Danny Ayalon : on a la preuve que le conflit israélo-palestinien n’a jamais joué de rôle central dans la paix et la stabilité de la région. Cela décillera-t-il enfin les yeux de tous pour de bon ?

Hélène Keller-Lind

dimanche 27 février 2011, par Desinfos

Après Wikileaks, les bouleversements du monde arabe démontrent l’inanité de la théorie très en vogue selon laquelle tout trouble au Moyen-Orient, voire au-delà, avait pour cause le conflit entre les Palestiniens et Israël. Ce succès de la propagande palestinienne a pourtant façonné une grande partie des politiques étrangères occidentales ou suscité de pseudo actions « humanitaires » depuis des lustres.


Un diagnostic absurde, succès de la propagande palestinienne anti-isarélienne et des politiques dommageables

Ils y sont tous allés de ce diagnostic soi-disant imparable, les dirigeants, les conseillers politiques et autres experts, aveuglés par une savante propagande palestinienne qui prétendait que la cessation du conflit israélo-palestinien verrait l’instauration d’une paix et d’une stabilité idylliques au Proche-Orient et Moyen-Orient et pourquoi pas dans le monde. Un conflit décrit comme père de tous les conflits...Or, après les révélations de Wikileaks, les événements qui se déroulent dans le monde arabe depuis des semaines démontrent l’absurdité de cette théorie

Dans le Washington Times que le vice-ministre des Affaires étrangères israéliens, Danny Ayalon, démontre à nouveau l’absurdité de la théorie très en vogue qui mettait le conflit israélo-palestinien au cœur de l’instabilité régionale, voire mondiale « Cela faisait des années, » écrit-il, « que des responsables étrangers, des experts et des commentateurs ont affirmé que si le conflit israélo-palestinien était résolu, alors il y aurait la paix au Moyen-Orient. »

Un exemple très récent de cette soi-disant centralité de ce conflit était donné lors du dîner du Crif, non pas par un simple responsable politique mais par le Président de la république lui-même. Il déclarait le 9 février : « J’affirme d’ailleurs que la paix entre les Israéliens et les Palestiniens est un problème pour chacune de nos démocraties, parce que sur ce conflit qui n’en finit pas se nourrit le terreau du terrorisme et de l’extrémisme dont nous souffrons aussi. » Et on se souvient qu’il allait au-delà car il poursuivait en conseillant à Israël une « restitution du Golan » à la Syrie...

Danny Ayalon rappelle d’ailleurs, entre autres exemples, que Jimmy Carter, alors Président des États-Unis, avait présenté cette centralité de ce conflit comme « un fait. » Or, dit-il, les « révélations de WikiLeaks ont prouvé que parmi les décideurs arabes et les Arabes qui façonnent la politique, le conflit israélo-palestinien occupait une place assez peu importante dans la liste des priorités urgentes dans la région. Ces conversations privées révèlent que les dirigeants arabes sont préoccupés par la menace iranienne qui se profile et qu’ils ne parlent que de la « question palestinienne » que pour la forme. »

Il ajoute, cimme il l’avait fait récemment que l’étendue de la pauvreté et des problèmes sociaux dans ces pays, telle qu’elle avait été dénoncé l’an dernier dans un Rapport de l’ONU, a été totalement occultée alors qu’il aurait dû être clair qu’une telle situation ne pouvait durer éternellement..

Les faits portent un coup fatal à cette théorie absurde

Le ministre israélien ajoute que « ces révélations ont ébranlé les fondations mêmes de cette théorie mais les événements récents dans notre région lui ont porté un coup fatal. » On mesure donc ce qu’a été l’efficacité de la propagande palestinienne qui a fait prendre des vessies pour des lanternes à tant d’occidentaux qui ont façonné toute une politique étrangère sur des prémisses totalement erronées.
Il y a des années, Leila Shahid, passée maître dans l’art de la propagande et de la désinformation, avait déclaré : « il faut palestiniser les esprits. » Et c’est ce qui a été fait brillamment sans doute – il y avait les fonds pour ça – mais aussi parce que cette théorie, qui avait pour corollaire une «  culpabilité  » israélienne...et faisait d’Israël le « méchant » de l’histoire avait tout pour plaire. On sait que l’opinion des politiques de gauche comme de droite tient « les colonies  » pour responsables de tous les maux, cela a été dit à l’envie ou que ce serait «  l’obstination  » supposée de l’actuel gouvernement israélien qui serait responsable du blocage des négociations et donc de la non-résolution d’un conflit soi-disant père de toutes les instabilités, voire du terrorisme...

Un prétexte en or à toutes les « indignations » et un aveuglement total face aux réalités

Et c’est cette théorie absurde et ses corollaires qui ont permis à des « flottilles de la paix  » et autres absurdités telles que le «  boycott  » anti-israélien qui mobilise tant de fonds et d’énergies d’avoir le vent en poupe. Cette théorie aussi qui est au cœur de l’indignation de l’archétype de l’humaniste que serait Stéphane Hessel avec son succès de librairie et son obsession haineuse anti-israélienne... Car cette « question palestinienne, »mise à tort sur le devant de la scène, faisant l’objet de toutes les sollicitudes, accompagnées par des versements de millions, occultait tous les autres problèmes, bien souvent bien plus aigus, de par le monde que personne ou presque ne voyait pour cause d’aveuglement et de «  palestinisation  » des esprits...

On évoquait ici même en juin 2010, mais pas uniquement, la terrible pauvreté sévissant dans des pays arabes et la richesse insolente de leurs dirigeants La corruption endémique de l’Autorité palestinienne qui s’agite aujourd’hui désespérément pour sauver sa peau en formant un nouveau gouvernement a été dénoncée à mainte reprise également et ce de longue date...

Sans oublier la condition des femmes palestiniennes, surtout dans la Bande de Gaza, dont la plupart des humanistes se lavent royalement les mains... et dont l’Autorité palestinienne vient de faire mine de s’apercevoir. En effet, il aura fallu attendre ces troubles et « ...2011 pour que l’Autorité palestinienne, encensée, entre autres par le Quai d’Orsay, reconnaisse enfin que les violences faites aux femmes au sein de la société palestinienne, en « affectent le système social, économique et politique » et se décide enfin à mettre en œuvre un projet pour les combattre.  ! Un projet qui n’est peut-être d’ailleurs que poudre aux yeux et effet d’annonce. » Et on ne parlait pas ici de ce qui se pratique dans la Bande de Gaza où le sort des femmes est pire encore...

La gravité et l’ampleur de ce qui se passe aujourd’hui dans une grande partie du monde arabo-musulman ne peut que déciller les yeux et forcer tous ces « responsables » à voir enfin la réalité et à agir désormais en conséquence concernant Israël...Du moins l’espère-t-on comme on espère que cela pour de bon...


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