Jila Izadi, 13 ans, vient d’être condamnée à la lapidation par le tribunal de Marivan en Iran. Elle attend en prison la confirmation de sa sentence. La philosophe Elisabeth Badinter appelle à la mobilisation.

mercredi 10 novembre 2004


 Jila Izadi, une enfant de 13 ans, vient d’être condamnée à la peine de mort par lapidation. Son crime : elle aurait eu des relations sexuelles avec son frère âgé de 15 ans. Enceinte, elle a accouché dans sa prison. Son frère incarcéré aurait déjà subi sa peine, conformément à la loi islamique : 150 ou 180 coups de fouet (les chiffres divergent). De quoi être laissé pour mort. Cette ignominie se passe à Marivan, une ville du Kurdistan iranien, quelques semaines après la pendaison au crochet d’une grue d’une autre jeune fille iranienne de 16 ans, Atefeh Rajabi, accusée d’ « actes incompatibles avec la chasteté ». Le tout dans le silence assourdissant de la presse nationale et internationale ainsi que de la plupart des associations féministes, pourtant branchées en permanence sur internet.

 Au dernier meeting des altermondialistes qui s’est tenu à Londres la semaine dernière, femmes voilées et féministes soi-disant « historiques » ont craché feu et flammes contre la loi française pour le respect de la laïcité, mais pas un mot n’a été prononcé pour condamner le martyre infligé aux femmes au nom de la charia. À leurs yeux, les vraies martyres sont celles qui vivent dans les démocraties occidentales auxquelles on demande d’ôter leurs signes religieux pour pénétrer dans l’école de la République et non celles qui subissent la loi impitoyable des théocraties totalitaires. Ce que les mieux endoctrinées se gardent bien de dire est sorti spontanément de la bouche des deux sœurs voilées, surmédiatisées, l’année dernière. Devant les caméras de TF1, elles ont approuvé avec une sorte d’ingénuité la lapidation des femmes adultères. Personne n’a relevé, personne n’a condamné. Aucun rappel à l’ordre des droits de l’homme. On risque donc d’attendre longtemps qu’une militante pour le port du voile islamique en Europe se lève enfin pour fustiger ces pratiques atroces. Ce n’est donc pas sur elles qu’il faut compter, pas plus que sur leurs avocates qui osent se dire encore féministes, pour tenter de sauver la petite Jila Izadi qui attend confirmation de son supplice des autorités iraniennes.

 Nous savons aujourd’hui que seule une très forte mobilisation internationale peut réussir parfois à stopper une exécution capitale. Comme ce fut le cas pour Safia Husseini et Amina Lawal au Nigeria. C’est pourquoi nous supplions les défenseurs du droit des enfants, les militants de l’abolition de la peine de mort et tous les démocrates horrifiés par ces crimes d’écrire cette seule phrase, par lettre au courrier signé de son nom (*) : « Non à la lapidation de Jila Izadi, une enfant de 13 ans ». De la rapidité et de l’ampleur de nos protestations dépend sa survie.

Elisabeth Badinter

Envoyez vos lettres ou cartes postales directement à l’Ambassade de la République islamique d’Iran (4, avenue d’Iéna, Paris 16e) ou bien à l’association Ni putes ni soumises (190, boulevard de Charonne, Paris 20e). Ou adressez un courriel : contact amb-iran.fr ou infos niputesnisoumises.com


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