Fidèle à ses positions

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 3 novembre 2012, par Desinfos

Toujours « donneur de leçons », même à tort, le journal Le Monde a, dans son éditorial daté du vendredi 2 novembre, persévéré en condamnant l’Europe : « Israël-Palestine : l’Europe se renie ».
De quoi s’agit-il ?


Selon nos moralisateurs, l’Europe aurait dû emboîter le pas des Organisations non gouvernementales (et non « intergouvernementales » comme ils les appellent, à tort, car elles n’engagent qu’elles mêmes et non des Etats) qui, récemment, lançaient un appel au boycott de produits israéliens, rejoignant en cela la position du rapporteur des Nations Unies, que nous dénoncions ici même, il y a quelques jours.

Tout en condamnant l’Europe aujourd’hui, nos moralisateurs entendaient voir un reniement de sa part, par rapport à une (funeste) déclaration des Neuf (aujourd’hui 27) remontant à juin 1980.

Dans cette Déclaration, dite de Venise, le Conseil européen avait cru pouvoir, à tort, appeler à associer l’OLP à la négociation avec Israël, car c’était l’époque où cette organisation, ouvertement terroriste, refusait de reconnaître Israël, comme le fait d’ailleurs le Hamas, aujourd’hui, alors que certains voudraient également voir Israël considérer ce mouvement terroriste comme un interlocuteur valable.

Autrement dit, l’Europe reconnaissait le recours au terrorisme comme un moyen de réclamer une reconnaissance, la fin justifiant en quelque sorte les moyens….

Ce faisait, contrairement à ce qui est écrit, dans cet éditorial, la déclaration de Venise n’était ni « courageuse » ni « visionnaire ».

Car, si, finalement, les « accords d’Oslo, ont pu être conclus, c’est parce qu’en même temps l’OLP reconnut Israël – officiellement du moins (car immédiatement après, au cours d’une conférence en Afrique du sud, Arafat réclamait le droit de changer d’avis….).

Mais ce n’est pas une raison pour regretter que l’Europe se montre, aujourd’hui, plus prudente qu’elle ne le fut il y un peu plus de 30 ans.

A cet égard, Israël a tout lieu de se méfier de Mahmoud Abbas, qui, comme son prédécesseur, n’hésite pas à dire tout et son contraire. (il n’hésite pas à honorer la mémoire des terroristes morts à la tâche…..)

Après avoir répété, à satiété, qu’il ne reprendrait pas les négociations avant le gel des constructions, ne voilà-t-il pas que, selon l’agence Reuters, le président de l’Autorité (sic) palestinienne aurait, déclaré, il y a quelques jours à Ramallah, en recevant le président bulgare, qu’il était prêt à reprendre sans attendre les négociations avec Israël si la Palestine, actuellement simple entité observatrice aux Nations unies, y obtient le statut d’Etat observateur.

« Nous sommes décidés à aller aux Nations unies pour sauver l’idée d’une solution à deux Etats (Israël et un Etat palestinien) et obtenir que notre peuple ait le statut d’Etat observateur »,

Et d’ajouter : « Nous sommes prêts à revenir sans attendre à la table des négociations. Aller aux Nations unies ne remplace pas les négociations. Nous avons besoin de ces négociations pour régler définitivement les questions qui se posent à nous ».

Apparemment, donc, plus de condition préalable, comme, c’est d’ailleurs la position d’Israël, depuis quelque temps déjà, les actions terroristes étant – heureusement - officiellement abandonnées du côté de l’Autorité (sic) palestinienne.

Le Premier ministre israélien l’a encore d’ailleurs tout dernièrement rappelé, lors de sa visite en France..

Mais, n’oublions pas que selon une formule que l’on doit à un ancien président de la République française « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent... ».

Que ne feraient donc pas les Palestiniens pour enregistrer une victoire, même à la Pyrrhus, vers la fin du mois à l’Assemblée générale des Nations Unies….

Toutefois, ce n’est pas une raison pour qu’une majorité d’Etats membres des Nations Unies tombent, ainsi dans le panneau….

« A bon entendeur, salut »….


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