentés par « le Comité du suivi des Arabes en Israël » : cela est hors de question. [Hors de question pour eux de perdre leur nationalité israélienne pour la troquer contre une nationalité palestinienne pourtant si bien accueillie par le Maire de Paris ou un grand chanteur tunisien anti-israélien ]. Selon l’agence de presse palestinienne Maan News, certains Arabes israéliens envisagent d’ailleurs d’aller vivre dans d’autres villes israéliennes, qui ne sont pas situées dans le périmètre en question, pour ne pas passer sous contrôle palestinien si un tel accord était conclu...une délégation va rencontrer Mahmoud Abbas pour lui demander de ne pas l’accepter. Le dirigeant palestinien leur ayant déjà dit son opposition à cette éventualité le passé...

Réaction prouvant, si besoin en était, qu’être Arabe israélien est loin d’être un sort si peu enviable, les quelque deux millions de citoyens arabes d’Israël bénéficiant des mêmes droits que leurs concitoyens juifs...Voilà qui apporte un démenti conglant aux accusations de racisme et d’apartheid...

Pourquoi Mahmoud Abbas ne veut-il pas d’eux ?

Cependant on peut se demander pourquoi Mahmoud Abbas n’est pas en faveur de l’apport d’une telle population dont une grande partie a reçu une éducation universitaire...On comprend que des citoyens vivant dans une démocratie ne pourraient accepter le fonctionnement féodal, les violations des libertés d’expression ou de la presse de l’Autorité palestinienne. Ces nouveaux « Palestiniens » remettraient sans doute son pouvoir en jeu...

Mais peut-être y a-t-il une autre raison, étant donné que, selon ses propres dires, l’Autorité palestinienne, pas plus que le Hamas, n’a renoncé à reconquérir tout ce qu’elle nomme, à tort, la « Palestine historique », à détruire donc l’Etat hébreu. Sans doute le chef de l’OLP et du Fatah, Président de facto de l’Autorité palestinienne, estime-t-il que la présence de ces quelque 20 % de citoyens se revendiquant volontiers comme « palestiniens » en Israël devrait faciliter la mise en place de ce projet à plus ou moins long terme...


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