Ariel Sharon appelle les Palestiniens à prouver leur désir de paix en luttant contre le terrorisme

Centre de Nouvelles de l’ONU

vendredi 16 septembre 2005

15 septembre - Le Premier ministre d’Israël a affirmé aujourd’hui, dans son discours à l’Assemblée générale, que c’était maintenant « au tour des Palestiniens de prouver leur désir de paix » en luttant contre le terrorisme, après avoir expliqué le poids des concessions faites par son pays pour le retrait de Gaza.


« J'arrive de Jérusalem, capitale du peuple juif depuis plus de 3 000 ans, et capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israël », a déclaré aujourd'hui Ariel Sharon, Premier ministre d'Israël, à l'Assemblée générale, dans le cadre du sommet mondial 2005.

• Retransmission sur la page consacrée au Sommet 2005[

Rappelant que la terre d'Israël était précieuse au peuple juif « par-dessus tout », et que « l'abandon de toute partie de l'héritage de nos ancêtres » était « aussi difficile que « d'ouvrir la mer Rouge », Ariel Sharon a expliqué qu'il souhaitait expliquer « l'immensité de la douleur » « face à la nécessité de reconnaître que nous devons faire des concessions pour la paix entre nous et nos voisins Palestiniens ».

« Le droit du peuple juif à la terre d'Israël ne signifie pas l'ignorance des droits d'autres personnes à la terre. Les Palestiniens seront toujours nos voisins. Nous les respectons et n'avons pas d'aspiration à les gouverner. Ils ont aussi le droit à la liberté et à la souveraineté nationale dans leur propre Etat », a-t-il déclaré.

Rappelant que cette semaine le dernier soldat israélien avait quitté la bande de Gaza, il a estimé que « l'Etat d'Israël avait prouvé qu'il était prêt à faire des concessions douloureuses afin de régler le conflit avec les Palestiniens ».

« La décision du désengagement a été très difficile pour moi et elle implique un lourd prix personnel », a déclaré Ariel Sharon, qui a souligné que la société israélienne connaissait à cet égard de profondes divisions.

« A présent, c'est au tour des Palestiniens de prouver leur désir de paix. La fin du contrôle israélien sur Gaza permet aux Palestiniens, s'ils le désirent, de développer leur économie et de construire une société pacifique, développée, libre, respectueuse de l'état de droit, transparente et démocratique », a estimé le Premier ministre israélien qui a estimé que le « test » serait maintenant pour les dirigeants palestiniens de « mettre fin au terrorisme et à ses infrastructures, d'éliminer le régime anarchique des gangs, et de mettre fin à l'incitation à la haine et à l'endoctrinement contre Israël et les Juifs ».

« Tant que ce ne sera pas fait, Israël saura se défendre des horreurs du terrorisme », a affirmé le Premier ministre qui a justifié la construction du mur de sécurité comme « vitalement indispensable ».

« Je suis de ceux qui pensent qu'il est possible de parvenir à un compromis équitable et à une coexistence pacifique entre Juifs et Arabes. Toutefois, je dois souligner qu'il n'y aura pas de compromis sur le droit d'Israël à exister en temps qu'Etat juif, à l'intérieur de frontières capables de le protéger, à l'abri des menaces et de la terreur », a souligné Ariel Sharon.

Le Premier ministre a par ailleurs exprimé l'espoir que les réformes de l'ONU à l'occasion de son soixantième anniversaire conduiraient à un « changement fondamental et à l'amélioration de l'approche » à l'égard de son pays.

« Le peuple juif a bonne mémoire », a-t-il déclaré, rappelant qu'il se souvenait « du vote de l'Assemblée générale de l'ONU du 29 novembre 1947 [résolution 181 (II)]», qui a marqué la reconnaissance du droit du peuple juif « à la renaissance nationale sur son territoire ancestral », mais aussi des « dizaines de décisions dures et injustes » adoptées par les Nations Unies au cours des ans.

« Nous savons que même aujourd'hui, les dirigeants d'un pays dont les représentants sont assis dans cette salle appellent à l'élimination d'Israël de la face de la terre sans provoquer de réaction », a-t-il déclaré en référence détournée à l'Iran, rappelant que « les tentatives de ce pays pour se doter d'armes nucléaires devrait troubler le sommeil de quiconque désire la paix et la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde entier ».

« La combinaison d'un fondamentalisme trouble et du soutien aux organisations terroristes constitue une grave menace contre laquelle tous les membres des Nations Unies doivent s'élever », a conclu Ariel Sharon.

Hier, le ministre des Affaires étrangères israélien, Silvan Shalom, s'était félicité de sa rencontre avec ses homologues du Pakistan, estimant qu'il était important d'ouvrir des relations diplomatiques avec « le deuxième pays musulman du monde ».

Pervez Mousharaf, Premier ministre du Pakistan, a expliqué aujourd'hui lors d'une conférence de presse à l'ONU que le retrait israélien de Gaza avait constitué une avancée importante. Il a confirmé avoir été invité à prendre bientôt la parole devant le Congrès juif mondial. Il avait hier expliqué, après avoir présenté une stratégie nationale contre le terrorisme et l'incitation au terrorisme, comment il avait été appelé à serrer la main d'Ariel Sharon à l'ONU (voir notre dépêche du 14 septembre 2005).

Interrogé sur les prochaines étapes, il a rappelé que ces initiatives étaient déjà « sans précédent » et qu'il fallait « apprendre à marcher avant de courir ».

Dans une résolution adoptée hier à l'unanimité de ses membres réunis pour la troisième fois seulement de son histoire, au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, le Conseil de sécurité a condamné « avec la plus grande fermeté tous les actes de terrorisme, quels qu'en soient les motifs, où qu'ils soient commis et quels qu'en soient les auteurs » ainsi que l'incitation à commettre des actes terroristes (voir notre dépêche du 14 décembre 2005).


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