Mahmoud Abbas demande au Conseil de Sécurité que soit appliquée une Résolution affirmant « le droit des Palestiniens à vivre dans les territoires occupés depuis 67. »

Hélène Keller-Lind

dimanche 25 septembre 2011, par Desinfos

La demande d’entrée à l’ONU faite par Mahmoud Abbas mentionne deux Résolutions onusiennes. La première est celle de 1947 et son plan de partage. La seconde, bien que prenant en compte la Déclaration d’Indépendance palestinienne de 1988, se borne à « affirmer le droit des Palestiniens à vivre dans les territoires occupés depuis 67. » Ce ne sont donc pas les frontières de 1947 qui ont été revendiquées


Certes les textes invoqués par Mahmoud Abbas dans sa demande d'admission d'un État palestinien par les Nations unies ne sont pas d'une grande clarté. Mais si, en effet, il y évoque le partage de 1947, qui est une réalité historique et un point de départ – et que les Palestiniens utilisent pour dire qu'ils ont renoncé à une grande partie de leur territoire- , il évoque également la Résolution 43/177 du15 décembre 1988. Dans celle-ci il est fait simplement mention de la Déclaration d'Indépendance de l’État de Palestine « sur la terre de Palestine avec sa capitale à Jérusalem, » du 15 novembre 1988. Déclaration unilatérale sous la houlette de Yasser Arafat, accompagnée de la réécriture de l'histoire et la guimauve « peace and love » habituelle, enregistrée par les Nations unies mais n'ayant pas fait l'objet d'un vote. État non reconnu, donc. 

 

En revanche, si cette cette Résolution 43/177 du15 décembre 1988 se borne à mentionner cette Déclaration palestinienne sans valeur juridique, elle « affirme qu'il faut donner la possibilité au peuple palestinien d'exercer sa souveraineté sur le territoire occupé depuis 1967. »

 

Pour la petite histoire il convient de rappeler que seuls Israël et les États-Unis avaient voté contre cette Résolution. La France s'était abstenue.

 

C'est cette « souveraineté sur le territoire occupé depuis 1967 » que réclame aujourd'hui le dirigeant palestinien au Conseil de Sécurité, faisant abstraction de tous les Accords bilatéraux signés et appliqués en totalité ou partie depuis ou oubliant la Feuille de Route et le rôle du Quartet.

 

Que cela ne soit, dans son esprit, qu'une première étape pour une reconquête totale est sans doute vrai, mais c'est une autre histoire. On sait, en effet, que de telles frontières ne pourraient assurer la sécurité d'Israël. Sécurité cruciale à laquelle ne peut renoncer l’État hébreu, comme le rappelait pour la énième fois Benyamin Netanyahou dans son discours à l'ONU.


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