Le Hamas orchestre ces derniers jours une escalade de la violence pendant que les Israéliens se préparent au désengagement de la Bande de Gaza.

Rachel Samoul - Service d’Information - Ambassade d’Israël en Belgique et au Luxembourg

mardi 19 juillet 2005

Quelques pays membres de l’Union Européenne s’étaient dits prêts à rencontrer uniquement des membres du Hamas, qui avaient des responsabilités locales et municipales alors même que le Hamas est qualifié par l’Union Européenne d’organisation terroriste. Pourtant, des contacts fréquents ont eu lieu, au mois de juin, entre des représentants européens et des hauts responsables du Hamas comme Mahmoud Al-Zahar.


Le Hamas encourage ce genre de rencontres qui lui confère une légitimité tant envers de la communauté internationale qu’auprès des Palestiniens.

Le Hamas a par ailleurs décidé de ne pas coopérer avec Mahmoud Abbas et appelle à des élections le plus rapidement possible.

Parallèlement à un discours relativement modéré vis-à-vis d’interlocuteurs européens, le Hamas continue à pratiquer la politique du double langage et durcit le ton en déclarant qu’il n’a pas l’intention de renoncer à l’option armée.

Cette organisation intensifie ses efforts pour déplacer de la bande de Gaza vers la Cisjordanie les structures de fabrication des roquettes Qassam, tout en augmentant leur portée.

Un article argumenté paru sur le site Internet du Hamas explique sa stratégie. Il fait valoir que « la distance entre Tulkarem et Netanya ne dépasse pas 4 km », Ramallah et Bethléem jouxtent Jérusalem, et « la distance entre Kalkiliya et Tel-Aviv est de7 km ». Le Qassam sera « la prochaine arme palestinienne de dissuasion, comme les attentats-suicides l’ont été, ces dernières années ».

D’autre part, Mahmoud Al-Zahar, un chef du Hamas, s’est fait fort de rappeler, dans le quotidien italien Corriere Della Sera, qu’il n’était pas question de réaliser « le moindre compromis sur la Palestine ».

A la question : « Le Hamas est-il prêt à la coexistence avec Israël dans les frontières de 67 ? », la réponse du chef terroriste a fusé : « Non, jamais. Cela ne peut-être qu’une solution provisoire de cinq à dix ans. Au final, toute la Palestine sera musulmane et Israël disparaîtra de la surface de la terre ».

S’en prenant à la « prétentieuse hégémonie américaine », il prédit la chute des Etats-Unis dans moins d’un siècle.

Refusant de condamner véritablement les attentats de Londres, il s’est justifié : « Je n’ai pas entendu beaucoup de condamnations lorsque Israël a tenté de m’assassiner en septembre 2003 en tirant des missiles, et ont tué, à ma place, ma femme et l’un de mes fils ».
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Les rencontres d’officiels européens avec les représentants du Hamas leur laissent entendre qu’il serait possible de constituer une force politique, reconnue internationalement, tout en perpétrant des actes terroristes.

Et surtout, les contacts avec le Hamas affaiblissent l’Autorité palestinienne.
Dans un communiqué du 17 juillet, le Ministère de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne met en garde les habitants de Zeitoun à Gaza, un quartier pro-Hamas, les prévenant que le Hamas aurait installé des colis piégés dans ce secteur.

L’escalade perpétrée par le Hamas ces derniers jours, - une jeune fille tuée par une roquette Kassam dans la commune de Nativ Haasara le 14 juillet 2005. Dans la seule journée du 15 juillet, les terroristes du Hamas ont lancé plus de 33 obus de mortier et 15 roquettes Kassam sur les implantations - est avant tout un bras de fer entre Palestiniens.

Aujourd’hui, après avoir mis le feu aux poudres, le Hamas se dit prêt à respecter une « trêve relative », (l’adjectif relatif restant à définir), et rejette la faute sur Israël.


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