Rien n’a changé pour l’Autorité palestinienne

par Daniel Pipes - New York Sun (Adaptation française : Alain Jean-Mairet)

mercredi 18 mai 2005

La disparition de Yasser Arafat, en novembre dernier, suscita de grands espoirs parmi ceux qui voyaient dans sa personnalité malfaisante la principale cause de l’intransigeance palestinienne.


Mais ceux d'entre nous pour qui le problème dépassait la personne d'Arafat et résultait plutôt de la profonde radicalisation du corps politique palestinien n'espéraient pas de grands changements. Ainsi, j'écrivais à l'époque de l'élection de Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité palestinienne (AP) qu'il pouvait en fait «constituer un ennemi beaucoup plus redoutable pour Israël que ne l'a été Arafat».

Comment se présente la situation six mois après la mort d'Arafat? Elle est à peu près aussi mauvaise qu'on pouvait s'y attendre. M. Abbas, sans ambiguïté, conduit les Palestiniens à la guerre contre Israël dès après le retrait de Gaza en août 2005.

À la suite de ces mesures, le terrorisme palestinien, spécialement celui sévissant à Gaza, a fortement augmenté depuis le mois d'avril. La situation a atteint un tel niveau qu'un analyste, Leslie Susser, estime que le cessez-le-feu de février «pourrait être à la limite de l'effondrement».

Il est difficile de contrer Caroline Glick lorsqu'elle conclut que le gouvernement Sharon et l'administration Bush ont tous deux commis une «horrible méprise» en misant sur M. Abbas. Pourtant, aucun d'eux ne reconnaît cette erreur car ils sont maintenant profondément impliqués dans le succès de sa carrière politique.

Le retrait israélien de Gaza prévu en août va probablement provoquer de nouvelles poussées de violence. L'une d'entre elles pourrait intervenir en juillet, quand les forces de défense palestiniennes entreprendront un grand nettoyage pour s'assurer que le retrait ne se déroulera pas sous le feu des Palestiniens.

D'autres violences pourraient suivre en septembre, avec des Palestiniens alors en possession de Gaza lançant une nouvelle attaque contre Israël. Ces incidents mettront probablement en jeu l'important arsenal de roquettes que le Hamas a constitué entre-temps. Le chef d'état-major israélien Moshé Yaalon annonça ouvertement son sentiment: «Nous devons nous attendre à une éruption de terrorisme dès après le désengagement.»

Ainsi, Ariel Sharon a soigneusement mis en place tous les éléments d'un désastre programmé.

Ironie du sort, la seule chose qui pourrait prévenir cette issue serait une victoire du Hamas à l'élection du Conseil palestinien à la mi-juillet. De plus en plus de voix s'élèvent en Israël pour demander le report ou l'annulation du retrait de Gaza au cas où le Hamas sortirait alors son épingle du jeu, ce qui paraît probable. Par exemple, le ministre israélien des affaires étrangères Silvan Shalom déclara que si le Hamas remportait les élections, il serait «déraisonnable» d'appliquer le plan de désengagement et de permettre au Hamas de créer un «Hamasstan» à Gaza.

Les quatre mois à venir nous réservent donc de nombreux développements possibles. Leur point commun est que, d'ici septembre, le théâtre israélo-arabe sera encore plus affligé qu'actuellement.


Version originale anglaise: Business as Usual in the Palestinian Authority <http://www.danielpipes.org/article/2624>

Adaptation française : Alain Jean-Mairet http://www.ajm.ch/


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