Discours du premier ministre Ariel Sharon lors de sa rencontre avec la communauté juive à Paris le 28/07/2005

Traduction : Jean-Pierre Chemla

samedi 11 janvier 2014

Bonsoir.
Je suis arrivé aujourd’hui de Jérusalem, capitale éternelle et indivisible du peuple juif et de l’Etat d’Israël.
Je suis heureux d’être ici avec vous aujourd’hui et de sentir le lien fort qui unit Israël aux juifs du monde entier. Nous sommes une nation, unie. Nous partageons une Histoire commune, aussi bien qu’un futur commun.
Les Juifs de France ont toujours été d’importants partenaires pour l’Etat d’Israël. Ces dernières années, quand la terreur se déchaînait dans des rues d’Israël et que l’hostilité envers Israël dans le monde atteignait des sommets, vous vous êtes tenus prêts de nous avec détermination. Le peuple d’Israël vous en est reconnaissant. Merci pour toute l’aide que vous nous avez procurée.


Demain matin je rentrerai à Jérusalem après une visite très fructueuse. Au cours de mes discussions politiques avec le président Chirac, comme avec le premier ministre français et le ministre des affaires étrangères français, j’ai pu mesurer l’amitié et la compréhension qui existe entre les deux peuples. La France et Israël ont une convergence de vue sur un certain nombre de questions d’importance stratégique qui sont à l’ordre du jour.

Ces dernières semaines, nous avons été témoins d’une vague d’attaques terroristes tragiques et brutales dans le monde entier. Aujourd’hui, il est clair que le terrorisme n’est pas seulement le problème d’Israël. Il ne peut y avoir aucun compromis avec la terreur.

Le monde éclairé doit unir ses efforts dans une campagne commune contre le terrorisme islamique radical. La France joue actuellement un rôle important dans le cadre de la communauté internationale. Elle mène une campagne globale pour le retrait des forces syriennes du Liban et la pleine exécution de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, aussi bien qu’une campagne diplomatique déterminée contre l’armement nucléaire de l’Iran. Pour ces problèmes, la France, sous la conduite de Chirac, comprend les dangers qui en découlent et fait montre de courage et de détermination en menant cette campagne.

Pendant ma visite, j’ai exprimé ma satisfaction pour les mesures significatives que la France avait prises dans le combat contre l’antisémitisme. Je crois que l’activité du gouvernement français pour éradiquer l’antisémitisme - qui avait récemment remontré son visage hideux - devrait servir d’exemple à d’autres gouvernements en Europe et dans le monde.

Le président Chirac et moi avons décidé de renforcer les relations entre nos deux pays. À l’initiative du président, nous avons décidé d’actions communes pour améliorer mutuellement l’image de nos deux pays aux yeux de nos peuples et pour développer les excellentes relations commerciales entre Israël et la France. Vous, les Juifs de la France, avez un rôle important en renforçant ces liens entre nos pays.

Je souhaite ici faire remarquer le rôle particulier joué par l’ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili, qui a fait de gros efforts pour développer ces relations et pour les améliorer dans l’avenir.

Je suis Juif, et pour moi, être Juif est la chose la plus importante. Pour moi, la question la plus importante concerne ce qui se produira pour le peuple juif dans 30 ans, dans 300 ans, et, avec l’aide de D.ieu, dans 3.000 ans. Cet avenir ne peut être garanti que par un Etat Juif fort - l’Etat d’Israël.

Au cours de sa courte existence, l’Etat d’Israël a, à son actif, des réalisations énormes. Nous avons absorbé des millions d’immigrés juifs de 102 pays, parlant 82 langues, et aujourd’hui tous parlent ou apprennent l’hébreu, la langue de la bible. Nous avons des instituts de recherches et universitaires qui sont parmi les meilleurs du monde, une agriculture enviée partout. Nous avons plus d’ingénieurs par habitant que n’importe quel autre pays, et nous appartenons au petit et prestigieux club des pays qui ont lancé des satellites dans l’espace.

Et je veux vous dire : nous ne serons plus jamais les victimes délaissées. Plus jamais les Juifs ne seront à la merci d’un monde hostile.

Israël est un petit, un minuscule pays. Mais il est béni de ses talents. Une nation de braves. On doit se rappeler qu’Israël est le seul endroit dans le monde où les Juifs ont le droit et la capacité de se défendre par eux-mêmes. Moi, en tant que Juif - et pour moi, être Juif est la chose la plus importante - je sais qu’il est de ma responsabilité de défendre et protéger le peuple juif.

Le principal moyen pour assurer l’avenir du peuple juif est l’Alyah en Eretz Israël (j’espère que chacun d’entre vous va se précipiter à la maison maintenant pour boucler sa valise). Israël est le seul endroit dans le monde où les Juifs peuvent vivre une vie juive en toute plénitude. Il n’y a qu’en Israël qu’un Juif peut être certain que ses enfants et petits-enfants seront juifs.

De la même façon que j’invite tous les Juifs partout dans le monde, je vous invite aussi : immigrez en Israël.

Mon gouvernement a fixé un objectif pour faire venir en Israël, au cours des 15 prochaines années, un million de juifs de plus. Quand j’ai nommé le nouveau Président de l’agence juive, qui a parlé ici aujourd’hui, je lui ai dit que sa mission principale serait de s’occuper de l’immigration des Juifs partout dans le monde vers Israël. Il ne pourra pas échapper à la réussite de cette mission (non pas qu’il le veuille), parce que j’y travaillerai avec lui.

L’avenir du peuple juif dépend également du caractère juif et démocratique d’Israël. C’est dans cet esprit que nous lançons le plan de désengagement. Un plan difficile. Très difficile. Et douloureux. Ce plan améliorera notre sécurité et notre image internationale, et fournira une occasion pour démarrer un processus politique avec les Palestiniens. Il garantira une majorité juive à l’Etat de Israël. C’est grâce à ce plan que nous pouvons assurer que le plus important du berceau de l’héritage juif demeurera israélien pour toujours.

La décision du désengagement a été très difficile pour moi. Je connais bien les pionniers de Gaza. En tant que fermier, j’ai suivi leurs réalisations agricoles avec admiration. En tant que soldat, j’ai pu admirer leur courage. C’est une décision difficile, peut-être la plus difficile que j’aie jamais eu à prendre dans ma vie, mais c’est une décision vitale, et je dois faire ce qui est le mieux pour l’avenir d’Israël.

A ma droite, je vous présente le directeur général du bureau du premier ministre. Il est maintenant responsable du difficile et complexe dossier pour fournir une solution à chacun des résidents qui vivent là-bas aujourd’hui.

Grâce à ce plan, Israël a fait des progrès politiques sans précédent : la garantie qu’Israël aura le droit de se défendre par lui-même contre n’importe quelle menace et de bénéficier de frontières sûres et reconnues ; une garantie que la plupart des blocs de population de Judée-Samarie demeureront israéliens dans n’importe quel accord final de statut ; et il n’y aura aucun retour aux frontières de 1967 et aucun retour de réfugiés palestiniens en Israël.

Israël est un pays pacifique. Nous sommes disposés à faire des compromis douloureux pour une paix réelle. Et je crois que tout le monde, le peuple juif comme le monde entier, peut voir combien ces compromis sont difficiles.

Mais il y a une chose sur laquelle nous ne ferons aucun compromis - ni maintenant ni plus tard. Nous ne transigerons pas sur la sécurité de l’Etat d’Israël et des citoyens israéliens. Jamais.

Je l’ai clairement expliqué à la Maison Blanche aux Etats-Unis, je l’ai clairement expliqué aux chefs d’Etat européens, et maintenant ici, je l’ai très clairement expliqué au président Chirac et aux autres chefs d’Etat avec qui je me suis réuni. Je l’ai dit président Poutine, au président de la Russie, et à d’autres chefs d’Etat.

Je leur ai dit une chose : que j’étais disposé à franchir une étape difficile. Je ne suis pas disposé, dans quelque circonstance que ce soit, à faire le moindre compromis, même le plus léger, sur la sécurité d’Israël. Et il n’y aura aucun tel compromis.

Non seulement il n’y aura aucun tel compromis, mais j’ai également clairement expliqué que c’est à Israël, et seulement à Israël, de déterminer le niveau de sécurité requis pour Israël. Je leur ai dit à cet égard, je l’ai dit ici également - concernant la sécurité des citoyens d’Israël et la sécurité de l’Etat d’Israël, je ne ferai aucun compromis. Ni maintenant ni à l’avenir.

Je leur ai expliqué que je ne peux subir davantage de pression à ce sujet, parce qu’en la matière, je suis le dos au mur. Et il n’y aura aucun un tel compromis, ni maintenant ni à l’avenir.

Ceci ne signifie pas qu’après que nous aurons atteint un accord, le peuple juif pourra se reposer sur ses lauriers. Le peuple juif est « une nation en elle-même » et je suis certain qu’il y en a qui seront très heureux de voir Israël continuer à faire des concessions. En général, les gens aiment les Juifs quand ils font des concessions. Si nous faisons à des concessions tout le temps, nous serons aimés du monde entier, mais telle n’est pas mon intention. Et ce n’est pas ce que les juifs devront faire. Il est très très important que nous sachions ces choses, et que nous nous soutenions ensemble.

Dans deux semaines nous célébrerons tous Tisha B’Av, le jour de la destruction du temple. Le deuxième temple a été détruit en raison d’une guerre fratricide. Au cours de l’Histoire, quand nous avons été unis, nous avons surmonté n’importe quel défi et n’importe quel obstacle. Et quand nous avons été divisés, nous avons essuyé les pires défaites.

La période à venir sera l’une des périodes les plus difficiles que l’Etat d’Israël a affrontées depuis sa création. Mais j’ai confiance, de la même façon que le peuple juif a surmonté des défis difficiles par le passé, nous réussirons, avec l’aide de D.ieu, à sortir de cette épreuve forts et unis.

Je vous remercie encore de soutenir l’Etat d’Israël avec une telle détermination pendant cette période difficile.

Je veux que vous sachiez que nous avons toujours eu besoin de vous, mais maintenant nous avons besoin de vous plus que jamais.

Ce qui nous faisons maintenant pour renforcer Israël est important pour vous autant que pour nous. Si Israël, à D.ieu ne plaise, s’affaiblissait, alors les Juifs dans le monde ne pourraient pas vivre comme ils vivent aujourd’hui. Et on doit s’en rappeler. C’est aussi votre responsabilité.

Merci à tous. Nous vous attendons en Israël, et nous n’avons aucune intention de vous lâcher sur ce sujet.

Merci.


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