Bouquet de haine pour Noël de la part de Mahmoud Abbas, bouquet de tolérance, de pluralisme et d’histoire de la part de Benyamin Netanyahou

Hélène Keller-Lind

mardi 25 décembre 2012, par Desinfos

Le contraste est frappant, résumant parfaitement ce qui caractérise la situation israélo-palestinienne. Il s’agit des vœux de Noël officiels, d’une part de Mahmoud Abbas, d’autre part de Benyamin Netanyahou. Le premier énumère une longue liste de récriminations et de contrevérités, y compris historiques, si énormes qu’elles sont souvent ridicules. Le second, bref, rappelle que dans une région où disparaissent peu à peu les communautés chrétiennes il n’y a qu’en Israël que celles-ci prospèrent, Israël, terre de tolérance, de pluralisme et de liberté religieuse. Le Premier ministre israélien se fait aussi guide touristique et historien, vantant les hauts lieux du judaïsme et du christianisme du pays.


« Bethléem étouffée par des murs racistes... assiégée, menacée ...sous occupation brutale

Certes Mahmoud Abbas prononce-t-il dans ses vœux officiels de Noël les mots d’espoir, foi, amour, justice et paix. Au moins une fois. Mais ces mots sont noyés dans quelque 4.700 mots accusateurs, violents, mensongers. Prenant Israël pour cible, bien entendu. Ayant fait de ces vœux un discours militant politique il en oublie d’ailleurs de souhaiter une Joyeux Noël à ses lecteurs / auditeurs....

Le Premier ministre palestinien débute très fort, faisant fi de l’histoire et de la réalité, affirmant que voir ainsi Bethléem étouffé ne peut que choquer. Car, dit-il, « c’est la première fois en 2.000 ans de chrétienté dans notre patrie que les villes saintes de Bethléem et Jérusalem sont complètement séparées par des colonies israéliennes et des murs racistes et des checkpoints ». La ville, dit-il « est assiégée et menacée » mais elle restera comme elle l’est depuis plus de 2000 ans une ville d’où vient espoir et paix pour l’humanité. Parce que l’identité de Bethléem comme lieu de naissance du Christ n’est pas qu’une question d’histoire et de foi ; la Palestine est fière d’avoir son identité et son héritage ».

« Les Palestiniens résistent à l’oppression par l’amour... »

Et il poursuit : « notre réalité quotidienne sous occupation brutale met à l’épreuve notre foi dans l’humanité chaque jour....malgré le régime d’apartheid du mur colonial, des colonies illégales et de l’oppression, les citoyens de Bethléem persévèrent.
A Bethléem nous résistons à l’oppression par l’amour, nous défions l’oppression avec fierté, nous construisons les institutions de notre État et nous développons notre infrastructure en dépit de la machine de destruction de l’occupation.....Avec espoir et une foi inébranlable en nos droits à la liberté et à la prospérité, nous démasquons la laideur du racisme et de l’humiliation à travers la vie, la prière, et l’art ».

Mahmoud Abbas donne pour exemple les habitants de Bet Jala, village chrétien proche de Jérusalem. « Chaque vendredi après-midi ils mènent des prières au milieu des oliviers qu’Israël envisage de confisquer pour construire le mur illégal. Des arbres dont les olives été récoltées depuis des siècles par 58 familles palestiniennes chrétiennes. Et tous les vendredis, le nombre de personnes allant assister à cette prière , venant de toute la Palestine et au-delà, augmente, leur message d’espoir et de force résonne au-delà des limites du régime de murs israéliens. J’invite chacun d’entre vous à écouter leurs prières et aider à faire cesser une injustice supplémentaire imminente ».

Récriminations, accusations que lit au quotidien l’équipe de PMW dans la presse palestinienne, et au diable la vraisemblance

On se demande comment ces Palestiniens ou chrétiens venus d’ailleurs peuvent bien circuler dans une région soi-disant étouffée, assiégée et vivant sous occupation, comme cela est décrit ici...Ou comment les cinq cents pèlerins chrétiens de Gaza autorisés par Israël et passant par l’État hébreu, comme chaque année pourront entrer dans le ville, Ou comment le gigantesque sapin de Noël ornant la place principale de Bethléem a bien pu y arriver... Ou encore comment la ville compte dix-sept hôtels qui seront sans doute bondés pour les festivités... Le diaporama de l’un d’entre eux montre une bourgade qui est loin d’être écrasée sous une quelconque occupation et des hôtes joyeux se portant à merveille...

Mais qui parle ici de vraisemblance ? Nous sommes dans l’incantation la magie du verbe...
Quant à l’amour dont feraient preuve les Palestiniens, il suffit de lire ce que Mahmoud Abbas dit ici, ou de jeter un coup d’œil au contenu haineux et glorifiant la violence et le « martyre » des médias de l’Autorité palestinienne, directement gérés par ce même Abbas. Une haine et une incitation à la violence anti-israélienne set antisémites au quotidien, traduits et mis à la disposition de tous par Palestinian Media Watch PMW -, Observatoire des Médias Palestiniens. Que l’on retrouve dans près de trente rubriques A propos de cette homélie de haine pour Noël, le Directeur de PMW dit d’ailleurs que c’est ce type de discours haineux que son équipe lit au quotidien dans des dizaines d’articles palestiniens...

Un État à part entière pour Noël prochain, sans passer par la case négociations, cadeau de Noël que réclame Abbas

Bien évidemment le Président palestinien remercie les 133 nations « courageuses » grâce auxquelles « la Palestine a été reconnue comme État avec une majorité écrasante ». État observateur non membre, ce qu’il ne précise pas. Mais étant donné que sa litanie est bourrée de contre-vérités... Toutefois, rappelant que « la demande palestinienne présentée devant l’ONU pour la liberté et devenir un État membre à part entière est toujours d’actualité », il en profite pour demander « à la communauté internationale de rendre justice à la Palestine et lui accorder son droit à un avenir de liberté et de prospérité, ce qui n’a que trop tardé ». Exit donc toute idée de négociations avec Israël. Qu’il passe d’ailleurs son temps à vilipender, ici comme ailleurs.

Enfin, n’oubliant pas les réalités sonnantes et trébuchantes, se référant à des investissements étrangers antérieurs à Bethléem, Mahmoud Abbas demande aux Chrétiens « d’investir dans la paix et de prendre des mesures courageuses politiques nécessaires » permettant aux Palestiniens pour Noël prochain de se libérer de l’amertume d’une vie entravée par l’injustice et l’oppression ».

Il conclut son allocution avec lyrisme : « Pour Noël prochain, la Palestine souhaite vivre le message intemporel de l’amour, la justice et la paix que le Prince de la Paix a apporté à la Palestine et à l’humanité il y a plus de 2000 ans, pas seulement l’espoir de le voir se réaliser ».

On notera ici que Jésus, un Juif de Nazareth est transformé en Palestinien par la magie du verbe...

Cette allocution était citée en entier par l’agence de presse palestinienne Maan News

Le Constat de Benyamin Netanyahou : les communautés chrétiennes de la région se réduisent peu à peu mais prospèrent en Israël

Ton très différent des vœux de Noël de Benyamin Netanyahou aux chrétiens à qui il souhaite de bonnes fêtes avant de souligner qu’alors que dans la région – y compris dans les territoires palestiniens, bien qu’il ne précise pas, mais Mahmoud Abbas ne disait-il pas dans ses vœux qu’il n’y a que quelque cinquante familles chrétiennes dans le village chrétien de Bet Jalla... – les communautés chrétiennes se réduisent peu à peu, certaines étant même menacées de disparition, au contraire elles sont florissantes en Israël où liberté de culte, tolérance, pluralisme, ne sont pas de vains mots. Communautés participant à la vie de la nation . Il fustigeait d’ailleurs ceux qui ont profané des lieux de culte chrétiens avec des graffitis.
Le Premier ministre évoquait ensuite les nombreux sites témoins de l’histoire juive et de l’enracinement des Juifs dans le pays et évoquait aussi les sites chrétiens. Enjoignant les chrétiens à visiter Nazareth , Bethléem, à se rendre sur les rives du Jourdain et du Lac de Tibériade >. hauts lieux du christianisme.

Il conclut en se référant à une prière juive millénaire, y ajoutant une touche politique, car il les enjoint à se rendre l’an prochain à Jérusalem “notre capitale éternelle”.

On a dans ces vœux de Noël deux visions du monde qui parlent d’elles-mêmes....


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