Espagne : antisémitisme et soutien à la demande palestinienne de création d’un État vont-ils de pair ?

Hélène Keller-Lind

mercredi 20 juillet 2011, par Desinfos

Étrange coïncidence : alors qu’en quittant son poste l’ambassadeur d’Israël en Espagne déplore la haine et l’antisémitisme auxquels il a été en butte, on apprend que le ministre des Affaires étrangères espagnol dit à Mahmoud Abbas que sa demande de création d’un État palestinien en septembre de cette année est « légitime »....


L’antisémitisme qui existe dans la société espagnole

Même si tout n’a pas été sombre pendant les 4 années pendant lesquelles il a été en poste en Espagne, Raphael Shutz, l’ambassadeur d’Israël dans ce royaume, déclare en partant que « ...le fait d’avoir personnellement été en butte à l’antisémitisme qui existe dans la société espagnole est quelque chose que j’emporte avec moi... »

Et, faisant référence à une histoire difficile entre les deux pays, l’Espagne ayant expulsé ses citoyens juifs en 1492 par un Édit qui ne fut abrogé qu’en 1992, et des relations diplomatiques n’ayant été établies entre les deux pays qu’en 1986, l’ambassadeur se voulait positif, malgré tout, en notant que « les relations entre nos deux pays ne font que commencer. » Ce que rapporte The European Jewish Press

Tapis rouge espagnol pour Mahmoud Abbas et ses demandes « légitimes. »

Toutefois on ne peut que faire le rapprochement entre cette haine et cet antisémitisme présents dans la société espagnole et la manière dont vient d’être reçu Mahmoud Abbas en Espagne. Celui-ci fait actuellement à nos frais et en dépit des difficultés financières que connaît l’Autorité palestinienne pour cause de corruption, la tournée des capitales occidentales pour en convaincre les dirigeants de voter pour la création d’un État palestinien à l’ONU en septembre prochain.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan News, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Trinidad Jimenez, a assuré Mahmoud Abbas de son soutien pour la création d’un État indépendant, qualifiant ses efforts de « légitimes. » Toutefois l’Espagne ne semble pas avoir encore donné de réponse ferme et définitive, car « Madrid devrait déterminer sa position ’en fonction des propositions qui se feront et dans un but constructif. »

Mahmoud Abbas, qui a rencontré également le roi Juan Carlos, doit rencontrer le Premier ministre espagnol, puis le nouveau Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée, le Marocain Youssef Amrani.. » A noter qu’Alain Juppé s’était réjoui de sa nomination fin mai en ces termes : « Cette nomination est une excellente nouvelle pour l’Union pour la Méditerranée et le développement de projets euro-méditerranéens. »

Une rencontre dont l’issue sera intéressante et on verra alors si l’empathie qu’avait manifestée en 2009 « Eynat Shlein-Michael [ directrice des affaires Maghreb au ministère des AE israélien, qui ] a jeté des fleurs à Youssef Amrani .... a en revanche souligné que « l’enthousiasme de Amrani n’est pas partagée par les autres responsables des Affaires étrangères marocains » était justifié. Cette rencontre avait été révélée par Wikileaks


Desinfos

Les textes

Mots-clés

Accueil