Israël, prudent, menacé, prêt à toute éventualité, n’est pas impliqué dans le conflit syrien et est loin d’être un va-t-en-guerre

Hélène Keller-Lind

jeudi 29 août 2013, par Desinfos

Alors que les chancelleries occidentales envisagent des frappes militaires contre des cibles en Syrie, non pas pour faire tomber le régime au pouvoir, mais pour répliquer aux récents massacres dont elles s’efforcent de savoir qui en est coupable à coup sûr, la Syrie menace d’attaquer Israël si ces frappes avaient lieu. Comme le fait également son allié, l’Iran.
Les déclarations officielles venant de Jérusalem sont fermes : si Israël est attaqué, Israël répliquera avec force. Sans toutefois vouloir s’immiscer dans un conflit interne syrien ; pas plus que cela n’a été le cas jusqu’ici.


Des frappes envisagées pour répondre à une obligation morale sur fond d’enquêtes pour établir dans le moindre doute la culpabilité du régime syrien

Des frappes notamment américaines, britanniques et françaises, sur des cibles gouvernementales syriennes, avaient été annoncées pour le jeudi 29 août. Pas pour renverser le régime syrien mais pour apporter une réponse moralement incontournable aux massacres contre des centaines de civils au moyen de ce qui semble être des armes non conventionnelles.

Les frappes n’ont pas eu lieu et en ce 29 août. Les gouvernements occidentaux qui envisagent de répliquer à ces massacres tentent d’établir la responsabilité du régime syrien sans qu’aucun doute ne subsiste. Le Joint Intelligence Committee britannique conclut, après examen détaillé des faits, « qu’il n’y a aucune preuve crédible de l’utilisation par aucun groupe appartenant à l’opposition de CW – armes chimiques-. Un certain nombre d’entre eux continuent à chercher à se doter d’une telle capacité mais actuellement aucun n’a la capacité de conduire une attaque de cette ampleur » .

Ce Comité souligne par ailleurs que le régime syrien a d’ores et déjà « utilisé des armes chimiques létales à quatorze reprises depuis 2012. Un jugement fait avec un degré de certitude le plus élevé possible après un examen exhaustif fait par ce Comité, s’ajoutant à des rapports diplomatiques et des sources accessibles. Nous pensons qu’il y a eu aussi d’autres attaques bien que nous n’ayons pas le même degré de confiance dans les preuves. Un schéma clair de leur utilisation par le régime est donc établi. A la différence des attaques précédentes il y a un nombre considérable de sources accessibles pour l’utilisation de CW le 21 août. Très peu sont donc ceux qui nient que des attaques chimiques ont fait des victimes en masse ( au nombre de 350 au moins selon nous ) à une échelle jamais atteinte jusqu’ici ».

Le rapporteur, John Day, précise avoir travaillé avec les agences de renseignements et en collaboration étroite avec les agences américaines, tirant les mêmes conclusions qu’elles Secrétaire d’État John Kerry accusait d’ailleurs clairement le régime syrien il y a deux jours...

Un vote doit intervenir à propos de frappes éventuelles en Grande-Bretagne, les Travaillistes ayant annoncé qu’ils voteront contre toute intervention. Bien que le gouvernement britannique ait expliqué en détail que dans les circonstances un vote du Conseil de Sécurité – où Russie et Chine bloqueraient – n’est pas une nécessité Autre élément : la majorité des populations allemandes, britanniques, américaines ou françaises n’est pas favorables à une intervention.

Israël pris en otage car en première ligne et menacé bien que n’étant pas partie prenante du conflit interne syrien

Reste le cas d’Israël géographiquement en première ligne et directement menacé par la Syrie et l’Iran en cas de frappes auxquelles l’État hébreu ne participerait pourtant pas. Israël pris en otage donc....Alors que les déclarations des dirigeants israéliens soulignent qu’il n’est pas partie prenante du conflit interne syrien. Comme le faisait Benyamin Netanyahou le 27 août « suite à des consultations de sécurité à son bureau de Tel-Aviv ». Il déclarait alors : « L’État d’Israël est prêt pour n’importe quel scénario. Nous ne sommes pas impliqués dans la guerre civile en Syrie mais si nous repérons toute tentative que ce soit pour nous nuire, nous répondrons.
et nous répondrons avec force »->http://www.pmo.gov.il/English/Media...]

Le 28, dans la foulée de nouvelles consultations au ministère de la Défense à Tel Aviv, il réitérait son avertissement en ces termes : « Conformément à la consultation sur la sécurité qui s’est tenue aujourd’hui, il n’y a aucune raison de modifier les routines quotidiennes. Toutefois, nous sommes prêts pour n’importe quel scénario. L’armée israélienne est prête à se défendre contre toute menace et à réagir avec fermeté contre toute tentative de nuire aux citoyens israéliens ».

Quant au Président Shimon Péres qui s’est également largement exprimé sur le sujet, le 29 août, depuis le quartier général de la police de la police israélienne à Jérusalem, il déclarait : « La situation en Syrie n’est pas un incident local, mais un crime contre l’humanité et une violation du droit international. Le monde responsable se rassemble pour y répondre. La Syrie a franchi une frontière morale. Le monde entier a été témoin des images horribles d’enfants syriens qui gisaient sur le sol. Le président Obama a parlé au nom de l’ensemble de l’humanité quand il a dit que cette violation du droit international, ces assassinats de masse ne pouvaient rester sans réponse appropriée.
Nous devons comprendre que la réponse est globale, et non locale. Nous voyons se réunir une coalition sérieuse, à la fois militairement et diplomatiquement. Israël n’était pas, et n’est pas impliqué dans les combats syriens mais si quelqu’un essaie de nous nuire nous répondrons de toute notre force.

Israël a une armée forte, moderne et puissante et un système de défense plus avancé que jamais auparavant qui protège nos terres, nos cieux et nos citoyens. Les rapports dirigés contre Israël sont une tentative pour créer la panique, mais Israël a trop d’expérience pour croire une propagande mensongère. Nous devons rester unis, respecter les décisions du gouvernement et agir sur les instructions du Commandement du Front Intérieur. Nous devrions tous avoir foi dans l’armée de Tsahal ».

Seule intervention israélienne : des dizaines de blessés syriens, quels qu’ils soient, soignés en Israël...

La seule intervention israélienne à ce jour étant dans le traitement médical de blessés syriens.Soit dans des hôpitaux au nord d’Israël, soit dans des hôpitaux de campagne sur le Plateau du Golan. « Laplupart exprimant leur étonnement et leur reconnaissance... ». Des médecin syriens ne pouvant traiter les blessés, des civils de tous âges souvent, envoyant même des notes à leurs confrères israéliens pour leur demander de le faire à leur place. Une chaîne humanitaire au sens le plus noble du terme, tous étant soignés sans distinction aucune...


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