Mahmoud Abbas montre ses muscles...

Hélène Keller-Lind

dimanche 23 décembre 2012, par Desinfos

Mahmoud Abbas profite de la tenue du Conseil consultatif du Fatah pour mettre les points sur les « i ». La reconnaissance par l’ONU de « la Palestine comme État non membre en fait la propriété d’un État sous occupation » dit-il. État « sur le territoire de 67, avec Jérusalem Est pour capitale ». Pas question de « colonies dans la zone E1 » donc. Il multiplie d’ailleurs les contacts pour mettre ce projet à mal. Quant à une réconciliation avec le Hamas, elle passe forcément, selon lui, par des élections.


« La reconnaissance, une étape majeure dans la lutte contre l’occupation »

Belle occasion pour Mahmoud Abbas de montrer ses muscles politiques que cette cinquième session du Conseil consultatif du Fatah baptisée « État et légitimité internationale ». La reconnaissance de la Palestine comme État non membre de l’Assemblée générale des Nations Unies est une réalisation historique pour le peuple palestinien, déclarait-il en ce 22 décembre. Elle constitue, en effet, selon lui, « un tournant majeur dans la lutte contre l’occupation, car la terre palestinienne est devenue « une propriété d’un État sous occupation ». Contrairement à ce qu’affirme Israël selon qui il s’agit d’une terre contestée.

Pourtant, en matière de droit international, lorsque l’on parle des Territoires palestiniens, c’est bien de territoires contestés que l’on parle. Ce que le Professeur David Ruzié a souvent eu l’occasion de dire dans ces colonnes . Même si des organismes internationaux comme les Nations unies ou l’Union européenne utilisent systématiquement l’expression « territoires occupés » pour parler de la Judée Samarie. Mais le Président palestinien – qui n’a pourtant pas été réélu en temps et en heure, tant s’en faut...- utilise cette reconnaissance pour réécrire le droit international avec, cette fois, ce qui semble être l’aval onusien. Oubliant que le Conseil de Sécurité, lui, avait refusé cette reconnaissance un an plus tôt.

L’agence de presse Maan News, qui publie une dépêche sur cette session du Conseil précise que « Mahmoud Abbas a réaffirmé que les activités de colonisation israéliennes de toutes sortes sur la terre palestinienne sont illégales et totalement rejetées. Les projets israéliens récemment annoncés dans la zone E1, a ajouté M. Abbas, « sont une ligne rouge que nous ne permettrons pas, et pour cela nous avons des contacts à tous les niveaux ». Projet qui, selon lui, aurait pour objet de « saboter le Processus de paix »...Étrange affirmation venant de celui qui se refuse à reprendre toute négociation avec Israël...Ce qu’il s’était pourtant engagé à faire au lendemain du vote onusien.

De toute évidence le Président en exercice de l’Autorité palestinienne ignore ou feint d’ignorer la mise au point faite par un porte-parole du Premier ministre israélien le 19 décembre dernier à propos de constructions dans cette zone E1. Il expliquait que : « les constructions effectives, décidées par le Gouvernement israélien le 30 novembre 2012, concernent 3000 logements.

Tous ces logements sont situés à Jérusalem et dans les blocs d’implantation qui resteront une partie d’Israël dans le futur accord de paix. Toutes les autres annonces relatives à d’autres constructions font référence aux étapes de planification qui n’ont pas été décidées par le gouvernement. Il s’agit d’un processus administratif qui prend des années à se réaliser.. Dans tous les cas, ce processus nécessite une décision distincte du gouvernement avant que les constructions effectives commencent ».

La direction palestinienne considère toutes les options si Israël n’obtempère pas....

Mahmoud Abbas, par ailleurs, exigeait lors de cette session que « toute construction d’implantation cesse dans tout le territoire palestinien et en particulier dans Jérusalem occupée ». Il ajoutait que la direction palestinienne « considère toutes les options si Israël persiste dans ses activités de colonisation, dicte des blocus et retient l’argent des Palestiniens ».

On voit là que, considérablement renforcés par cette reconnaissance pourtant toute relative, les Palestiniens entendent imposer des diktats. Et tout faire ou tenter de le faire pour les imposer. Court-circuitant ainsi toute idée de négociation directe avec Israël et n’hésitant pas à brandir des menaces.

Mahmoud Abbas évoquait également la réconciliation entre les factions palestiniennes rivales. Estimant que pour y parvenir il fallait des élections. Selon Maan News il rappelait « que le Fatah et le Hamas l’avaient accepté lors de réunions à Doha et au Caire ». Donc « le Hamas devrait permettre à la Commission électorale centrale de reprendre ses opérations dans la bande de Gaza afin d’achever la préparation pour les élections présidentielles et législatives ainsi que les élections au Conseil national palestinien ». On voit la que cette réconciliation longtemps annoncée mais restée lettre morte ne semble guère avoir plus de chance de se matérialiser aujourd’hui...

Enfin, selon l’agence de presse palestinienne officielle Wafa News, Mahmoud Abbas « démentait les rumeurs concernant une éventuelle confédération entre la Palestine et la Jordanie, soulignant que les efforts se concentrent sur l’établissement d’un État entièrement souverain dans les frontières de 1967 ».


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