17ème Chambre : Mezri Haddad démontre l’antisémitisme de la vedette d’Al-Zajeera, Khadija Benguenna et du maître à penser islamiste Qaradawi

Hélène Keller-Lind

lundi 24 juin 2013, par Desinfos

L’ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO et intellectuel de renom, Mezri Haddad, avait dénoncé sur le plateau de « Ce soir ou jamais » des écrits antisémites publiés sur une page Facebook portant le nom de Khadija Benguenna, vedette de la chaîne qatarie Al-Jazeera. Celle-ci démentit, invoquant une usurpation de nom. Les écrits incriminés disparurent. Elle accusa alors Mezri Haddad de diffamation et de calomnie, lui intentant un procès. Mais, lors de l’audience du 19 juin à Paris, celui-ci apporta la preuve que Mme Benguenna avait déjà tenu ce type de propos...


Un procès en diffamation devient celui de « l’antisémitisme islamiste », avec en tête le prédicateur d’Al-Jazeera, Youssef Qarasawi, collègue de Khadija Benguenna

L’ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO et intellectuel de renom, Mezri Haddad, nous déclarait le 16 juin dernier vouloir faire du procès que lui intentait une vedette d’Al-Jazeera devant la 17ème Chambre correctionnelle de Paris « celui de l’antisémitisme islamiste ». Il était poursuivi par Khadija Benguenna, l’accusant de « calomnie et diffamation » pour avoir dénoncé les écrits antisémites, révisionnistes et à la gloire d’Hitler publiés sur une page Facebook portant son nom. Ceci lors d’une émission de Frédéric Taddeï « Ce soir ou jamais » sur France 3, émission consacrée ce jour-là au Qatar. Des écrits qui avaient alors reçu l’approbation de personnages comme une consœur algérienne qui n’hésitait pas à écrire que sa compatriote, devenue qatarie et vedette « disait tout haut ce que pensaient les musulmans tout bas ». Mais l’intéressée démentit, invoquant une usurpation de son nom.

La seule entrée que l’on trouve actuellement sur le site en anglais d’Al-Jazeera concernant celle qui est pourtant une vedette de la chaîne et est considérée comme l’une des femmes arabes les plus influentes actuellement, et cela a de quoi surprendre, est ledémenti que la journaliste qatarie fit à l’époque. L’information qu’elle démentait avait été largement reprise et, disait-elle, alors, cela « avait pour but de nuire à ma réputation, ébranler ma crédibilité et la crédibilité de l’organisation à laquelle j’appartiens, Al Jazeera ». Elle ajoutait que « depuis le début du Printemps arabe, il y a eu des régimes qui ont essayé de discréditer les journalistes d’ Al Jazeera ». Selon elle, ce n’était pas la première fois qu’elle était attaquée « de cette façon ».Ce qui l’avait poussée à initier une action juridique par un cabinet basé à Londres et spécialisé dans la cybercriminalité pour mettre un terme à l’utilisation illégale de son nom ».

Pourtant la page incriminée est toujours ouverte à ce jour, mais les écrits qu’on lui reprochait, ainsi que d’autres, tout aussi peu ragoûtants, disparurent. Un ménage soigneux avait été fait. Ce que signala la défense de Mezri Haddad lors de l’audience du 19 juin devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris.

Mais c’est surtout « le procès de l’antisémitisme islamiste » qui fut fait lors de cette audience. En effet, il ne faut guère oublier que l’une des vedettes de la chaîne qatarie Al-Jazzera, n’est autre que le très influent Youssef Qaradawi, égyptien d’origine, déchu de sa nationalité par Nasser, vivant à Doha, Président de l’Union Internationale des Savants Musulmans, membre de la confrérie des Frères musulmans dont il est l’un des guides spirituels, ainsi que du Conseil Européen pour la Recherche de la Fatwa. Connu, par ailleurs, pour ses tirades antisémites comme dans ce prêche dans lequel il justifie la Shoa et exprime l’espoir que, « si Allah le veut la prochaine fois cela sera de la main des croyants » -* c’est-à-dire des musulmans- Dans un autre prêche tragi-comique fin mai à Doha, pour discréditer totalement Bashar al-Assad, ce même Qaradawi accusait les Allaouites, groupe auquel appartient le dirigeant syrien, d’être « pires que les Chrétiens et les Juifs »...

Bien évidemment ce personnage, qui, entre autres, est en faveur des attentats-suicide, des châtiments corporels modérés contre les femmes, soutient le mouvement terroriste du Hamas, est interdit d’entrée dans plusieurs pays, dont les États-Unis et la France.

Mezri Haddad défie Khadija Benguenna de condamner les propos antisémites de Qaradawi

Or, lors du procès qui lui était fait, Mezri Haddad, représenté par Maître Basile Ader, enjoignait son accusatrice, qui n’était pas présente à l’audience mais représentée, de condamner publiquement ces prêches antisémites de son collègue d’Al-Jazeera. et compère professionnel. Ce qui semble n’avoir jamais été fait.
On notera d’ailleurs, à cet égard, que si elle a démenti avoir jamais posté des éléments antisémites, révisionnistes et à la gloire d’Hitler et des soldats SS musulmans sur sa page Facebook, accusant des personnes X d’avoir usurpé son nom, elle ne les a pourtant pas condamnés, pas plus que les propos antisémites de Youssef Qaradawi...

Le clou de l’audience : un document d’Al-Jazeera rapportant des propos antisémites de Khadija Benguenna
Mais le clou de cette audience aura sans doute été la pièce apportée par Mezri Haddad : la transcription d’une émission intitulée « la Charia et la Vie », réalisée par Khadija Benguenna et le cheik Qaradawi le 19 janvier 2005 .Une copie d’écran ayant été faite devant huissier et le texte ayant été traduit par un traducteur assermenté auprès de la Cour d’Appel de Paris. Il ne saurait donc plus être question ni d’usurpation, ni de disparition d’écrits. On les trouvera en arabe sur le site d’Al-Jazeera ici Quant à la traduction, elle montre clairement un parti-pris antisémite de la journaliste au micro. Qui n’est autre que Khadija Benguenna.

Khadija Benguenna : « Le juif, portant quotidiennement atteinte aux droits de musulmans »...avec « cette toute puissance, » qui gouverne « le monde et le domine.. »

Voilée de blanc – elle porte alors le voile depuis un peu plus d’un an -, elle y dialogue dans un premier temps avec celui qu’elle appelle avec beaucoup de déférence, « éminent cheikh » ou « Éminence », Youssef Qaradawi, portant, lui, turban blanc. Elle lui dit : « ...mais votre Éminence, si cette adversité avait pour origine le viol de la Palestine, ou qu’il a commencé avec ce viol, comment expliquer alors le verset coranique dans la sourate « La Table » : « Parmi vos pires ennemis, les Juifs et les idolâtres » ? Comment l’interpréter ? » Et elle poursuit : « Comment une telle relation idéale est-elle possible avec la sourate « La Table » : « Parmi vos pires ennemis, les Juifs et les idolâtres » ? "

Puis, prenant en ligne un téléspectateur égyptien, présenté comme docteur Abdelwahab Al-Massiri, elle lui demande « Son interlocuteur ne la suit pas et lui répond : « Je ne suis pas de ceux qui pensent que les juifs gouvernent le monde... ». Mais Khadija Benguenna revient alors à la charge : "Certes, mais en pratique, ce que nous voyons docteur Abdelwahab Al-Massiri, est que les juifs dominent les médias dans les plus puissants et plus grands pays du monde, qu'ils dominent les rouages de l'économie, ainsi que l’économie mondiale. Tout est quasiment entre les mains des juifs" .
Des propos similaires à ceux tenus sur la page Facebook portant son nom et toujours active
On notera que c’est justement ce type de propos qui accompagnait une photo de soldats musulmans SS en prière sur la page Facebook portant le nom de l’intéressée arborant cette fois un voile vert, page qui est toujours ouverte d’ailleurs. Commentaire précisant que c’est compte tenu de cette main-mise – supposée - des Juifs sur les médias que l’accent avait été mis sur la Shoah, très exagérée, par ailleurs, selon l’auteur, tandis que la bonté « d’Hitler, entouré de savants musulmans » vis-à-vis de ces soldats faisait l’objet de louanges...Pour Mezri Haddad, cela ne fait donc aucun doute que ce document datant de 2005 «  prouve de façon matérielle et irréfutable que les commentaires sur sa page facebook ne peuvent être que les siens  ». Et « les questions affirmatives de la plaignante sont hautement symptomatiques des stéréotypes antisémites dont elle est à la fois adhérente et porteuse »
Deux visions de l’islam opposées, l’une ouverte, l’autre, l’islamiste, raciste, anti-chrétienne et antisémite
Aux sourates et hadiths invoqués par les tenants de l’islamisme, comme ce que citait à l’antenne Khadija Benguenna ou ce qui cite Youssef Qaradawi pour étayer ses thèses racistes, anti-chrétiennes et antismites, Mezri Haddad en opposait une autre, illustrant une vision de l’islam loin de celle des islamistes. Ce hadith met en scène le prophète Mahomet se levant au passage d’un cortège funéraire juif et qui répondait ainsi à son compagnon Omar qui ne comprenait pas ce geste puisqu’il ne s’agissait, dit-il, « que d’un juif » : « Je le sais, sa foi n’est pas inférieure à la tienne Omar, même s’il est juif » !

Mezri Haddad avait noté précédemment lors de l’audience que pendant la Seconde Guerre Mondiale, loin de se faire l’apôtre des thèses antisémites à la Qaradawi, « la majorité des musulmans venaient en aide aux Juifs persécutés ». Citant en exemple la Grande Mosquée de Paris qui abrita de nombreux Juifs ou des musulmans tunisiens qui recueillirent dans toutes les villes de Tunisie leurs voisins juifs fuyant les persécutions nazies.

Mise en délibéré, la décision sera rendue par le tribunal le 17 septembre prochain.


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