A propos de la neutralité de l’ONU

par le Professeur David Ruzié *

jeudi 21 octobre 2004

Comme chacun le sait, la semaine dernière, Tsahal a du reconnaître qu’elle
avait pu se tromper en prenant une civière pour un lance-roquette, chargé à
bord d’un véhicule des Nations Unies.


Dans la mesure où la photo ne montrait pas les côtés et l’arrière du
véhicule, on s’étonnera cependant que le toit du véhicule ne portait que les
lettres « U N », sans la Croix-rouge, que doivent, en principe, porter
toutes les ambulances.

On s’interrogera donc, en tout état de cause, sur l’usage que l’on peut
faire d’une civière, à bord d’un véhicule ordinaire.

En revanche, une video circule, en ce moment, via Internet, sur laquelle on
voit, nettement, des hommes portant des fusils (que l’on ne peut vraiment
pas confondre avec des manches à balai) monter à bord d’un véhicule, portant
distinctement, à la fois, les lettres « UN » et la Croix-rouge ainsi que la
mention « ambulance ».

cliquer ici pour voir le film

Certes, aucune date ne figure sur cette vidéo, de telle sorte qu’on ne sait
pas si elle est postérieure ou non à la photo à propos de laquelle Tsahal a
reconnu s’être trompée.

Cette video confirme bien, elle, les accusations des autorités israéliennes
qui ont, fréquemment, dans le passé, reproché à l’ONU (plus précisément à
son Agence dans les Territoires, l’UNRWA) de laisser utiliser son matériel à
des fins terroristes.

Ce n’est d’ailleurs que la conséquence logique du fait admis par le
Commissaire général de l’UNRWA, qui - lui - ne trouvait rien à redire à
cela, que du personnel de l’Agence soit membre du ’Hamas.

Et comme officiellement, il n’y a pas de « terroristes » dans les
Territoires, on comprend mieux à quelles activités peuvent se livrer ce que
d’aucuns appellent des « activistes » ou des « militants ».

Mais est-ce bien conforme à l’obligation de neutralité à laquelle est tenue
l’Organisation mondiale ?

Il est vrai que selon les autorités syriennes, l’ONU faillirait,
effectivement, à son devoir d’impartialité, mais pas dans le même sens que
nous déplorons.

En effet, à la suite du vote du Conseil de sécurité qui vient de confirmer
sa résolution 1559 (v. note Point de vue du 5 septembre) enjoignant à la
Syrie de retirer ses troupes du territoire libanais, les autorités de Damas
ont, à nouveau, protesté.

`Ces « donneurs de leçons » reprochent à l’ONU sa complaisance à l’égard
d’Israël, qui, lui, continuerait à occuper les Territoires.

Mais, combien de fois faudra-t-il répéter que du point de vue du droit
international, les deux situations ne sont pas comparables ?

Le Liban est un Etat souverain (vous avez bien dit souverain ?), alors que
la situation juridique des « Territoires » n’est toujours pas,
officiellement, définie, depuis l’effondrement de l’empire ottoman, au
lendemain de la première guerre mondiale et la renonciation de la Grande
Bretagne à son mandat, après la seconde guerre mondiale.

On relèvera, au passage, que pour protester contre la pression syrienne afin
d’imposer la reconduction du président libanais Lahoud pour un nouveau
mandat, le premier ministre Hariri vient de démissionner.

D’ici qu’on accuse le Mossad de téléguider Harari……



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