affaire des rumeurs palestiniennes d’empoisonnement d’Arafat : une lettre du BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L’ANTISEMITISME à M.Jacques Chirac président de la République Française

mardi 16 novembre 2004


Paris le 16 novembre 2004

Monsieur le Président de la République,

Nous avons tous salué à sa juste valeur la décision que vous avez prise au nom de la France d’accueillir chez nous le Président de l’autorité Palestinienne pour que des soins adaptés à sa maladie, lui soient administrés. Ce geste de générosité vous honore et rejaillit sur chacun d’entre nous car il correspond à la tradition de notre pays et de notre croyance.

Alors que ni le diagnostic de la maladie, ni les causes de la mort de
Monsieur ARAFAT n’ont été communiqués, une rumeur d’empoisonnement est propagée par de nombreux responsables arabes et palestiniens et notamment par la Déléguée de Palestine en France qui s’exprime sur les médias nationaux. Cette rumeur se répand dans les rues des villes arabes et également dans nos villes et nos cités sensibles.

Les vieux clichés antisémites du « juif tueur d’enfants » et « juif empoisonneur » ont la peau dure. Tous ceux qui restent fascinés par la théorie du complot appliquent aujourd’hui ces caricatures à l’Etat d’Israël. Comme il y a 4 ans nous craignons que ce type d’accusation soit de nature à provoquer des actes anti-juifs encore plus graves et plus violents que ceux que nous avons subis depuis le déclenchement de l’intifada.

Monsieur le Président de la République, parce que nous connaissons votre engagement et votre détermination à combattre puis à éradiquer l’antisémitisme, parce que vous êtes aujourd’hui le seul grand Homme d’Etat dans le monde qui bénéficie de l’estime, de la confiance, du respect et de l’affection des peuples arabes et palestinien , nous vous demandons très respectueusement de prendre la mesure de la gravité de cette situation ainsi que des risques de troubles que peuvent générer ces accusations. Nous sollicitons de votre haute autorité qu’il soit éventuellement dérogé aux règles en vigueur en faisant publier un communiqué sur la nature exacte de la maladie de Monsieur ARAFAT ou que soit exprimé par vous-même un démenti formel à cette rumeur d’empoisonnement mettant ainsi fin à toute spéculation.

Je vous prie de croire Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre très haute considération.

Alain Sammy GHOZLAN


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