Un tournant ?

Alain Rajchman

mardi 5 octobre 2004

Mais que veulent donc les palestiniens ? Leur double langage de guerre et de paix aurait-il fait long feu ? La réticence des nations à condamner Israël marque-t-il un tournant ?


La seule irritation de Yasser Arafat pourrait le faire penser. Il saisit que l’opinion internationale qui le soutient systématiquement se lasse de son double langage. A force d’affirmer à la fois son désir de paix et d’entretenir la violence armée, le président de l’AP va jusqu’à perdre ses amis parmi les plus fidèles.

Non, il reste le Secrétaire Général de l’ONU, dont David Ruzié a fort justement souligné ici l’incapacité à dénoncer l’horreur de la guerre quand elle touche des enfants juifs morts sous les missiles Kassam en terre d’Israël.

Dans le rang des inconditionnels, l’ONU demeure toujours vaillante derrière Arafat. Elle est prête à prendre les vessies (missiles) pour des lanternes (civières) déchargées d’un véhicule marqué à ses couleurs.

L’illusion entretenue par les Palestiniens sur leur acceptation du fait israélien commence par agacer. Leur véritable objectif, qui est celui de la destruction d’Israël, pointe derrière les faux-semblants. Dans l’édition du Jerusalem Post d’aujourd’hui, un réserviste, membre d’un kibboutz, qui avait jusqu’alors refusé de servir dans les territoires pour respecter l’ambition nationale palestinienne, a pris la décision de repartir au combat. En un mot, il a considéré que dans le contexte du plan de désengagement de Gaza, la montée de la violence palestinienne visait d’autres objectifs que la seule création d’un Etat indépendant, pourtant à l’ordre du jour.

La guerre d’indépendance commencée en 1948 n’est donc pas achevée. Nous le savions, mais il est aujourd’hui important que le monde ouvre les yeux et saisisse enfin les vraies visées des palestiniens. L’entretien des violences traduit le refus de l’idée du partage pourtant reconnu à de nombreuses reprises par les nations.

En jouant le « c’est tout ou rien », Yasser Arafat aura mené son peuple dans une impasse. Le rêve de la reconquête doit laisser désormais la place à la réalité d’Israël. Que de temps perdu à soutenir une telle illusion ! Que de chemin à faire pour aplanir des décennies de haine entretenue !

Cette page doit être tournée et elle le sera avec le départ du raïs palestinien.


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