Benyamin Netanyahou : qui va piano, va sano

©Hélène Keller-Lind | desinfos

mercredi 2 janvier 2013, par Desinfos

Le Premier ministre israélien profite de sa participation à un Cercle d’Études bibliques pour répliquer aux récentes prises de positon du Président Peres qui qualifiait Mahmoud Abbas de partenaire pour la paix, incitant le gouvernement à se hâter de conclure un accord avec lui. Comparant les situations passées et actuelles Benyamin Netanyahou avertit que l’Autorité palestinienne, à l’instar de la Syrie pourrait être ébranlée, voire remplacée par le Hamas bien implanté en Judée Samarie. D’où la menace de voir s’y installer un autre gouvernement pro-iranien...


Tirer les leçons du passé dans une région mouvante...

Il y a quelques jours le Président israélien sortait quelque peu de son rôle en déclarant devant un parterre d’ambassadeurs qu’il recevait au Palais présidentiel que Abu Mazen – nom de guerre de Mahmoud Abbas – était un partenaire pour la paix avec qui il convenait de se hâter de parvenir à un accord. Ce qui provoqua un tollé à droite et un concert de louanges à gauche et au centre gauche.

Benyamin Netanyahou n’avait pas répondu dans l’immédiat. Il vient de le faire en participant dans sa résidence officielle aux travaux d’un Cercle d’Études bibliques qu’il a lancé à la mi-décembre. Comparant les situations en Égypte hier et aujourd’hui il livrait une vision plus large de ce qui se passe aujourd’hui dans la région, incitant à la prudence et déclarait : « Dans la portion de la Torah de cette semaine, il est dit « il s’éleva alors un nouveau roi en Égypte ... » ; même chose à l’époque, même chose aujourd’hui. En Égypte, le régime a été remplacé, en Syrie le régime est ébranlé, ce qui pourrait également se produire dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne en Judée Samarie. Tout le monde sait que le Hamas pourrait prendre la place de l’Autorité palestinienne. Cela pourrait se produire après un accord, cela pourrait arriver avant un accord, comme cela s’est passé à Gaza. Par conséquent, contrairement à ce que disent les voix que j’ai entendues récemment me poussant à me précipiter en avant et à faire des concessions, à effectuer des retraits, je pense que le processus diplomatique doit être géré de façon responsable et avec sagacité et non pas avec une hâte excessive. Sinon, une troisième base pour le terrorisme iranien sera établie ici, au cœur du pays. On ne peut parvenir à la paix que si la sécurité est assurée ».

Des troubles persistants en Judée Samarie où le Hamas jouit d’une grande popularité

Déclaration du Premier ministre qui intervient sur fond de troubles persistants en Judée Samarie. Les dernières violences en date intervenant le 1er janvier près de Jénine lors de l’arrestation de Murad Bani Odeh, un membre du Jihad islamique, dans le village de Tamoun. Arrestation menée, selon des témoignages, par des membres d’une unité israélienne se faisant passer pour des Arabes, les « Mistaarvim ». Ce qui a provoqué des émeutes. Des dizaines de jeeps de l’armée sont alors arrivées en renfort pour faire cesser les troubles.

Selon l’agence palestinienne Maan News les échauffourées auraient fait plus de trente blessés, dont deux soldats israéliens. Soldats blessés légèrement selon une source de l’armée qui a démenti, par ailleurs, qu’il y ait eu des tirs à balles réelles comme cela avait été affirmé par une personnalité palestinienne locale. Cette source a confirmé l’utilisation de balles en caoutchouc et grenades lacrymogènes. Grenades qui auraient provoqué des malaises d’une centaine de personnes, disait-on côté palestinien.

L’armée notait dernièrement un regain de violences en Judée Samarie. Où le Hamas jouit d’une très grande popularité, en effet, comme l’a montré le succès des célébrations qui s’y sont tenues pour marquer la « victoire » supposée du mouvement terroriste gazaoui lors de l’Opération Pilier de Défense ainsi que l’anniversaire du Hamas.


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