La « question du nucléaire iranien » s’est retrouvée au cœur des entretiens politiques du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, avec les dirigeants américains

service de Presse de l’ambassade de France en Israël

jeudi 14 avril 2005

« Sharon a demandé au Président Bush de multiplier ses efforts pour stopper le projet nucléaire iranien », titre en manchette le Haaretz, tandis que le Yediot Aharonot affirme que « Sharon a demandé aux Etats-Unis de décréter des sanctions contre l’Iran ».


Le Haaretz rapporte qu’A. Sharon a présenté avant-hier au Président américain les dernières estimations des services de renseignements israéliens sur le programme nucléaire iranien. Selon l’un des membres de la délégation israélienne, « l’Iran est très sensible aux pressions et il est encore possible d’exercer une influence sur lui ».

D’après le Yediot, Sharon a insisté auprès des dirigeants américains pour qu’ils prennent l’initiative de faire voter au Conseil de Sécurité une motion imposant des sanctions contre l’Iran - à cause de son refus d’obtempérer aux appels de la communauté internationale pour mettre fin à son programme nucléaire.

Le problème iranien a été le thème central d’un déjeuner qui s’est tenu avant-hier dans la ferme texane du Président américain, précise le Haaretz. Le général Yoav Galant a soumis à Bush des photographies satellite des sites nucléaires iraniens, montrant leur développement depuis 2002.

Selon les estimations israéliennes, l’Iran profite du gel diplomatique autour de son plan nucléaire pour poursuivre le développement de composants susceptibles de lui permettre de se munir de l’arme nucléaire. Toujours d’après les Israéliens, l’Iran tient la promesse faite à l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, de suspendre l’enrichissement de l’uranium. Israël estime toutefois que cela est dû à des problèmes techniques ; certains composantes manquent encore à l’Iran mais celui-ci est très proche de la production d’uranium enrichi. Parallèlement, les Iraniens poursuivent le développement d’autres composantes, non inclues dans les engagements pris à l’égard des Européens.

A. Sharon a fait savoir que le statu quo actuel représentait un danger et permettait aux Iraniens de progresser vers l’arme atomique. Israël redoute que les Européens se contentent de mesures provisoires et n’exercent aucune pression pour que l’Iran arrête complètement ses activités nucléaires. L’Iran peut discrètement progresser presque jusqu’au stade de l’enrichissement d’uranium puis déclencher une crise internationale, se rétracter de tous les engagements pris envers les Européens et entreprendre la production accélérée de matière fissible pour l’arme nucléaire. Sharon demande aux Etats-Unis de faire pression sur les Européens pour transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité, et que ce dernier puisse prendre des sanctions contre Téhéran. Israël souhaite que les Américains et les Européens arrêtent un calendrier précis de l’arrêt du projet nucléaire iranien et se préparent dès maintenant à affronter la crise qui devrait éclater, de manière à accroître les pressions sur l’Iran.


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