Diabolisation, délégitimation : le maillage. Le cas de « l’International Solidarity Movement »

Par Hélène Keller-Lind

mercredi 21 mars 2012, par Desinfos

Basé à Ramallah « l’International Solidarity Movement » mène ses campagnes en plusieurs langues, utilisant tout l’arsenal des reproches habituels faits à Israël, soutenant la campagne BDS, etc. Il vient de poster sur sa Page Facebook une image explicite accompagnée d’un texte donnant à croire que la « Palestine » serait une femme violée. Après les protestations de NGO Monitor, Observatoire des ONG, l’image de la femme qui hurle a été remplacée par un pot de vaseline, accompagné du même texte. L’ISM donne dans le bon goût, on le voit.


Plus c’est choc, mieux c’est pour l’International Solidarity Movement, ONG palestinienne, basée à Ramallah et vivant de subsides étrangères. Au lieu de s’occuper du sort des femmes palestiniennes que la loi palestinienne autorise, de fait, à tuer pour atteinte, même supposée, à « l’honneur de la famille », l’ISM mène campagne multilangues contre Israël. Avec tous les poncifs connus : apartheid et son « éco-blanchiment » - lire le KKL et son reboisement d’Israël -, colonisation, non respect des droits des prisonniers palestiniens – lire terroristes jugés en toute légalité -, Mur de la Honte – lire barrière de sécurité- etc.. L’ISF avait été l’un des organisateurs de la « Flottille » de sinistre mémoire. Bref, on connaît le répertoire. Et ce « mouvement » avait même caché un terroriste du Jihad Islamique – ceux-là mêmes qui viennent de tirer plus de 200 roquettes et missiles contre les populations civiles du sud d’Israël - dans ses bureaux de Jénine, nous rapporte NGO Monitor.

Mais pour frapper les esprits, il faut faire toujours plus choc. D’où l’idée qu’a eue l’ISM de comparer les Israéliens à des violeurs de la « Palestine ». Ce qui a été illustré sur sa Page Facebook par un visage de femme violée qui hurle et dont la bouche est maintenue ouverte ... Avec un texte soi-disant explicatif. L’Observatoire des ONG, ONG Monitor, a dénoncé cette instrumentalisation éhontée des femmes violées dans un communiqué du 7 mars. L’ISM a donc enlevé cette photo de sa Page Facebook, la remplaçant par un pot de vaseline qui suggère un viol anal... On nage dans le bon goût et les fantasmes nauséeux des auteurs.

Cela n’est pas sans rappeler le vrai faux reportage de Sara Daniel pour le Nouvel Observateur il y a une dizaine d’années. Elle reproduisait, sans les guillemets, un article d’un journal britannique affirmant que des soldats israéliens violaient des Palestiniennes pour que celles-ci soient ensuite tuées par leur famille (sic )....Devenue rédactrice-en-chef adjointe du magazine, à l’occasion de la sortie de son livre d’une décennie de reportages, elle se demandait il y a quelques jours si « les agressions israéliennes » allaient cesser. Elle faisait référence, sans doute, aux frappes ciblées défensives et préventives d’Israël confronté à une pluie de roquettes et missiles venant de la Bande de Gaza.

Pour l’ISF, il s’agissait ici de dénoncer les habitants de Migron, avant-poste israélien, établi en 1999, certes jugé illégal et dont le démantèlement vient d’être ordonné par la Cour Suprême israélienne, sur plainte de La Paix Maintenant. Ce dont s’est félicité le Premier ministre israélien. On note, toutefois, que les quelque 250 habitants de Migron ont tenté de faire valoir que cette implantation a été établie sur des terres communales sous juridiction israélienne et n’appartenant pas à des Palestiniens. Les infrastructures ayant été construites par divers gouvernements précédents car elle joue un rôle stratégique.
L’implantation de Migron et la condamnation par la France de l’accord conclu

On apprend, par ailleurs, que le 16 mars, « la France condamne l’accord conclu entre le gouvernement israélien et les colons de l’avant-poste de Migron, en Cisjordanie, en vue de reloger ces derniers dans une colonie voisine. Cet accord, qui prétend « légaliser » un fait accompli illégal, constitue un précédent inacceptable.
Alors qu’Israël s’était engagé, au titre de la Feuille de route, à démanteler tous les avant-postes, cette décision envoie un signal négatif, en contradiction avec la volonté affichée d’Israël de parvenir à la solution des deux Etats. Elle ne peut que compliquer encore la reprise du processus politique, alors même que tout devrait être fait pour restaurer la confiance ».
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pa...

Deux poids deux mesures...

Pourtant, selon le Pr.David Ruzié, un juriste, les habitants de Judée Samarie vivent dans des « territoires disputés ». Qui ne sont donc pas des « colonies ». On ne peut, dès lors qualifier ces habitants de « colons » comme le fait le Quai d’Orsay. D’autant que l’on connaît la connotation très négative qu’a cette qualification ici. De plus le premier article de la Feuille de Route, invoquée ici, prévoit que dans la « phase I, les Palestiniens entreprennent immédiatement de mettre fin de façon inconditionnelle a la violence conformément aux mesures indiquées ci-dessous ; une telle action doit s’accompagner de mesures de soutien prises par Israel. Les Palestiniens et les Israéliens reprennent leur coopération en matière de sécurité en se fondant sur le plan de travail Tenet afin de mettre fin a la violence, au terrorisme et a l’incitation a de tels actes en restructurant les services de sécurité palestiniens et en les rendant efficaces. Les Palestiniens entreprennent des reformes politiques générales en prévision de la création d’un État, notamment en élaborant une Constitution palestinienne et en organisant des élections libres et honnêtes sur la base de ces mesures . » Or, l’Autorité palestinienne continue à inciter à la haine et la violence quotidiennement, notamment dans ses médias. L’Autorité palestinienne n’a pas tenu d’élections depuis des mois, les repoussant périodiquement et le mandat de Mahmoud Abbas a expiré depuis janvier 2007. Par ailleurs, ce sont des services de sécurité israéliens qui ont localisé et arrêté les assassins de la famille Fogel...etc.

Comparer cette condamnation sans appel d’Israël pat le Quai d’Orsay à celle publiée par le ministère à propos du pilonnage palestinien auquel un million de civils israéliens entre le 9 et le 13 mars ont été soumis, et alors que des terroristes gazaouis continuent à lancer des missiles et roquettes sur le sud d’Israël de manière sporadique, interpelle. On lit, en effet : « Regain de tensions (13 février 2012). La France condamne les tirs de roquettes de la bande de Gaza visant, ces derniers jours, les population du sud d’Israël, et appelle au respect de la trêve.
Elle condamne aussi les conséquences des bombardements israéliens de samedi qui ont causé la mort d’une personne. Elle appelle les parties à la retenue afin d’éviter tout risque d’escalade ». Les terroristes – qui ne sont pas qualifiés ainsi – et l’armée israélienne qui défend des populations israéliennes sont renvoyés dos à dos.

Quoi qu’il en soit, pour un grand nombre, et puisque c’est ainsi que fonctionne la publicité, le symbole de cette affaire restera ces images choc de viols particulièrement brutaux....

http://www.ngo-monitor.org/data/ima...


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