Mais alors, pourquoi avoir tant encensé Arafat ?

Alain Rajchman

mardi 14 décembre 2004

Pourquoi a-t-il fallu attendre la mort de Yasser Arafat pour oser dire tout haut ce que l’on dit aujourd’hui de ses erreurs passées ?


Les déclarations se multiplient en France, en Europe et de moins en moins faiblement à Ramallah pour dire que la mort du président palestinien ouvre enfin une ère nouvelle en faveur d’une reprise du dialogue israélo-palestinien. Il était clair que Yasser Arafat menait son peuple dans une impasse. Pourtant, rien n’y a fait, sa ligne politique ne supportait aucune critique et le personnage faisait l’objet d’un véritable culte dans la presse mondiale.

Je ne comprends pas ce qui empêchait les politiques, comme les journalistes, à exercer leur regard critique de la politique conduite par Arafat. Que celui-ci ait dressé son entourage à une adhésion sans condition, est une chose, mais que les dirigeants du monde entier se soient sentis contraints par la violence du Raïs palestinien en est une autre. Le souvenir de ses prises d’otages a du laisser des traces avec un effet retard du fameux syndrome de Stockholm.

Le mélange de séduction et de crainte a fonctionné auprès des démocraties du continent européen. Seuls les Anglo-saxons ont eu le cran de déclarer hors-jeu le président Arafat. Les autres ont préféré attendre sa disparition. Tout cela manque de clairvoyance et de courage politique. Cette adulation d’Arafat conjuguée au silence des démocraties a attisé la haine et fait vivre au peuple d’Israël le terrorisme le plus violent ; elle a aussi terriblement meurtri les Palestiniens. Mais alors pourquoi avoir tant encensé Yasser Arafat ?


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