Un kibboutz en Ardèche, 2ème et dernière partie

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

samedi 11 décembre 2004

Qui aura remarqué le minuscule rectificatif réclamé par Gérard Huber et publié par le Monde au milieu de son traitement biaisé de la controverse A-Dura ?


« Gérard Huber, auteur du livre Contre-Expertise d’une mise en scène, (…) souligne aussi être un « intellectuel indépendant », qui n’a « jamais fait partie d’un collectif qui a remis le « Prix Goebbels de la désinformation » à M. Enderlin devant le siège de France 2 ». »

De quel poids cela pèse-t-il contre l’affirmation du subjectiviste Daniel Psenny, qui, dans son article « Accusée de mise en scène, France 2 porte plainte », imputait au célèbre psychanalyste Huber, qui collaborait à l’époque à la Ména, d’avoir participé à cet acte pour le moins déplacé ? Encore qu’un journaliste attaché aux règles de son métier n’aurait pas manqué de mentionner que la Metula News Agency s’était publiquement élevée contre la remise de ce prix. Notre prise de position sur ce sujet nous avait d’ailleurs valu de nombreuses rancunes, dont certaines ne sont pas apaisées à ce jour ; on nous reprocha ainsi d’avoir torpillé la manifestation qui devait se tenir face aux portes de France 2 et qui ne réunit, en définitive, qu’une poignée de militants. Mais qu’y faire, nous pensions et nous pensons encore, que personne n’est habilité à décerner un prix de la « désinformation » et encore moins à appeler à identifier le nom d’aucun journaliste, quels que soient ses mérites et ses fautes, à celui du responsable de la propagande de l’abomination nationale-socialiste.

Mais lorsque l’on est porté par la vague de diabolisation de la Ména, comme le sont Psenny et le Monde, on ne s’arrête pas à ce genre de détails, quitte à stigmatiser ses adversaires pour les déviances qu’ils furent les premiers à combattre.

Lors, quand Psenny qualifie notre agence de presse de « site militant », ses lecteurs, victimes journalières du « trotskisme culturel », ne disposent d’aucun moyen de distinguer cet autre acte de dénigrement, mensonger certes, mais assurément instrumental. Cette nouvelle sottise, fut immédiatement recopiée par les autres renforts de la garde, adeptes des méthodes néo-maurrassiennes. La Ména devient une « cyber-agence de presse pro-israélienne » sous le burin de Schneidermann dans Libération, puis une « pseudo-agence de presse », dans les lignes de Maurice, le justicier voilé de chez Marianne, pour revenir ensuite au Monde, où l’apologiste de circonstance de Charles Enderlin, Catherine Simon, nous considère comme un « site juif francophone ». La belle affaire, voilà les rédacteurs de la Metula News Agency, dont les analyses tapissent pourtant les pages des journaux les plus prestigieux de la planète, relégués au rôle d’activistes du Net, par le seul désir de leurs contradicteurs. Elle a incontestablement de drôles de manières de se mesurer aux démonstrations qui la dérangent, cette espèce de presse française…

La palme de notre stigmatisation dans la presse écrite, à la panégyriste du mythomane Enderlin, Simon, qui considère notre accusation de mise en scène, ni plus ni moins que comme un « appel au meurtre ». Si nous avions su, nous n’aurions pas fait d’enquête, si nous avions su, Catherine, nous n’aurions pas publié nos conclusions et n’exigerions pas de votre modèle qu’il sorte des tiroirs de la meta-réalité les images « insupportables » de l’agonie de Mohamed. Dès que cela sera fait, je viendrai me faire pendre à votre chanvre. Mais pas avant.

Dans « site militant », il y a aussi « militant ». Incongruité suffisamment outrancière, lorsque lue dans un journal, lui-même plongé dans le rouge, en perte catastrophique de lectorat, pour n’être en outre plus capable de distinguer entre la lecture dirigée et l’information du public. Un journal, forcé de se séparer de son commissaire politique, par trop militant, face au risque de son naufrage définitif. Il nous est difficile, car elles sont très nombreuses, de compter les initiatives partisanes et douteuses auxquelles Plenel avait ajouté son nom, les avantages qu’il concédait dans le Monde aux partisans des causes qu’il soutenait. Quant à la Ména, je demande à voir un seul acte militant que nous aurions soutenu ou dont nous aurions été à l’origine. Je crois, qu’en l’espèce, Daniel Psenny décrit le Monde à l’envers, à se demander s’il ne voulait pas, lui aussi, toucher de Plenel, avant qu’il ne s’en aille, une veste de flanelle, une casquette, un bâton et un brassard bleu ?

Voici, en tout cas l’image d’un bidon, comme dans « s’abriter des balles derrière un bidon » (Daniel Psenny, le Monde, 20 novembre 2004) :

Et voici le baril en béton, derrière lequel se trouvaient Jamal A-Dura et l’enfant. Un baril portant le sceau de l’institut normatif israélien, d’une hauteur de 70 cm, d’un diamètre de 70 cm, en béton armé standard B300, à la paroi de 6 cm, soit 12 centimètres de béton armé qui « protégeaient » les deux protagonistes. Aucune balle, d’aucune arme, d’aucun calibre, n’est parvenue à s’enfoncer de plus de 2 cm dans la paroi de ce bidon, durant les tests balistiques. D’ailleurs, aucun des 12 projectiles, censés avoir blessé l’adulte et tué l’enfant n’a laissé la moindre trace sur aucune des deux faces du baril. C’étaient, semble-t-il, des balles de type néo-maurrassien-passe-murailles, c’est en tout cas la seule explication, même si elle échappe à toute logique, à laquelle je peux penser.

L’acte des adeptes et des enfouisseurs de l’imposture A-Dura qui m’a le plus choqué, lors de ce règlement de comptes de la quasi-totalité des médias bleu blanc rouge contre notre agence, ce fut jusqu’à présent une répartie d’Arlette Chabot, lors de la séance de propagande qu’elle a cru bon de tenir à la maison de France-Télévisions. Passons sur le fait que la chaîne publique avait fait appel à des vigiles pour empêcher les journalistes de la Ména d’entrer (pour la République des lettres, Arlette Chabot aurait, de plus, regretté notre absence (sic)). Passons sur le fait que le seul document qu’il eût fallu montrer, lors d’une véritable réunion d’information, ouverte à tous les journalistes, c’auraient été les 27 minutes des tirs des soldats israéliens contre les A-Dura, qu’Abou Rahma déclare détenir, dans sa déposition sous serment. On aurait alors même pu appeler cela une conférence de presse. Cela aurait été alors une démarche d’information, digne d’une chaîne du service public. Mais l’épisode, rapporté par Ilan Tsadik dans son article( Grand pays démocratique désorienté recherche un Emile Zola d’urgence pour sauver ses libertés fondamentales), lors duquel Chabot menace une journaliste de procès, tout en la qualifiant de «  »« révisionniste »«  », parce que cette journaliste lui fait remarquer que le jeans de Jamal est à peine froissé à hauteur de son genou, et que cette image, que la directrice de l’info vient de projeter à son auditoire, est incompatible avec l’autre image du genou bandé, soigné et cependant toujours sanglant, du père A-Dura sur un lit d’hôpital, que France 2 vient également de montrer à ses invités, a quelque chose de proprement effrayant.

En admettant, pour l’hypothèse, que la Ména se soit trompée sur toute la ligne et que, à l’occasion de Noël, Fr2 redore son blason passablement éteint en diffusant, à une heure tardive, ses 27 minutes de rushes et que celles-ci incluent l’agonie de l’enfant ; en admettant que le monde audiovisuel croie donc au Père Noël, le comportement d’Arlette Chabot demeurerait quand bien même une menace contre la démocratie. L’inertie, toute ovine, de la profession, incapable de rejeter pareille attitude, de s’offusquer que l’une des siennes soit menacée de tribunal pour avoir refusé de voir une blessure, là où, à l’évidence, il ne s’en trouvait pas, et qu’elle soit dénoncée comme dénégatrice du génocide hitlérien, pour la même cause, justifie mes craintes. Des médias qui se taisent devant un tel chantage ont, me semble-t-il, perdu la capacité de jouer leur rôle irremplaçable dans le maintien des équilibres fragiles d’une démocratie.

Quoi de surprenant, dès lors, sous cette nouvelle Terreur, à ce que A+ clair, de Canal, RTL, Europe 1 et d’autres encore, oublient qu’il y a toujours deux adversaires à une polémique et surtout, que lorsque l’on est conscient de sa tâche d’informateur, on n’a pas idée de tendre un micro à Arlette Chabot tout en ne permettant pas à ses contradicteurs de faire valoir leurs arguments. Ces usages corrompus illustrent, mieux que tout autre exemple, le déni d’information que subissent les Français dans le traitement médiatique de cette affaire. Ce qui viendrait «  »« justifier »«  » cet unilatéralisme, c’est bien sûr qu’on n’invite pas des satyres à donner la réplique. Preuve que les méthodes de la Propagandastaffel - pour rester dans l’environnement symbolique qu’ils ont eux-mêmes choisi - n’ont toujours pas leur pareil. Avoir affaire à des : distributeurs de Prix Goebbels, des intégristes, des gens d’extrême droite, des activistes du Net, des négationnistes, des révisionnistes, des Meyssan (Schneidermann), des extrémistes (l’esprit de Maurice), des intimidateurs (J-C Renard, Politis) et des gens qui appellent au meurtre de leur collègue Enderlin, dispense assurément de respecter les règles ontologiques. Permettrait que les informateurs se transformassent en militants contre-militants. Rendrait admissible qu’on prive les satyres d’antenne et que l’on protège ses réunions d’information par des cordons de barbouzes.

On va bientôt embaucher tous ces troufions de la subjectivisation instrumentale pour la cueillette des châtaignes. On approche du K.O, je vous l’assure, à force de voir Enderlin et Chabot aligner les inconséquences ; autant d’opportunités, pour les vrais journalistes que nous sommes, de confondre les metteurs en scènes. Définitivement. Et d’inviter les dégénérés de la presse à se refaire un honneur, en cinquante ans au moins, dans le premier kibboutz de France.

Attention encore de ne pas traverser ce contentieux sans apercevoir les tourbillons qui grouillent sous la surface apparemment calme et plane de l’unanimisme. Les confrères honnêtes et consciencieux sont là, tout près, d’autant plus courageux, qu’ils ne sont pas nombreux à s’exprimer. Ils souffrent plus que nous, qui disposons du moyen de nous faire entendre. La Controverse A-Dura a depuis longtemps dépassé la recherche de la simple factualité de ce qui s’est réellement passé, ce 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. Tout en réaffirmant que le dévoilement de la vérité, de toute la vérité, demeure le passage obligé de ce qu’il faut bien appeler un combat intellectuel, il faut désormais savoir également discerner sa signification symbolique pour l’orientation future des médias français. La controverse est devenue une charnière, ceci dit pour ceux qui ne saisissent pas les passions qu’elle déchaîne, quatre ans après les faits. Et l’issue de cette bagarre va déterminer le genre de presse, et surtout le genre de journalistes qui vont informer l’opinion francophone durant les prochaines années. Que nous perdions notre cause, et la mise en scène de l’information du genre des «  »« Breslav dansant sur l’agonie d’Arafat »«  », les magouilles à la Thierry Thuillier (voir), les manipulations des déclarations à la Dhombre (Le Monde) et l’incitation officielle et médiatique à la haine ethnique vont finir de devenir la norme. Ce sera l’ère de l’incertitude et du soupçon anti-dreyfusard permanent. Le temps d’Al-Manar et des Portes du soleil, occupant le centre philosophique du postulat de l’intelligentsia parisienne en matière de politique étrangère. Et je dis gare aux déviances relatives aux autres pôles d’intérêt de l’opinion française et particulièrement aux questions relatives à la poursuite du vrai colonialisme français, du néo-colonialisme et des événements qui se déroulent en Polynésie et en Côte d’Ivoire. A la Ména, nous n’ignorons pas que la plus longue frontière terrestre de la France, c’est celle qui la sépare, par le fleuve Oyapok à l’Est et par les Monts Tumuc-Humac, au Sud, du… Brésil.

Et ceux qui imaginent que j’enfonce une banderille supplémentaire dans l’échine d’un taureau déjà à bout de souffle se trompent encore. Je parle distinctement et toujours d’information. Précisément du double standard de nos adversaires, qui traitent insuffisamment des problèmes dans lesquels leur pays est mêlé et surabondamment des nôtres. Ce qui s’est passé devant l’hôtel Ivoire d’Abidjan (lire l’article d’afrik.com), lorsque les soldats français ont tiré dans la foule, s’appelle, à proprement parler, un massacre. Une situation qui n’a pas existé ici depuis le début de l’Intifada. La soixantaine de morts ivoiriens et le millier de blessés, dont parle le Nouvel Obs à l’occasion de ces événements, resteront anonymes. Sans noms et sans âges, en contraste frappant avec le traitement médiatique de tous les morts palestiniens de l’Intifada, y compris les milliers de personnes armées qui s’attaquent systématiquement à des civils. Le public français ne verra pas les Africains sur leurs lits d’hôpital et n’aura pas droit aux interviews de leurs familles. Il n’a pas droit, non plus, pour la Côte d’Ivoire, au décompte quasi quotidien des victimes de ce conflit. Cette duplicité est d’autant plus inacceptable, que les morts africains étaient tous des civils, qu’aucun d’entre eux n’appartenait à une organisation qui appelle, dans ses statuts, à l’éradication de la France et que personne n’a encore vu d’Ivoirien se faire sauter dans un autobus de la RATP. Comment croire, dans ces conditions, que les médias français se soucient véritablement de notre sort et de celui de nos voisins ? Comment ne pas se poser la question de l’antisémitisme, en constatant ce double langage et comment, surtout, ne pas imaginer que la presse des subjectivistes ne colle pas, de façon préméditée, une image artificielle de vandales colonialistes sur le dos des Israéliens, simplement pour détourner l’attention des exactions de son propre gouvernement ?

La plupart de nos confrères en ont ras le bol de la prédominance des néo-maurrassiens et de leurs méthodes sur la presse. Il n’est que de regarder les événements ayant conduit à la mise à pied de Ménargues à RFI, pour entendre leur plainte, que de prendre connaissance du communiqué du Syndicat National des Personnels de la Communication et de l’Audiovisuel sur l’affaire A-Dura (lire), pour relever l’équilibre de leurs requêtes, leur mesure, leur détermination et leur talent aussi. Un communiqué par ailleurs totalement occulté - sans autre forme de procès - par l’ensemble des médias français.

Le public est largement moins sot que ne le pensent les manipulateurs, qui vont assurément faire les frais de leur mépris. Consultez à ce propos la pétition des quelques 2.400 signataires de la remarquable initiative citoyenne de La Vérité Maintenant auprès du Conseil d’Etat français. Voyez qui ils sont, lisez leurs remarques, jugez par vous-mêmes si c’est là l’expression de négationnistes, d’extrémistes, comme ils disent, ou celle de personnes aussi responsables que modérées, encore, qui représentent cette France, dont on n’achète pas la conscience au prix de quelques pirouettes mal écrites, pas plus qu’en usant de l’intimidation. (Consulter la liste des signataires).

Ils sont là, les braves, La Vérité Maintenant et les confrères en éveil, dans toutes les rédactions, mais aussi (Media-rating) et sa méthode Philtre, d’évaluation rigoureuse des déviances médiatiques, ayant conclu à la nécessité pour Arlette Chabot et Charles Enderlin de remettre immédiatement leurs démissions. (AC-Média) et son tableau d’affichage dynamique du suivi de la Controverse de Netzarim dans la presse, sans oublier nos amis fidèles de desinfos.com, qui entretiennent, sans fléchir, la brèche dans le mur hideux de l’unanimisme. Le combat est trop inégal : Les néo-maurrassiens sont cent fois plus nombreux et vous, vous êtes mille fois plus forts qu’eux. Vous avez derrière vous l’assurance tranquille de ceux qui défendent la vérité.


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