Frères ennemis : Hamas et Fatah à couteaux tirés explosent le mythe de la réconciliation

Hélène Keller-Lind

mercredi 11 juillet 2012, par Desinfos

On ne compte plus les annonces d’une réconciliation imminente, signée même, entre les deux principales factions palestiniennes, Fatah et Hamas et la création d’un gouvernement d’union nationale. Après une période pendant laquelle leurs militants se sont entretués. Aujourd’hui l’annonce de la tenue d’élections a fait long feu. A Hébron, des étudiants ont entamé une grève de la faim voici une semaine pour protester contre des arrestations conduites par le Fatah, à Gaza le Hamas suspend la préparation des élections annoncées.


Quand on voit les difficultés qu’ont les deux factions palestiniennes principales, Fatah et Hamas, à mettre en place la moindre réconciliation, le moindre accord, on se demande comment les Palestiniens qui se déchirent entre frères, de toute évidence ennemis, pourraient bien faire la paix avec Israël.

Les mandats de tous les élus ont expiré depuis belle lurette

Après la saga d’une réconciliation mille fois annoncée, mille fois avortée on a maintenant la saga des élections palestiniennes. Prévues plusieurs fois, pour la dernière en 2010, elles n’ont cessé d’être reportées Rien de nouveau donc depuis janvier 2006 et des élections qui ont vu la victoire du Hamas dans la Bande de Gaza Le Fatah avait voulu organiser des élections « locales », c’est-à-dire dans les zones de Judée Samarie qu’il contrôle, le Hamas protestant vigoureusement et réclamant des élections « nationales », c’est-à-dire également dans la Bande de Gaza. Les conseils municipaux et autres organismes officiels continuant donc à fonctionner bien après l’expiration du mandat de leurs élus....

L’agence de presse palestinienne Maan News souligne que « les élections présidentielles, parlementaires et pour le gouvernement local sont toutes très en retard »

Le Hamas reprend ses billes

Or cette fois, on y était. Après la signature d’un accord de réconciliation en mai 2011, on annonçait enfin que des élections allaient avoir lieu, une commission ad hoc était nommée pour mettre à jour les listes d’électeurs, la date des élections était fixée pour le 20 octobre. Puis, patatras, le Hamas annonce qu’il ne joue plus pour cause de « partialité politique et de répression de ses membres en Cisjordanie » par le Fatah, s’entend.

Ce que confirme un porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, le11 juillet, au cours d’un meeting contre les arrestations politiques. « La dernière goutte d’eau ayant fait déborder le vase », déclara-t-il, « ayant été le sit-in d’une dizaine d’étudiants de l’université de Hébron dont plusieurs ont entamé une grève de la faim il y a une semaine. Pour protester contre la détention de membres du Hamas par l’Autorité palestinienne conduite par le Fatah ».

Autre grief : « les inscriptions prévues pour l’élection du Conseil National Palestinien, l’organisme législatif de l’OLP, n’ont pas été organisées ». De plus,le dirigeant du Hamas Mahmud Zahhar a accusé « les membres du Fatah de dominer la commission électorale, ce que le Fatah a démenti avec véhémence ».

Au moins couteaux et kalachnikovs ont été remisés au placard pour l’heure....

Et le Hamas d’en appeler au parrain de l’accord, l’Égypte, pour qu’il vienne à la rescousse. Bref les élections palestiniennes ne sont pas pour demain et les différentes administration continueront à fonctionner sans mandat. Même si progrès il y a eu étant donné que, pour l’heure, les frères ennemis ne se trucident plus comme ils l’ont fait un temps...Comme en 2008, Israël ayant dû transférer des membres du Fatah au Liban pour leur sauver la vie ou en 2007, avec des dizaines de morts. Des années de luttes sanglantes qui semblent avoir cessé aujourd’hui.... Pourtant, au vu de cet état de fait, qui pourra prétendre sans rire que les Palestiniens sont prêts pour un État ?


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