L’Autorité Palestinienne vue par le biais de l’incitation

Par Itamar Marcus & Barbara Crook - Tribune Jerusalem Post - traduction Hélène Keller-Lind

lundi 27 décembre 2004

Alors qu’il lui avait été demandé de sévir le Premier ministre, Ariel Sharon remarquait récemment que l’incitation palestinienne contre Israël avait diminué. La question de l’incitation à la haine a suscité un intérêt significatif et un certain optimisme dans le monde. Malheureusement la satisfaction d’Ariel Sharon et l’optimisme qu’elle a suscité démontrent une incompréhension fondamentale de la société palestinienne.


Si l’incitation dans les médias n’était perceptible que dans l’utilisation tactique d’un langage de haine par les dirigeants de l’Autorité Palestinienne [ AP] pour provoquer une conduite violente contre Israël, alors une baisse, même limitée, serait vraiment significative. Mais si les messages de haine de ces dix dernières années reflètent des certitudes très répandues et bien ancrées au sein de la direction de l’AP et de la société palestinienne, alors, les enlever des écrans de télévision, cela revient à utiliser de l’aspirine pour lutter contre un cancer. La douleur disparaît mais le cancer continue à se développer.

Cela fait quatre ans et demie que les responsables religieux et universitaires enseignent que Allah exige que l’on tue des Juifs, et dix ans qu’ils enseignent qu’Israël n’a pas le droit d’exister. De plus, les messages de haine que l’on trouve dans les médias correspondent aux messages qui sont ceux de l’AP, comme on le voit dans les manuels scolaires, les colonies de vacances, les cours de religion, la culture, la poésie et dans d’autres domaines. Chaque action et chaque déclaration de l’AP indique qu’il ne s’agit pas là de déclarations superficielles pour « inciter » les gens à commettre des actes de violence sporadiques, mais sont des indicateurs fiables de ce que pense la société palestinienne dans son ensemble et de ce que sont ses aspirations.

Il faut considérer, par exemple, quel a été le choix du ministère de l’Éducation de l’AP pour la première place dans un concours de lettres pour enfants. La lettre gagnante avait pour titre « Je retournerai à Lod » et elle exprime le désir qu’a un enfant de voir advenir un jour la destruction puer et simple d’Israël :

Je suis Lara de Lod, j’ai 11 ans et je vis dans la ville de Ramallah. Autrefois j’acceptais que Ramallah remplace Lod et que la grande Mer [Méditerranée] ait été changée en une petite mare... vous [Israël] ne méritez pas Lod et à partir de maintenant je n’accepterai plus cette petite mare. Je rêverai de la mer à Jaffa et du soleil à Lod.

Il n’est pas anodin - et ce n’est pas simplement de « l’incitation » - que les éducateurs de l’AP aient donné la première place à ce message de haine adressé à des enfants. Nier le droit à l’existence d’Israël et souhaiter sa destruction sont des principes fondamentaux de l’idéologie de l’AP et de son enseignement. Tel est le message qu’ils souhaitent faire passer à leur jeunesse.

Il est regrettable que l’AP n’attende même pas que les enfants aillent à l’école pour leur inculquer que la violence est une valeur. Dans un programme pour enfants d’âge préscolaire diffusé par l’AP en octobre on demande à un poussin de dessin animé ce qu’il ferait si « un petit garçon coupait son arbre. »

« Je me battrais avec lui et je ferais une émeute, » répond-t-il. « J’amènerais des AK-47 [fusils d’assaut]... je commettrais un massacre devant la maison. »

Un principe théologique inculqué par les médias de l’AP est que les Juifs, même en tant qu’individus - n’ont pas le droit d’exister.

« Le Prophète a dit : La Résurrection ne surviendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs et ne les aient tués. Réjouissez-vous de la victoire d’Allah... Tout veut se venger des Juifs... ces porcs à la surface de la terre. Et, si Allah le veut, le jour de notre victoire viendra. » (PA TV, 10 septembre 2004)

Pendant plus de quatre ans les dirigeants religieux et les universitaires de l’AP ont incité sans cesse à assassiner des Juifs pour répondre à la volonté de Dieu et accomplir ainsi un destin historique. Nous pouvons nous aveugler et penser qu’il ne s’agit là que d’un incident de parcours temporaire ou nous pouvons faire face aux dures réalités et voir que cet endoctrinement a convaincu une partie importante de la société palestinienne que le meurtre des Juifs constitue un acte de foi.

Mais lorsque Ariel Sharon a parlé de baisse de l’incitation à la haine, cela était prématuré.

La semaine dernière, en effet, PA TV a rediffusé - pour la onzième fois- un film d’une heure qui incite à la haine et endoctrine les téléspectateurs, notamment les jeunes, en leur disant qu’Israël n’a pas le droit d’exister.

Le programme souligne que Jaffa, Haïfa et St Jean D’Acre sont en « Palestine » occupée, volée aux « réfugiés. » On y voit même un enfant jurer qu’avec son « sang » il « retournera » à Jérusalem Ouest.

Dans une rediffusion récente un historien palestinien de premier plan appelle à la destruction d’Israël :
« Que les envahisseurs soient effacés, » enseigne le Dr. Issam Sissalem. Il compare Israël à « des vers parasites dans l’océan qui mangent un escargot puis vivent dans sa coquille, » et il affirme : « Nous ne laisserons personne vivre dans notre coquille. »

TOUT CECI explique pourquoi une baisse tactique de l’incitation dans les médias, est loin d’être suffisant. Nous sommes confrontés à une culture politique, religieuse, éducative et populaire qui dans son entier assure la promotion de la haine des Israéliens et des Juifs et enseigne que la violence est le moyen privilégié pour parvenir à ses buts politiques.

L’incitation dans les médias n’est pas le problème en soi. Le problème est la volonté palestinienne de détruire Israël et les médias palestiniens ne sont que l’occasion pour nous de voir ce que sont ses espoirs et ses rêves.

Si les nouveaux dirigeants palestiniens veulent sérieusement la paix avec Israël, ils ne devront pas se contenter de masquer ce qu’ils pensent réellement par des faux semblants qui semblent acceptables sur le plan politique. Ils devront changer fondamentalement leur vision du monde et nettoyer leur société par le biais de messages qui prônent activement la paix.

Les dirigeants palestiniens doivent s’adresser à leur peuple et systématiquement renoncer à des années de promotion de la haine.
Ils doivent reconnaître clairement le droit à l’existence d’Israël en tant que nation et le droit des Juifs à vivre en tant qu’individus. Ils doivent rejeter la violence contre Israël - non pas parce que cela est contre-productif sur le plan politique, comme ils l’estiment aujourd’hui, mais parce que cela n’est pas acceptable sur le plan moral.

Le jour où nous verrons des dirigeants palestiniens promouvoir ce type de message à la télévision palestinienne, PA TV, cela signifiera que le processus de paix a véritablement commencé.


Itamar Marcus est le fondateur et directeur de Palestinian Media Watch - Observatoire des Médias Palestiniens - à Jérusalem.

Barbara Crook est directrice associée de PMW, basée à Ottawa, Canada.


NOTE : Ceci est la version complète de l’article, que le Jerusalem Post a coupé pour des raisons de place.


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