Le retour en force du mot « colon »

Alain Rajchman

mardi 12 avril 2005

Les commentaires sur le plan de désengagement de Gaza donnent lieu au retour en force du mot « colon ».


Alors que nous sommes à la veille d’un déplacement important de population permettant une avancée majeure en direction de la paix, les journalistes en nient la dimension humaine par le recours systématique au terme de « colons ».

Il y a à Gaza plus de 8.500 juifs qui vont devoir quitter la maison qu’ils habitent depuis des décennies. La quitter pour toujours restera pour ces hommes, ces femmes et leurs enfants un déchirement.

Au prétexte que les habitants juifs de Gaza sont qualifiés de « colons », on se refuse à évoquer la moindre dimension humaine de la situation dramatique qu’ils vivent. Après tout, ils ne font que mériter le sort qui les frappe. Pourtant, sans une parcelle de reconnaissance internationale de leur geste, voire de leur sacrifice, les juifs qui doutent de l’intérêt du désengagement de Gaza ne pourront qu’être confortés dans leurs positions.

Aucun des déplacements de populations civiles qui ont été organisés par exemple sous l’égide des Nations Unies ne s’est effectué sans contreparties. Entre l’Inde et le Pakistan ou la Grèce et la Turquie, les mouvements de populations ont été bilatéraux pour unifier des territoires.

Le caractère unilatéral du désengagement de Gaza devrait donc se traduire par un peu plus de compréhension et d’encouragements de la part de la presse notamment française. Par le recours au terme de « colons », elle entretient une blessure au lieu d’aider à la soulager.

Cela manque sérieusement de courage et de vision.


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