Élections premier tour.

Michael Bar-Zvi

mardi 24 avril 2012, par Desinfos

Vu d’Israël, le résultat du premier tour appelle, à mon sens, trois remarques qui n’invitent pas à l’optimisme pour les prochaines années.
La première remarque est qu’aujourd’hui en France, plus d’un tiers des électeurs votent pour des partis extrémistes, à gauche ou à droite. Ces millions de voix accordées à des partis farouchement opposés à l’Etat d’Israël représentent un véritable signal d’alarme pour la communauté juive qui comptera probablement de moins en moins d’amis dans les futurs gouvernements et assemblées.


Le second point est le score de Marine Le Pen qui, à moyen terme est la seule gagnante de ce scrutin. En effet, elle dépasse les résultats de son père et obtient le meilleur score électoral du Front National. Il semble qu’elle est en passe, dès sa première participation à une élection, de s’imposer comme une figure politique « légitime » et cela ne peut pas ne pas interpeller la conscience juive en France et en Israël. En cas de défaite de Nicolas Sarkozy, la droite risque d’imploser et elle n’a pas à ce jour de véritable leader. Les luttes intestines au sein de la droite profiteront sans aucun doute à Marine Le Pen, qui a conquis sa place lors de ce scrutin, d’autant qu’elle aura demain toute liberté pour se démarquer un peu plus de son père. Personne n’est dupe la décoration a changé mais pas le fonds de commerce.

La troisième constatation est l’absence totale de la politique internationale dans le débat politique français au cours de la campagne du premier tour. Il est probable que ce sujet arrivera sur le tapis lors des débats en vue du second tour. Il est à fort à craindre que nous soyons là aussi à la veille de mauvaises surprises sur la vision de la classe politique française concernant le Proche-Orient, la montée de l’islamisme radicale et le danger nucléaire iranien.

Avec la prudence nécessaire à de telles réflexions peu de temps après les estimations des sondeurs, on ne peut tirer qu’une seule conclusion : une élection ne résout pas une crise morale, sociale, économique ou identitaire ; elle ne fait que la révéler dans toute son acuité. Le premier tour des présidentielles en est une preuve cinglante et j’éprouvais une grande tristesse devant les cris de joie et d’enthousiasme hystériques dans les salles ou les forums où se retrouvaient les militants des partis.


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