Le prix « unilatéral » du désengagement

Alain Rajchman

mercredi 20 avril 2005

L’effort israélien de désengagement de Gaza manque sérieusement de « donnant-donnant » de la part des palestiniens.


Il faudra bien un jour regretter que la décision « unilatérale » israélienne de rendre Gaza et d’évacuer plus de 8.000 hommes, femmes et enfants de leurs maisons ait conservé un caractère « unilatéral » ;

Il faudra bien un jour regretter que les palestiniens n’aient pas respecté les engagements de la feuille de route qui prévoient l’arrêt des violences et le démantèlement des organisations terroristes.

Il faudrait ne pas regretter de l’avoir fait trop tard !

Ces nouveaux malentendus ne manqueront de provoquer de nouveaux drames au sein même de la population israélienne et entre israéliens et palestiniens.

On aimerait des responsables palestiniens qu’ils mesurent mieux les risques pris par Ariel Sharon pour faire avancer la paix ; on aimerait des palestiniens qu’ils transforment une décision unilatérale et un vaste plan de partage ou le « donnant-donnant » permettrait de mieux répartir les territoires et les populations. Enfin, on aimerait que les seuls ajustements ne se fassent pas - à bon compte - sur le dos des malheureux « colons » sans un minimum d’humanité pour les aider et les soutenir face à l’épreuve qui les attend.

Le prix du désengagement, s’il conserve son caractère « unilatéral », va exacerber les tensions au sein de la population civile, mais aussi au cœur des communautés juives de la diaspora.

En voulant fermer les yeux sur les conditions dans lesquelles s’amorcent le désengagement attendu de Gaza, ne risque-t-on pas d’avoir un jour à regretter de nouvelles illusions ?


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