Chronique de Michael Bar-Zvi Kaf Tet Bechvat 5771 

mercredi 2 février 2011, par Desinfos

Boker Tov amis auditeurs de Radio J, alors que la situation en Egypte se dégrade d’heure en heure, la grande question que tout le monde se pose et qui soulève de nombreuses inquiétudes est celle de la politique de Barack Obama. Pourquoi ce revirement subit comme sous l’effet d’une panique incompréhensible ?


Car de deux choses l’une ou bien les services américains ont été incapables de prévoir les événements, ce qui révèle une lourde incompétence, ou bien ils les avaient envisagés, ce qui démontre une grande légèreté voir un manque de loyauté envers un régime que le président des Etats-Unis avait porté aux nues lors de son discours mémorable sur l’Islam au Caire il y a deux ans.

L’Egypte n’est pas la Tunisie, son importance stratégique, symbolique et géopolitique est fondamentale pour l’équilibre du Proche-Orient. Moubarak a été le premier allié des américains lors de la première guerre du Golfe, et n’oublions pas que plusieurs dizaines de milliers de soldats égyptiens ont combattu Saddam Hussein aux côtés des forces occidentales et des mini-régiments des émirats du Golfe et d’Arabie Saoudite.

Il est impensable que la Maison Blanche ignore le risque d’une montée de l’intégrisme par le biais des Frères musulmans, qui sont aujourd’hui la seule force d’opposition organisée. La seule personnalité d’opposition non islamiste est Mohamed el Baradei, qui je le rappelle a été un des représentants de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique chargés d’inspecter les centrales nucléaires en Iran. On a vu le résultat de son activité et il est évident que sous ses aspects laïques, le personnage a des accointances avec l’Iran.

L’idée que les Etats-Unis souhaitent un départ rapide de Moubarak, dont ils ont sans sous-estimé la réaction, pour entamer le plus rapidement possible un dialogue avec l’opposition me parait non seulement saugrenue mais d’une rare naïveté, car cela voudrait dire que le Pentagone n’avait pris aucune disposition à cet égard et qu’ils ont attendu l’organisation des manifestations pour prendre conscience de l’existence.

Je ne crois pas non plus à la soudaine volonté de Barack Obama de démocratiser les pays arabes. Alors faut-il penser, comme l’affirme le Daily Telegraph londonien, que ce sont les américains qui encouragent et orchestrent les manifestations contre Moubarak ? Oui, mais pour mettre en place quel régime ? Quel dirigeant ? Quelle politique ? Quelle coopération régionale ?

Une fois encore on a l’impression qu’il n’y a pas de stratégie claire dans la politique menée par Hilary Clinton et Barack Obama, et que cette absence de ligne directrice met en danger le fragile équilibre maintenu par Moubarak depuis trente ans entre l’Egypte et Israël. Une partie de domino islamiste est en train de se jouer sous nos yeux et Barack Obama semble en avoir poussé le premier pion au Caire il y a deux ans. Dans les prochaines semaines nous risquons d’en payer le prix.


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