Oussama Ben Laden : Aujourd’hui, il existe un conflit entre l’hérésie du monde, derrière les Etats-Unis, d’un côté, et la nation islamique - avec ses brigades de moudjahidine en avant poste - de l’autre.

jeudi 6 janvier 2005

Dans une cassette audio diffusée le 16 décembre 2004, Ben Laden critique les dirigeants arabes en général et la famille royale saoudienne en particulier, affirmant qu’ils ne devraient plus être considérés comme des musulmans et appelant à leur destitution.


Des passages de ce discours, d’une durée de près d’une heure quinze, ont été diffusés sur Al-Jazira . Extraits : (1)
« Le régime saoudien, qui a négligé ses devoirs, est responsable du conflit »

"Aux musulmans d’Arabie Saoudite en particulier, et aux musulmans des autres pays en général :

Ce message porte sur les dissensions et le conflit qui opposent les dirigeants de Riyad à la population de ce pays, et les moyens de les résoudre. On a beaucoup parlé en Arabie Saoudite de la nécessité d’obtenir la sécurité et la sûreté, de l’inviolabilité du sang musulman et de celui des personnes ayant eu droit à un passage sûr, de l’importance de relations harmonieuses et de la cohésion sociale ainsi que du danger de la division et du conflit. On a prétendu que les moudjahidine étaient responsables de ce qu’a traversé l’Arabie Saoudite. L’évidente vérité est toutefois que le régime est [seul] responsable, car il n’a pas fait ce qu’il fallait pour assurer la sécurité, la vie, l’établissement de relations harmonieuses et la cohésion sociale.

Il a en effet désobéi à Allah en commettant de graves péchés qui exposent le pays aux avertissements et au châtiment d’Allah. Allah nous a relaté l’histoire des désobéissants et leur châtiment afin que nous en tenions compte. Allah dit : ’Allah a fait un exemple d’une ville sûre et tranquille. Elle était largement approvisionnée en nourriture. Mais elle se montra ingrate envers les bienfaits d’Allah, de sorte qu’Allah l’accabla de la faim et de la peur, à cause de ses actions [le Coran 16 : 112]’. Et Allah dit : ’Ceux qui ont agi en tyrans sur la terre et y ont propagé la corruption, Dieu leur infligea le fouet des châtiments. Car votre Dieu vous observe toujours’ [Le Coran 89 : 11-14].

De même, tous ceux qui assistent le régime et l’adulent, ainsi que ceux qui s’abstiennent de dénoncer le mal, sont aussi responsables (…) Les actes de désobéissance [à Allah] commis par le régime sont d’une extrême gravité. Leur gravité dépasse celle des délits graves et des péchés mortels, à tel point que leurs auteurs ne sont plus musulmans. C’est pire que d’agir avec iniquité à l’encontre du peuple et de le priver de ses droits, de l’humilier, d’insulter son intelligence et ses sentiments, de détourner les fonds de la Oumma [la nation islamique]. Chaque jour, des millions de personnes souffrent d’indigence et de privation, tandis que des millions de riyals affluent sur les comptes des chefs de la famille [royale d’Arabie saoudite] qui détient le pouvoir. En outre, les services sont réduits ; ils usurpent les terres, s’imposent comme ’partenaires’ dans les affaires sans apporter de dédommagement, etc. Le régime a dépassé toutes les limites et commis des actions qui le soustraient naturellement à l’islam.

[Le régime] s’est allié à l’Amérique infidèle, la soutenant dans sa guerre contre les musulmans, et est devenu l’homologue d’Allah en établissant des lois qui autorisent ce qui est permis tout comme ce qui est interdit, prenant la place d’Allah (…)

Ce que je viens de mentionner est l’une des principales causes de désaccord entre les musulmans et les dirigeants du pays. La solution est simple et connue dans la religion d’Allah, à condition que le dirigeant souhaite honnêtement la réforme, si déjà il prétend la souhaiter. Allah sait que de notre côté, nous aspirons à la réforme et oeuvrons de toutes nos forces pour y arriver. Nous n’avons quitté notre pays que par amour de la réforme, car nous ne manquions d’aucun bien matériel, Allah soit loué et remercié (…)

La prospérité de la nation [islamique] viendra de la même façon qu’à ses débuts. La Péninsule arabique [avant l’islam] fut [balayée] de vagues fracassantes d’agressions et de meurtres et inondée par le paganisme barbare. Mais une fois qu’Allah eut envoyé le prophète Mahomet et révélé le Coran, une fois que la population l’eut rejoint en adoptant l’islam, alors sa condition s’améliora et elle prospéra, et Allah la rendit puissante après qu’elle eut été piétinée.

La solution au conflit qui oppose le dirigeant à ses sujets est la politique [proposée] par le premier calife [Abou Bakr] au second calife [Oumar], puisse la grâce d’Allah reposer sur tous deux, c’est-à-dire : ’Soyez droits, et vos sujets se comporteront correctement’. Tels sont les paroles des califes guidés dans la droiture (…) Si un dirigeant observe la loi d’Allah, ses sujets se comporteront correctement et auront le devoir, sur l’ordre d’Allah, de l’écouter et de lui obéir. Si toutefois le dirigeant devient un apostat et délaisse la loi d’Allah, il incombe aux sujets, sur l’ordre d’Allah, de se rebeller. L’obéissance n’est pas [un devoir] absolu, mais dépend de l’intégrité du dirigeant (…)

Ainsi, si nous voulons véritablement trouver une solution - en théorie et en pratique - au conflit [qui oppose le dirigeant à ses sujets], nous devons en comprendre les racines et la dimension. En effet, ce conflit est en partie local, mais d’une certaine façon, c’est aussi un conflit entre l’hérésie du monde - et ses actuels apostats - sous la tutelle des Etats-Unis d’un côté, et la nation islamique - avec ses brigades de moudjahidine en avant poste - de l’autre. Ce [régime] opprimant dans la région, qui réprime actuellement tout mouvement de réforme et impose aux peuples des politiques qui contredisent aussi bien leur religion que leurs intérêts matériels, est composé de la famille qui a aidé les croisés contre les musulmans il y a un siècle. Ce régime œuvre pour l’Amérique et ses alliés, ce qui constitue une continuation des guerres de croisade d’autrefois contre le monde islamique."

« Les croisés et leurs agents ont modifié nos programmes scolaires afin d’assécher la source de l’éveil islamique »

"En observant la politique intérieure de notre pays, nous comprenons clairement l’étendue du contrôle exercé par les sionistes croisés. Quant à l’ingérence américaine dans nos affaires intérieures, elle est un sujet intarissable. Il est impossible de nommer le roi ou le vice-roi sans l’assentiment de l’Amérique. Cette situation provient d’accords conclus entre d’anciens rois et le gouvernement américain. La situation grotesque dans laquelle se trouve le gouvernement actuel en Arabie Saoudite est [maintenue] avec l’assentiment de l’Amérique, afin d’empêcher la détérioration de la situation actuelle et l’aggravation du désaccord entre les princes, surtout en ces temps difficiles. L’histoire n’a jamais rien connu de semblable à la condition dominante du gouvernement d’Arabie Saoudite. Il se pourrait qu’à la mort du dirigeant, quelqu’un gouverne le peuple en son nom, comme dans le cas de Shajarat Al-Durr. (2)Toutefois, le pays entier gouverné au nom d’un roi qui depuis dix ans déjà n’a aucune idée de ce qui se passe autour de lui - voilà qui est inédit.

Selon la loi islamique, il a perdu son autorité, non seulement parce qu’il a commis des actions qui le soustraient à l’islam, mais aussi à cause de sa faiblesse d’esprit et de la perte de ses facultés mentales lui permettant d’accomplir les plus petites tâches, sans même parler de la gestion du pays et de sa population. Ses frères ne devraient pas le charger de ce dont il est incapable. Ils insistent pour qu’il demeure sur le trône pour la simple raison qu’ils refusent de voir son frère Abdallah devenir roi, vu que ce dernier exercerait le pouvoir sans eux. Quant à ce dernier, il ne peut les contourner, vu qu’ils contrôlent les affaires, notamment les ministères de la Défense et de l’Intérieur, ainsi que les services de renseignements. Plus important encore : ils contrôlent la chancellerie royale, ce qui leur permettrait d’émettre un décret royal au nom du dirigeant symbolique afin de l’écarter [Abdallah] et de nommer quelqu’un d’autre que lui. Cette violente controverse au sein de la famille royale, ajoutée à l’oppression que celle-ci exerce sur le peuple, permettent à l’Amérique de pousser plus loin le chantage des princes rivaux pour qu’ils accèdent à ses exigences, et en particulier du prince Abdallah, car Abdallah sait bien que s’il n’obéit pas aux ordres de l’Amérique, il sera écarté - dans le meilleur des cas - par ses frères, à l’instar de leur frère le roi Saoud. Il sait aussi que ses concurrents ont de l’expérience en la matière, et qu’ils sont prêts à faire pire que de l’écarter, si nécessaire.

Quiconque veut un exemple récent de la capacité des Etats-Unis à déposer quelqu’un devrait considérer le cas du prince Hassan Ibn Talal de Jordanie. Après qu’il eut été vice-roi pendant quelques dizaines d’années, son frère Hussein est revenu des Etats-Unis, quelques jours avant sa mort, décidé à destituer son frère, ce qu’il a fait. Il [Hassan] a accepté, devenant une simple note de bas de page politique. C’est ce [même destin] que le prince Abdallah redoute, si jamais il venait à désobéir à son protecteur - l’Amérique. Ainsi, ce n’est pas un secret que ceux qui prennent des décisions importantes se trouvent en Amérique.

La preuve de l’étendue du contrôle des croisés sur notre pays est que leurs agents exécutent les changements imposés par ceux qui les ont nommés - jusque dans notre programme scolaire - avec l’intention de défigurer l’identité de la nation islamique et d’occidentaliser ses enfants. C’est là un vieux projet, qui a vu le jour il y a des années, face au programme d’Al-Azhar en Egypte.

L’Amérique a aussi demandé à l’autre agent - les Etats [arabes] - de changer leurs programmes scolaires afin d’assécher ce que [l’Amérique] appelle : ’les sources du réveil [islamique]’.

L’Amérique a demandé au Yémen de fermer ses éminents instituts [islamiques] il y a plus de vingt ans. En outre, l’Amérique a exigé des dirigeants de Riyad qu’ils modifient leurs programmes religieux, ce qui a été fait conformément aux vœux américains. Tout cela est arrivé plus de quinze ans avant les attaques contre New York et Washington (…) L’intervention des croisés pour modifier les programmes est de loin la plus dangereuse ingérence dans nos affaires, parce qu’elle implique, en un mot, une modification de la religion, alors que la religion est une et indivisible (…)

Il est clair que le résultat du changement des programmes religieux nuit aussi bien à la religion qu’aux intérêts matériels. Vous savez déjà que le tort causé à la religion constitue une criante apostasie ; pour ce qui est des intérêts matériels, [le changement de programme] donnera naissance à des esclaves instruits dans notre pays, loyaux envers l’Amérique, qui iront vendre les intérêts du pays et souriront aux Américains pendant que ces derniers conquerront la terre et souilleront l’honneur [des musulmans], prétextant la liberté, l’égalité et les lois des Nations unies. Ce n’est là qu’un exemple d’ingérence américaine dans notre politique intérieure."

« Le conflit oppose deux voies : la voie divine, parfaite et la voie laïque, vulgaire »

"En ce qui concerne la politique étrangère, les familles au pouvoir s’inclinent devant l’Amérique et jouent leur rôle dans ses traîtrises. [Feu] le roi Hussein a suivi ce sentier de traîtrise institué par son grand-père Abdallah, fils de Sharif Hussein, ainsi que par son père, contre la Palestine. Et son fils [au roi Hussein], Abdallah II, emprunte la même voie. Mohammed VI du Maroc suit la même ligne traître que son père et son grand-père avant lui ; ils on continué les complots des croisés. L’étendue de ce soutien est telle qu’il n’est pas possible de le décrire entièrement ; c’est pourquoi je me contenterai de n’en mentionner que les cas les plus importants : le gouvernement de Riyad a formé une alliance mondiale avec l’hérésie des croisés sous la direction de Bush, contre l’islam et son peuple, comme en Afghanistan ou comme en Irak, où ils n’ont pas encore fini de mettre en œuvre leurs complots. Ils ont ouvert leurs bases aux forces américaines afin d’envahir l’Irak, ce qui a facilité l’invasion américaine de l’Irak (…) Et maintenant, ils ouvrent un nouveau chapitre de la série des complots avec l’Amérique, qu’ils appellent ’dépêchement des forces arabes et musulmanes pour préserver la paix en Irak’ (…) Avec cette initiative, ils s’efforcent de légitimer l’occupation américaine (…)

Ce qui rend les choses encore plus tragiques pour le peuple est qu’il a cru qu’avec le prince Abdallah Ibn Abd El-Aziz à la tête du pays, il serait sauvé du bourbier de la désobéissance religieuse, de la corruption au sein de l’Administration, de la finance, des médias etc., ainsi que de l’asservissement à l’Amérique. Mais alors que le peuple attendait qu’il fasse le bien, il lui a montré son mauvais côté (…) S’il est vrai que Saddam est un voleur et un apostat, la solution n’était pas de transférer l’Irak [des mains] du voleur indigène au voleur étranger. En aidant les infidèles à usurper la terre des musulmans et à les contrôler, on se soustrait à l’islam. (…) Le prince Talal Ibn Abd El-Aziz a révélé ouvertement que son père recevait de l’argent des Anglais (…)

Ici, les personnes douées d’intelligences doivent cesser de réfléchir au comportement de ces dirigeants, car la faute est immense et les musulmans ne peuvent pas accepter ces personnes comme dirigeants.

Ces êtres intelligents qui aspirent à la réforme et espèrent l’accomplir par eux [les dirigeants], devraient se demander : Comment peuvent-ils appliquer des réformes s’ils pataugent dans une mer tourmentée de traits de caractère répréhensibles ? Ils ne le peuvent pas, car ils sont condamnés à se noyer, et aucun être doué d’intelligence ne peut accepter d’avoir pour partenaire d’action des gens pareils (…)

Il y a vingt ans, j’ai donné quelques bons conseils [de réforme] au gouvernement, mais rien n’a changé. Puis, voilà quinze ans, j’ai directement conseillé le vice-ministre de l’Intérieur, lui parlant des graves péchés dont l’Etat devrait se départir et du danger qu’il y avait à persister dans cette voie, mais en vain (…) Au sujet de ce que je leur ai dit de leurs péchés, ils savent bien que la religion d’Allah interdit de telles choses, mais ils ne veulent pas les dénoncer pour une raison toute simple : elles ne sont pas interdites par la religion de la loi royale (…)

Quiconque reçoit d’Allah le don de clairvoyance, et réfléchit aux actes du régime, comprend clairement que cela est vrai aussi bien des affaires intérieures qu’extérieures : les gens obéissent aux ordres du roi avant d’obéir aux ordres d’Allah, de sorte que ce qui est permis par le roi est permis tout court et que ce qui est interdit par le droit est interdit tout court. Ils estiment que le roi est en droit de permettre quelque chose une année et de l’interdire l’année suivante. Par exemple, chacun sait que l’usure est strictement défendue, car Allah a dit : ’Allah a permis le commerce mais a rendu l’usure illégale. [le Coran 2 : 275]’ Le régime a toutefois publié des décrets et des lois visant à légaliser [l’usure], l’encouragent, sanctionnant quiconque s’y oppose ou évite de payer ce qu’ils appellent à tort ’profit’. Et pourtant, chacun sait que l’usure est un péché grave qui exclut ceux qui s’y adonnent de l’islam.

Le deuxième exemple est le fait de s’allier aux infidèles. Le régime jordanien est un régime infidèle païen. Les dirigeants de Riyad se sont néanmoins alliés au roi Hussein ; si un prédicateur ou écrivain [saoudien] le dépeint [Hussein] comme un agent des Juifs, il est puni par le régime de Riyad, par des lois promulguées à cette fin. Toutefois, quand le roi Hussein a formé une alliance avec Saddam, lors de l’invasion du Koweït par ce dernier, le roi Fahd s’est lavé les mains de son ancien allié, et les journaux de Riyad se sont remplis de documents et de photos prouvant qu’Hussein Ibn Talal était un agent des Juifs - ce qu’il était en effet. Parallèlement, les journaux jordaniens se sont remplis de documents et de photos prouvant que les dirigeants de Riyad étaient des agents des Anglais et donc de l’Amérique, ce qui est vrai : c’est exactement ce qu’ils étaient.

Ainsi, malgré notre grande malchance due aux dirigeants de la région, qui sont des agents [des pouvoirs étrangers], nous souffrons d’une malchance supérieure due à certains guides du monde musulmans, qui tiennent à définir ces tyrans comme des dirigeants légitimes. Certains croient donc qu’ils seront leur canot de sauvetage, alors qu’ils sont en fait le bateau qui coule (…) Les honnêtes gens au sein de ces associations [islamiques] devraient débarrasser les activités islamiques de ces tyrans (…) Abd El-Nasser, Sadate, Kadhafi et Saddam entrent aussi dans cette catégorie. Abd El-Nasser était en conflit avec lui [le régime saoudien] ; on donc déclaré, de la sainte mosquée de la Mecque, que c’était un infidèle, et c’est en effet ce qu’il était. Toutefois, quand il a fait la paix avec eux, il est redevenu musulman, et ils lui ont permis de pénétrer dans la Kaaba sacrée. Et Sadate : quand il a signé l’initiative de capitulation avec les Juifs, les dirigeants de Riyad, de concert avec les autres pays arabes, l’ont accusé de trahison et d’être un agent étranger, ce qu’il était en effet : leurs journaux le maudissaient et l’injuriaient avec véhémence. Puis, quand le prince Abdallah a agi comme un traître, comme un agent étranger lors de l’initiative de Beyrouth, les hypocrites l’ont loué et soutenu. Les faux oulémas et les écrivains mercenaires se tournent du côté vers lequel leurs dirigeants se tournent et tombent avec lui quand il tombe pour l’argent, tout en continuant de prétendre détenir la connaissance, la sagesse et la droiture religieuses.

De tout cela, il ressort que le dirigeant croit en une autre religion, mais qu’il traite avec la religion de l’islam et se sert d’elle pour tromper le peuple (…) Le conflit oppose deux voies, deux croyances dans un combat profond ; c’est un conflit entre la voie divine, parfaite, qui soumet le pouvoir absolu à Allah dans tous les domaines (…) et la voie laïque, vulgaire (…)

Une fois que cela est devenu clair, la solution pour améliorer la situation est, comme l’énonce clairement la loi [islamique], de détrôner le dirigeant. S’il résiste et refuse de partir, il est obligatoire d’entreprendre un soulèvement armé contre lui. Tel est le dictat de la loi [islamique], qui protège aussi bien la religion que les intérêts matériels des personnes (…) Comment une personne douée d’intelligence qui contemple le dirigeant apostat et ses troupes armées jusqu’aux dents peut-elle affirmer qu’il [le dirigeant] désire la réforme et une solution pacifique ? (…) Et nous ne parlons pas ici d’un dirigeant coupable de dépravation et de débauche, mais bien d’apostats servant d’agents aux infidèles. Tout comme il n’y a aucune différence entre Bremer, ancien dirigeant américain à Bagdad, et Allaoui, actuel dirigeant, tous deux disposés à appliquer la politique américaine en Irak, il n’y a pas non plus de différence entre Bremer et les autres dirigeants de la région, tous disposés à appliquer la politique américaine (…) La doctrine qui ordonne de se rebeller contre un dirigeant apostat n’est pas une doctrine que j’ai inventée, mais le fait d’un consensus de tous les grands érudits religieux. C’est ce que nous dicte la loi religieuse dans une situation comme la nôtre. C’est pourquoi il est obligatoire pour tous les musulmans d’œuvrer pour la réforme, en n’oubliant pas la dimension du conflit et le fait que ces régimes ne sont rien de plus que des acteurs du système de l’hérésie mondiale.

La réforme doit être mise en œuvre conformément à la loi d’Allah. Sinon, elle constitue un manquement à la loi d’Allah, une perte de temps et d’efforts (…)

Ces [oulémas] qui ne veulent pas que le peuple de la terre entreprenne un dialogue armé avec les gouvernements pour récupérer leurs droits - ces oulémas trompent grossièrement leur monde (…) Leur approche est extrêmement dangereuse pour deux raisons : d’abord (…) parce qu’ils permettent à leurs idées capricieuses de rivaliser avec la loi d’Allah, ce qui constitue bien sûr un grave péché (…) ; deuxièmement, parce qu’ils éloignent autrui de la voie d’Allah en trompant les gens au sujet de la religion, les empêchant de retrouver [l’exercice de] leurs droits de la façon prescrite par Allah. Cela pousse les hypocrites et les ignorants à envisager d’adopter la voie de l’Alliance nord [en Afghanistan] et d’autres comme eux, tel Allaoui et ses partisans. Tout cela est absolument défendu."

« Ô Allah, retourne-toi contre la coalition américano-sioniste, ses alliés et ses agents : détruis-les et brise-les ! »

"Avant de finir, permettez-moi de répondre à certaines des accusations du régime (…) Ils ont accusé les moudjahidine de suivre la secte kharijite (3), sachant bien qu’ils n’ont absolument rien à voir avec cette école [de pensée]. Nos messages, tout comme notre comportement, le prouvent bien (…) Nous ne qualifions pas collectivement les [musulmans] d’infidèles et ne considérons pas comme permis le meurtre de musulmans. Si certains musulmans sont tués au cours d’opérations de moudjahidine, nous prions pour qu’Allah les prenne en pitié. C’est un cas d’élimination accidentelle, et nous demandons Allah de nous le pardonner, car nous en sommes responsables (…)

Mais je dis au dirigeant de Riyad : Si tu le souhaites, je vais te parler du meurtre de musulmans (…) et je vais te parler de celui qui a déclaré que les musulmans dans leur ensemble étaient des impies et qu’il était permis de les tuer : c’est ton père, Abd El-Aziz, qui est parti en guerre et qui a aidé les Anglais contre l’Etat ottoman (…) Vous-mêmes vous êtes rebellés au moyen des armes contre ton frère le roi Saoud (…) et vos oulémas ne vous ont pas appelés, toi et ton père, des Kharijites. [Ben Laden se met alors à injurier les Saoudiens pour le massacre d’autres musulmans autorisé par le roi Abd El-Aziz Aal Saoud i Taïf, qui s’est battu contre les partisans de Sharif Hussein à la Mecque en 1924 et les a vaincus] (…)

Y a-t-il des musulmans qui ignorent le fait qu’il est défendu de venir en aide aux infidèles contre des musulmans ou de légaliser la prise d’intérêts ? Chacun connaît évidemment ces [injonctions] religieuses, de même que chacun sait que le vin et la promiscuité sont défendus.

Vous autorisez ce qu’Allah a défendu et vous défendez ce qu’Allah a permis, et vous émettez des certificats d’absolution à qui bon vous semble, et vous accusez les jeunes gens [qui se rebellent contre vous] d’être dans l’erreur et d’être un gang corrompu. Mais qui est dans l’erreur ? Ceux qui suivent le Prophète, qui avait ordonné de bannir les Juifs et les chrétiens de la Péninsule arabique, ou ceux qui se moquent des traditions du Prophète ? (…) Est-ce nous qui sommes dans l’erreur, ou bien ceux qui ont trahi la nation [islamique] en abandonnant la Péninsule [arabique] de Mahomet aux Juifs et aux chrétiens, leur permettant de la contrôler et d’y installer des bases militaires ? Cela s’ajoute à la trahison de l’Irak, [quand on sait qu’il est] même interdit de trahir un infidèle (…)

Qui donc est dans l’erreur ? Qui est un gang corrompu ? Ceux qui défendent les musulmans, leur honneur et leurs propriété en Irak, en Palestine, en Afghanistan, au Cachemire et en en Tchétchénie ou ceux qui ont rejoint l’alliance mondiale de l’hérésie contre les musulmans, non contents d’avoir pillé les biens publics de la nation [musulmane] ? (…) [Ben Laden se met alors à reprocher au gouvernement saoudien d’avoir gaspillé de l’argent dans des achats d’armes au lieu de le dépenser pour venir en aide aux chômeurs, d’avoir saisi des biens privés et dépensé les fonds publics pour faire construire des palais gigantesques. Il reproche en outre au roi Fahd [prince héritier] d’avoir violé la sainteté de la Kaaba à la Mecque en réprimant violemment une révolte wahhabite fondamentaliste en novembre 1979].

Qui est dans l’erreur ? Qui est un gang corrompu ? Sont-ce les moudjahidine, ou ceux qui ont coopéré avec l’Amérique en assassinant plus d’un million d’enfants en quelques années, avec leur embargo malfaisant sur l’Irak, dans ce qui a représenté le plus grand massacre d’enfants de toute l’humanité ?

Il est vraiment incroyable, absurde, que le régime [saoudien] accuse la jeunesse [islamiste] des péchés dont lui-même est coupable, comme quand il prétend que les sionistes se trouvent derrière les moudjahidine. Mais les musulmans, comme les infidèles partout dans le monde, savent que les jeunes du djihad sont les pires ennemis du sionisme ; malgré cela, le régime nous accuse de ses propres [péchés] (…) N’est-ce pas toi [au prince héritier Abdallah] l’auteur de l’initiative de Beyrouth, par laquelle tu as accordé la reconnaissance de la conquête de la Palestine aux sionistes ? (4) Comment as-tu pu perdre l’esprit et l’honneur, toi, commandant de la Garde nationale, au point de lancer des accusations aussi fausses et basses contre les moudjahidine ? (…)

Je demande à tous les musulmans de maudire les sionistes et leurs agents, et je te demande [au prince héritier Abdallah], si tu es sincère, de prononcer, avec ceux qui t’obéissent, la supplication suivante, dans les mosquées de la Mecque et Médine, ainsi que dans les autres mosquées [d’Arabie Saoudite] : ’Ô Allah, tourne-Toi contre la coalition américano-sioniste, ses alliés et ses agents ! Ô Allah, détruis-les et brise-les ! Ecarte-les du pouvoir, disperse-les et éparpille-les ! Fais de leurs femmes des veuves et monte-les les uns contre les autres ! Cherche leurs points faibles, exactement comme ils cherchent les points faibles des moudjahidine ! Humilie-les devant toute l’humanité ! Débarrasse-nous en comme bon Te semble !’ (…)

Nous demandons à Allah d’accorder Sa grâce aux moudjahidine pour l’assaut du consulat américain de Djedda. Comment peuvent-ils [les Américains] espérer la sécurité quand ils sèment la mort et la destruction sur notre peuple en Palestine et en Irak ? Ils ne méritent pas de se sentir en sécurité en quelque endroit que ce soit du monde. Quant à leur présence en Arabie Saoudite - où plutôt sur toute la Péninsule arabique - elle est interdite pas la loi islamique (…) Et je dis à nos frères et à notre peuple (…) : Continuez sur votre chemin, et ne redoutez pas les difficultés. Ne lésinez pas à purifier et nettoyer les Péninsule arabique des polythéistes, des hérétiques et des apostats.

A vous, moudjahidine : l’occasion unique et dorée s’est maintenant présentée de faire saigner l’Amérique en Irak, aussi bien au niveau économique qu’au niveau moral. Ne manquez pas cette occasion, car vous le regretteriez. L’une des principales raisons de l’hégémonie de nos ennemis sur notre pays est le vol de pétrole. C’est pourquoi vous devriez tout mettre en oeuvre pour faire cesser le plus grand pillage des ressources naturelles des générations d’aujourd’hui et de demain que l’histoire ait connu, pillage mené avec la collaboration d’agents du pays. Dirigez vos opérations contre elle [la production de pétrole], plus particulièrement en Irak et dans la région du Golfe, car [l’absence de pétrole] les conduira à s’éteindre [’eux-mêmes].

En conclusion, j’adresse un message aux dirigeants de Riyad et un autre à ceux qui exercent leur influence. Je leur dis [aux premiers] : le pouvoir naît d’un contrat entre le souverain et ses sujets ; tous deux ont des droits et des devoirs qui découlent de ce contrat. Certains événements peuvent toutefois l’abolir, par exemple quand le souverain trahit sa religion et sa nation ; or c’est ce que vous avez fait.

Vous n’ignorez pas que le peuple [saoudien] est sorti de son apathie (…) et que les musulmans en Arabie Saoudite insistent à présent pour recouvrer leurs droits usurpés, à n’importe quel prix. Vous avez donc le choix entre plusieurs solutions. La première est (…) de laisser le peuple choisir un dirigeant musulman qui les dirige conformément au Livre d’Allah et à la tradition de Son Prophète. La deuxième est de refuser [l’exercice] de ses droits au peuple (…) et de recruter des gens, à l’aide des fonds publiques de la nation [islamique], pour les frapper, tuer leurs propres frères et cousins qui refusent votre autorité. Vous devriez toutefois savoir (…) que quand la population se soulève pour ses droits, les services de sécurité ne peuvent pas l’arrêter. Vous devriez garder en mémoire le sort du Shah d’Iran, et vous souvenir que la réputation, le pouvoir et l’expérience des services de sécurité n’ont rien pu pour lui. Il en a été de même avec Ceausescu en Roumanie (…)

Vous savez que nous, au sein de l’organisation Al-Qaïda, ne vous combattons pas au nom d’affaires matérielles ; ce qui nous outrage, ce sont vos actes, qui vous soustraient à l’islam, notamment l’exercice du pouvoir conformément à des lois autres que celles révélées par Allah, et les alliances que vous avez formées avec des infidèles.

Je m’adresse maintenant aux personnes influentes parmi les oulémas honnêtes, les guides, les dignitaires, les notables et les hommes d’affaires. Voici mon message : agissez avant qu’il soit trop tard. (…) Faites tout votre possible pour désamorcer la crise, car vous savez que les moudjahidine en Arabie Saoudite n’ont pas encore lancé de guerre contre le régime - car s’ils l’avaient déclenchée, la priorité aurait été de se débarrasser des dirigeants locaux de l’hérésie - les dirigeants de Riyad. Les événements actuels n’en sont pas moins une extension de la guerre contre les croisés de la coalition américaine, qui nous combat où que nous nous trouvions, y compris en Arabie Saoudite. Nous nous efforçons de les expulser de là-bas [d’Arabie Saoudite], à la grâce d’Allah. Vous qui avez de l’influence, craignez Allah, pour vous et pour votre nation. Que ceux d’entre eux qui le peuvent émigrent du pays, se libérant ainsi des chaînes imaginaires et de la pression psychologique exercée par le régime (…)"

(1) http://thisway.to/jabha
(2) Shajarat Al-Durr était une sultane ayyoubide ayant gouverné l’Egypte pour une période de 80 jours suite à la mort de son mari, en 1250.
(3) Les Kharijites sont une secte islamique réputée pour son extrémisme et son sectarisme imprégné de violence.
(4) Référence à l’initiative de paix saoudienne de 2002

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