Tsahal : « Nous n’avons pas tué la manifestante palestinienne » / Yossi Yehoshua – Yediot Aharonot)

Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israël

mardi 4 janvier 2011, par Desinfos

L’annonce palestinienne selon laquelle Jawaher Abu Rahma est morte après avoir inhalé le gaz lacrymogène tiré par Tsahal lors d’une manifestation contre la barrière de séparation à Bilin a donné lieu hier à une version contradictoire de la part de l’armée qui affirme ne pas être à l’origine du décès de la jeune femme.


Dès samedi, de hauts responsables du commandement militaire de la région centre avaient émis des doutes quant à la version palestinienne. Mais hier, les officiers supérieurs affirmaient avec certitude que la mort de Jawaher Abu Rahma n’a pas été causée par les soldats de Tsahal et que cette version est une falsification et une provocation destinée à nuire à Israël.

La manifestation à laquelle Abu Rahma aurait participé s’est déroulée vendredi en milieu de journée. Selon Tsahal, les premières informations concernant des blessés – deux blessés légers – sont parvenues à l’armée dans la soirée et nul n’a évoqué de blessé grave. Les autorités militaires ajoutent que, de manière générale, lorsque des manifestants sont grièvement blessés, les services médicaux palestiniens s’adressent à Tsahal, par l’intermédiaire des bureaux de liaison, et demandent que les blessés soient évacués vers des hôpitaux en Israël.

A Tsahal on affirme que ce n’est que samedi que le blessé léger est devenu une blessée grave qui a ensuite succombé à ses blessures. Les autorités militaires ajoutent que, dans le dossier médical qui leur a été transmis, il est indiqué que Jawaher Abu Raham a subi une prise de sang à 14 heures 40 à l’hôpital de Ramallah tandis que dans un autre document il est dit qu’elle y a été admise à 15 heures 20. Au sein de l’armée on soupçonne par conséquent que ces rapports sont faux. On affirme en outre que Jawaher Abu Rahma avait de nombreux antécédents médicaux, qu’elle prenait des médicaments destinés, on estime, à traiter une leucémie dont elle souffrait et qu’elle s’était rendue à l’hôpital dix jours avant les événements de vendredi. Le rapport palestinien affirme lui qu’Abu Rahma ne souffrait d’aucun antécédent.

L’armée affirme encore que, contrairement à la version palestinienne, aucun des témoins qui ont été entendus n’a affirmé qu’une odeur de gaz se dégageait des vêtements de Jawaher Abu Rahma. De même, aucune image ne prouve qu’elle était présente à la manifestation, alors que, si une telle image existait, les Palestiniens l’auraient certainement utilisée à des fins de propagande.

Du côté palestinien, on pouvait entendre hier un tout autre son de cloche : « Ce sont des affirmations complètement fausses. Elle a été tuée à une cinquantaine de mètres de la barrière en inhalant du gaz lacrymogène. Il y avait sur place des témoins qui se sont occupés d’elle et l’ont emmenée à l’ambulance. Peut-être avait-elle des antécédents médicaux, mais sa mort est due à l’inhalation du gaz », a affirmé Sami Burnat, un des membres du comité qui organise les manifestations.


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