Les élections présidentielles françaises vues d’Outre-Manche

Hélène Keller-Lind

dimanche 29 avril 2012, par Desinfos

Les élections présidentielles françaises intéressent bien entendu du côté britannique de la Manche. Et les médias prennent parti. En voici deux exemples... The Economist. Couverture sans ambiguïté de ce magazine économique libéral britannique : on y voit un François Hollande l’air soucieux, écartant un pan du rideau tricolore et on lit ce titre : The rather dangerous Monsieur Hollande - plutôt dangereux, ce Monsieur Hollande .. -. Ce qui a conduit des socialistes français, Michel Sapin en tête, à taxer le magazine d’être « anti-France » et « anti-socialiste »...The Economist réplique non sans humour que cela n’aurait sans nul doute pas été considéré comme un compliment si ce média avait qualifié ce candidat de « la meilleure chose pour la France ».


Par ailleurs le magazine souligne que si François Hollande était élu, cela irait dans le sens préconisé par le magazine dans un domaine, à savoir combattre le durcissement financier préconisé par l’Allemagne et qui empêchera l’Euro de récupérer...

The Guardian. Dans sa version papier du samedi 28 avril, le quotidien offre deux pages au journaliste Edward Jay Epstein pour un article illustré par une grande photo de DSK, à la veille de la sortie de son livre sur l’affaire Strauss-Kahn à New York « Three days in May, Sex, Surveillance and DSK ». On y lit que l’ancien patron du FMI – nommé à ce poste grâce à Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas précisé – estime avoir été piégé au Sofitel de New York. Peut-être pas par la femme de chambre qui l’accuse de l’avoir contrainte à avoir un rapport sexuel avec lui – il ne conteste d’ailleurs que la contrainte, ne pouvant récuser les preuves matérielles qui existent - mais au moins dans la foulée de cette affaire. Pour qu’il ne puisse être candidat à la présidentielle que, nous dit-on ici, il était en bonne place pour l’emporter.

Les « preuves » avancées n’ont pourtant rien de probant. En effet, cela n’est pas parce qu’un responsable de cet hôtel appartenant à une chaîne française est venu l’accueillir à son arrivée bien que DSK n’ait pas prévenu de l’heure à laquelle il viendrait, dit-il, que cela prouve une quelconque surveillance par le services français. Sa venue était connue et on peut imaginer que l’hôtel ait appelé son secrétariat pour pour voir accueillir comme il se devait cet hôte de marque à qui l’hôtel offrait un surclassement présidentiel Et même si cela avait été le cas et si surveillance il y avait eu pour des raisons de sécurité, par exemple, en quoi cela prouverait-il que sa rencontre sexuelle avec une femme de chambre de l’hôtel ait ensuite été manipulée par ces services pour convaincre les services de police de la ville de New York, puis le procureur Cyrus Vance, puis un juge de faire arrêter le patron du FMI....

Quant à la mise en examen pour « le cas de prostitution » dans l’affaire du Carlton, DSK ne dira pas un mot, l’affaire étant couverte par le secret de l’instruction nous dit le journaliste. Qui, affirmant que DSK se savait sous surveillance mais avait quand même participé à des « soirées sexuelles », note que celui-ci devait se sentir « invincible » et « le Maître du Monde »...

Quoi qu’il en soit, cette première grande interview accordée par Dominique Strauss-Kahn à un média papier depuis l’affaire – il y avait eu l’interview avec Claire Chazal ...- sort à point nommé pour ajouter une voix, celle d’un ex-ténor socialiste, à la campagne anti-Sarkozy actuelle conduite en France...

Campagne allant jusqu’au négationnisme puisque L’Humanité n’a pas hésité à comparer Nicolas Sarkozy à Pétain. Une comparaison qui laisse plus d’un sujet de Sa Gracieuse Majesté pour le moins stupéfait...


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