Succès de la fâcherie de l’Émir du Qatar : les célébrations de l’anniversaire du Fatah auront finalement lieu dans la Bande de Gaza

Hélène Keller-Lind

vendredi 28 décembre 2012, par Desinfos

L’Émir du Qatar s’était fâché, annulant sa visite à Ramallah. Manifestant ainsi son mécontentement alors que le torchon brûlait à nouveau entre Fatah et Hamas, ce qui avait eu pour résultat l’annulation des festivités prévues devant marquer les quarante-huit ans du Fatah dans la Bande de Gaza. Il faut dire que l’Émir a de solides arguments puisqu’il est le tiroir-caisse de la région. Et au-delà...Du coup, miracle, les célébrations auront lieu. Reste à fixer une date...le feuilleton n’est donc peut-être pas prêt de s’arrêter et les questions de fond restent.


Monsieur Tiroir-caisse a des arguments de poids

Il en a des arguments de poids l’Emir du Qatar, Monsieur tiroir-caisse de la région et au-delà. Lors de sa récente visite dans la Bande de Gaza il s’engageait à verser au Hamas quatre cent millions de dollars et dépêchait aussitôt, avec une grade efficacité, des équipes pour mettre en place les programmes prévus. On suppose que lors de sa visite prévue à Ramallah en décembre il allait arriver les bras chargés de cadeaux similaires.

Or, patatras, l’auguste visiteur annule sa visite et le « ministre des Affaires étrangères » palestinien feint d’en ignorer la raison. Pourtant il semble bien que la nouvelle brouille entre Hamas et Fatah explique sa mauvaise humeur. En effet, le Fatah, qui avait autorisé le Hamas à tenir des célébrations à Naplouse ou Hébron à la mi-décembre, devait pouvoir en tenir à Gaza, dans le cadre de leur réconciliation supposée. Or, le Fatah exigeait d’organiser le volet gazaoui des célébrations pour son quarante-huitième anniversaire là où le Hamas ne le voulait pas. Dispute sur le lieu traduisant sans doute des dissensions plus graves, aucune date n’ayant été arrêtée, par exemple, pour des élections qui auraient dû avoir lieu il y a des mois....

Donc annulation des festivités par le Fatah, concordant avec l’annulation ou report à une date non précisée de la visite qatarie en Judée Samarie

Un psychodrame moyen-oriental qui débouche sur un miracle...

On imagine la teneur et le ton des coups de fil qui ont dû être donnés entre Doha, Ramallah et Gaza pendant tout ce psychodrame moyen-oriental....Et aujourd’hui miracle : on apprend que le Hamas a accepté que ces cérémonies se tiennent sur la place al-Saraya – place des Brigades -, un des lieux qui avait été refusé auparavant. Ce qui représente, malgré tout, une reculade pour le Fatah qui exigeait au départ la place al-Katiba de Gaza ou rien

C’est d’ailleurs le « Premier ministre » Haniyeh, membre du mouvement terroriste du Hamas qui règne sur la Bande de Gaza, qui a appelé un des négociateurs à vie palestinien Nabil Shaath du Fatah pour l’en informer. On verra donc une marée de drapeaux jaunes sur ce square gazaoui, après avoir vu récemment des marées de drapeaux verts du Hamas à Gaza pour la venue du chef du Bureau politique du Hamas, Khaled Meshal, et entendre son discours de haine anti-israélienne. Puis une marée de drapeaux verts en Judée Samarie à Naplouse ou Hébron, avec, parfois, en première ligne des créatures cachées sous des masques
moyenâgeux tout à fait symboliques de ce qu’est le Hamas.Des femmes, semble-t-il.

Le poids respectif des drapeaux verts et des drapeaux jaunes, tout un symbole

Un responsable du Fatah pour Gaza, Atef Abu Yousef, déclare à l’agence de presse Maan News que le Hamas tenait à ce que ces célébrations se déroulent avec éclat, alors que la veille un autre responsable, Yahya Rabah, blâmait ce même Hamas pour avoir refusé qu’elles se tiennent dans l’une des deux places choisies par le Fatah ..Selon lui on attend pour ces célébrations quelque cinq mille membres du Fatah, créé en 1965 par Yasser Arafat On notera qu’en Judée Samarie ce sont des milliers de personnes qui avaient célébré l’anniversaire du Hamas et sa soi-disant victoire contre Israël lors de l’Opération Pilier de Défense. Des milliers de drapeaux verts avaient alors été déployés. Faute d’applaudimètre et en l’absence d’élections en bonne et due forme, le nombre de drapeaux déployés a un poids évident...

La fin du feuilleton ? Et les questions de fond qui se posent...

Reste ce qui pourrait être un nouvel écueil : la date des festivités n’a pas encore été fixée. La tradition voulant que ces célébrations se tiennent le 1er janvier, va-t-on vers un nouveau clash ? Le feuilleton n’est donc peut-être pas tout à fait terminé.

Et, d’ailleurs, où en est véritablement cette réconciliation palestinienne ? Quand des élections, qui en seraient la seule preuve tangible, se tiendront-elles pour que cet « État observateur non membre de l’ONU, la Palestine », aujourd’hui bicéphale, bi-territorial, aux contours non définis, vivant de la charité internationale, avec à sa tête, d’une part un personnage que son entourage du Fatah prend, sans rire, pour l’égal de Jésus et d’autre part un chef terroriste avéré, se conforme enfin aux règles démocratiques qu’il est censé respecter ?

Mondo Cane


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