Le rédacteur en chef d’Al-Sharq Al-Awsat : le monde est meilleur après la mort d’un terroriste qui a trahi sa religion, sa famille et le monde

MEMRI Middle East Media Research Institute

samedi 7 mai 2011, par Desinfos


Dans un article du 3 mai 2011, intitulé « Ben Laden tué chez lui ! », paru dans le quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat, le rédacteur en chef Tariq Alhomayed écrit : « Celui qui a dupé nos fils et les a envoyés en enfer n’est pas mort sur le champ de bataille, mais au sein de sa luxueuse résidence, planqué derrière sa femme ». Il conclut : « Le monde est assurément meilleur après la mort d’un terroriste qui a trahi sa religion, sa famille et le monde ».



Ci-dessous l’article, dont l’original est en anglais : [1]

« Ce guerrier de la ‘guerre sainte’ se planquait dans son palais de plusieurs millions de dollars, derrière des murs fortifiés, et aux côtés de sa plus jeune épouse ! Pendant ce temps, nos jeunes sont en prison… »

Enfin, après au moins 10 ans de poursuite, Oussama ben Laden, chef de file de l’organisation terroriste Al-Qaïda, a connu le sort inéluctable que lui réservaient les Américains.


Mais, mon Dieu, comme la fin ressemble au début, sauf que ça se termine au Pakistan, et non en Afghanistan.


Le prétendu « chef de file des moudjahidine » a été abattu dans sa résidence de luxe, non pas sur le champ de bataille ou en plein djihad. Il est mort avec sa femme et trois autres personnes, contrairement à nos jeunes, qui ont été trompés, et aux jeunes musulmans en général, qu’il a menés un à un à la mort au fil des ans, en collaboration avec ses cheikhs du mal et du terrorisme de toutes nationalités.


Ce guerrier de la « guerre sainte » se planquait dans son palais de plusieurs millions de dollars, derrière des murs fortifiés, et aux côtés de sa plus jeune épouse ! Pendant ce temps, nos jeunes sont en prison, dans les montagnes du Yémen, au fin fond de l’Iran, sans parler de ceux, nombreux, qui ont péri. Et sans parler non plus du grand nombre de victimes innocentes de toutes religions et nationalités.


Le monde a changé après les attentats terroristes d’Al-Qaïda en Amérique, le 11 Septembre 2001, suite auxquels la nocivité d’Al-Qaïda a éclaté dans tous les pays du monde, sans exception. Le terrorisme de Ben Laden s’est répandu en Arabie saoudite, sans égards pour les lieux saints ou la vie humaine.

Il fut la raison de la mort de milliers d’innocents dans le monde. Des innocents ont été décapités, des voyageurs ont été trahis, des femmes et des enfants ont été tués, et les cheikhs malfaisants de Ben Laden venaient le justifier. Ils disaient que les morts sont jugés selon leurs intentions, nous rappelant le principe islamique du fiqh relatif au tatarus [qui stipule que si les forces ennemies utilisent des musulmans comme boucliers humains, il est permis d’attaquer, tant que cela sert l’islam] pour justifier la légitimité de leurs actions.

Et nous n’avons rien dit des pertes financières, qui ne peuvent être évaluées avec précision - ni, plus important bien sûr, du tort causé à la réputation de notre religion.


Pourtant, le « chef de file du mal » est mort chez lui. En fait, il s’avère qu’il a été abattu dans sa chambre, comme le suggèrent les images de l’opération militaire américaine.

« Sa présence était comme un aimant : c’était un leader… Aujourd’hui, après sa mort, al-Qaïda est incapable de reproduire un chef ayant la personnalité de Ben Laden »

Bien sûr, la mort de Ben Laden est un coup dur pour le moral d’Al-Qaïda ; quoi que fasse aujourd’hui l’organisation pour se venger, l’impact de cette attaque demeurera supérieur. Ben Laden était plus un symbole qu’autre chose : sa présence était symbole de prouesses ; elle appâtait les jeunes d’Arabie saoudite, du Golfe et du Yémen. Il savait faire de l’argent, que ce soit [en récoltant] des contributions à sa cause, ou par le commerce de tout et n’importe quoi, de la drogue aux diamants. Sa présence était comme un aimant : c’était un leader.


Aujourd’hui, après sa mort, al-Qaïda est incapable de produire un nouveau chef de file ayant la personnalité de Ben Laden, ou sa légitimité, qu’il s’est construite au fil des ans à plusieurs endroits. Nous sommes actuellement dans un monde en pleine mutation, ce qui est vrai en particulier du monde arabe, et il est difficile de reproduire le modèle de Ben Laden. Nul ne peut, aujourd’hui, dominer le discours religieux, ou s’imposer en solitaire comme individu, leveur de fonds ou cheikh, ou comme leader souterrain [planqué] dans une grotte ou un palais, avec la même facilité que lui. Les Arabes et les musulmans sont devenus très conscients des nombreux abus qui ont nui à notre religion.

« Nul doute que le monde est meilleur après la mort d’un terroriste qui a trahi sa religion, sa famille et le monde »


En résumé, je dirai que la mort de Ben Laden était à prévoir, mais voici mon message aux sages, et à ceux qui cherchent à envenimer la situation : Celui qui dupé nos fils et les a jetés en enfer n’est pas mort sur le champ de bataille, mais dans sa luxueuse résidence, planqué derrière sa femme. Pendant ce temps, les fils des gens ordinaires sont tués dans les zones de conflit, déplacés dans les montagnes, ou croupissent en prison. 


Nul doute que le monde est meilleur après la mort d’un terroriste qui a trahi sa religion, sa famille et le monde [entier].


Note :

[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 3 mai 2011.


Desinfos

Les textes

Mots-clés

Accueil