L’élite des médias européens découvre enfin le terrorisme

Par Tom Gross - Jewish World Review - Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

jeudi 14 juillet 2005

Quand cela arrive sur votre seuil, dans des installations aussi familières que le « tube » de Londres [métro, ndt] ou dans un bus rouge à impériale traditionnel, juste à côté du lieu où Charles Dickens à vécu, le terrorisme apparaît très différent qu’il ne l’est quand des gens innocents sont assassinés ailleurs.


Le premier attentat à la bombe dans un bus britannique a eu lieu à un peine moins de deux km du quartier général central de la BBC à Londres, et pendant environ une journée après les multiples attaques à la bombe de jeudi, la BBC, l’influent quotidien gauchiste « Guardian », et même l’agence d’informations mondiale Reuters, basée en Grande-Bretagne, ont toutes semblé découvrir soudain les mots « terrorisme » et « terroriste ». Dans le « Guardian » de samedi, par exemple, l’un ou l’autre de ces mots est apparu sur chacune des onze premières pages.

Par opposition marquée aux reportages de la BBC sur les bombes dans les transports publics en Israël - bombes qui dans certains cas ont été pires que celles de Londres, puisque certaines avaient pour objectif spécifique des enfants, et la plupart étaient garnies de clous, de vis, de verre, et d’échardes métalliques spécialement aiguisées de manière à maximiser les blessures - des termes comme « guérilla », « militant », « activiste » ou combattant " n’étaient soudain plus visibles nulle part.

Pas davantage - de nouveau par contraste avec leur couverture en Israël - les correspondants de la BBC, aussi bien dans leurs départements domestiques et internationaux, ne donnaient des comptes-rendus sympathisant à leurs auteurs présumés, ou n’expliquaient aux spectateurs que nous devons « comprendre » leurs « griefs ». Au lieu de cela, ils faisaient ce qu’un organisme de nouvelles objectif doit faire : uniquement rapporter les attaques, et leur nature atroce, et les souffrances des victimes.

Le premier réseau de diffusion du monde a paru rejeter au loin ses ridicules « Recommandations à un producteur de la BBC ». Les reportages en ligne de la BBC, par exemple, comportaient des titres comme « Terreur des passagers coincés dans le métro » et « Londres secoué par des attaques terroristes ».
Les dirigeants de la BBC avaient auparavant insisté sur le fait qu’au nom de ce qu’ils appellent « impartialité », des terroristes ne doivent pas être appelés terroristes. Leurs recommandations stipulent : « Le mot ’terroriste’ lui-même peut être une barrière à la compréhension... Nous devons essayer d’éviter le terme, tout en rapportant les faits tels que nous les connaissons ».

Mais l’espoir de nombre de contribuables britanniques obligés de payer la BBC est qu’elle en soit venue au bon sens et appelle dorénavant la terreur par son propre nom, s’est révélé très bref. Dès vendredi, le service monde de la BBC est lentement revenu à ses vieilles habitudes, aussi bien par les ondes que ’on line’. (Ses émissions de nouvelles domestiques ont pendant ce temps continué d’utiliser le terme « terroriste »).

Espérant sans doute que personne ne s’en apercevrait, la BBC modifia subtilement et rétroactivement ses textes initiaux sur les bombes aussi bien sur ses sites Internet internationaux et britanniques. Malheureusement pour la BBC, cependant, les versions précédentes de ses pages web sont restées facilement accessibles à tous sur Google, et des ’bloggers’ anglais audacieux, longtemps saturés des préjugés de la BBC, ont enregistré les modifications.

« Harry’s Place » a noté, par exemple, que jeudi soir une page de nouvelles de la BBC sur le Web titré « un homme sur le bus aurait vu un terroriste », commençait par « un passager du bus déclare qu’il pourrait avoir vu l’un des responsables des attaques à la bombe de Londres. Richard Jones, de Binfield, avait pris le bus juste avant qu’il n’explose... »

Mais vendredi à 10 h14 GMT, cette page Web avait soudain changé. Le titre indique alors « Un passager croit avoir vu l’homme à la bombe », et le texte commence « Un passager du bus déclare qu’il pourrait avoir vu l’un des responsables des attaques à la bombe à Londres. Richard Jones, de Binfield, avait pris le bus juste avant qu’il n’explose... »

Tôt vendredi matin, une autre page Web de la BBC titrait : « Tester l’ambiance dans le métro » et parlait de la pire atrocité terroriste que la Grande-Bretagne ait vue « . Mais à 12 h 08 GMT, alors que le reste de l’article restait non modifié, ces mots étaient remplacés par » Les pires attaques à la bombe en temps de paix vues en Grande-Bretagne ".

Il existe d’autres exemples de censure similaire survenues à la BBC. Staline lui-même aurait pu difficilement faire un meilleur travail de supervision que son site Web méritant récompense.

Dans son résumé des réactions dans le monde, BBC on line a été aussi rapide pour souligner les opinions des théoriciens de la conspiration. Le tout premier article listé par la BBC commençait en citant un clerc iranien, l’ayatollah Mahammad Emami-Kashani déclarant qu’Israël était derrière les attaques de Londres, suivi d’un commentaire de la radio d’état iranienne blâmant explicitement le Mossad.

Avec sa portée mondiale d’informations sans équivalent (son service radio seul, émet en 43 langues, et attire 150 millions d’auditeurs), la couverture de la BBC est importante dans la formulation de l’opinion mondiale.

Mais même encore plus influente - et à l’égard des attaques terroristes de Londres, beaucoup plus irresponsable - se trouve être Associated Press (AP).
L’AP a joué dans les mains des antisémites en faisant courir de façon irresponsable une nouvelle bidon, l’histoire de « l’avertissement antérieur d’Israël », via son télégramme international peu après les attaques sur Londres. Bien que l’histoire ait été rétractée depuis par l’AP, le dommage a été fait. Comme ce fut le cas après le 11 septembre, un millier de théories dans le style de la conspiration « Israël savait » ont déjà été répandues sur les sites Web de l’extrême-droite et des gauchistes dans le monde.

L’article de l’AP titrait « Netanyahou a modifié ses plans suite à un avertissement », écrit par Amy Teibel du bureau de l’AP à Jérusalem, et prétendant que Benjamin Netanyahou - qui était à Londres pour une conférence économique - a été averti « quelques minutes avant les explosions de jeudi », a été expédié par l’AP par son service de nouvelles télégraphiques mondiales à 11 h 14 GMT jeudi.

Fox News a diffusé l’article de l’AP à 7 h 50 à l’heure de New York. Cet article de l’AP a aussi paru sur des sites Web de plus de 100 émetteurs de nouvelles crédibles aux USA, au Canada, en Irlande, en Inde, et ailleurs. Plus troublant, il parut sur al Jazeera et d’autres médias du Moyen-Orient.

Comment un rédacteur ou un journaliste sérieux n’ont-ils pas pu s’apercevoir que c’était de la « propagande dissimulée » et une récidive des diffamations suivant le 11 septembre ? Et comment le chef du bureau de l’AP à Jérusalem peut-il ne pas l’avoir contrôlée avant de la diffuser ?

Mais malgré les points faibles de la couverture des attentats à la bombe de Londres, il y a eu aussi beaucoup de commentaires très résolu et sensés, pas seulement de la droite et du centre, mais aussi d’une partie de la gauche.

Alors que les suspects usuels, comme le célèbre Robert Fisk du journal « the Independent » (qui a été choisi comme journaliste, comme on peut l’admirer sur le message vidéo d’Oussama ben Laden en octobre dernier), a immédiatement blâmé Tony Blair et George Bush pour avoir apporté des bombes à Londres, la plupart des commentateurs ont vu les atrocités pour ce qu’elles étaient.

« Regardez la vérité en face », a écrit Nick Cohen, éditorialiste en chef pour « the Observer », journal du dimanche associé au « Guardian ». Traitant de ce qu’il appelle « mon monde du Londres libéral », Cohen a dit « Nous savons qui doit être blâmé pour les meurtres de jeudi... et ce n’étaient pas Bush ni Blair ».


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