L’Union européenne a mis au point un programme d’élargissement, baptisé « Initiative européenne élargie », incluant 14 pays bordant l’Europe des 25.

Albert Capino

jeudi 26 août 2004

Ce programme de « voisinage » européen a pour but de faciliter le libre accès des produits et services vers et depuis l’Union européenne et autoriser la libre circulation des biens et des personnes qui seraient inclus dans ce projet.


Israël fait partie des candidats potentiels et des discussions menées à ce sujet se sont tenues ce mardi à Jérusalem entre une délégation européenne de haut niveau et des officiels israéliens.

La nouvelle Commission Européenne prend officiellement ses fonctions en novembre, en même temps que les élections américaines.

Hasard du calendrier ? Toujours est-il que la concurrence se fait de plus en plus rude entre le vieux continent et les Etats-Unis, sur des options politiques autant qu’économiques.

Le gouvernement israélien se garde bien d’intervenir dans les options politiques à la veille des élections américaines. Il doit toutefois étudier les possibilités de diversifier ses options économiques, afin de ne pas dépendre des Etats-Unis de manière déséquilibrée. Par ailleurs, il lui faut se garder de laisser les pays d’Afrique du Nord et les Territoires palestiniens - également candidats au programme d’élargissement européen - occuper exclusivement le terrain.

Les pays qui négocient leur participation à ce programme européen, aux côtés d’Israël, sont : la Jordanie, la Moldavie, le Maroc, la Tunisie, l’Ukraine - puissance nucléaire - et l’Autorité palestinienne.

Bien que l’UE se plaigne d’être considérée comme un « second violon » face aux Etats-Unis dans le processus de paix au Proche-Orient, elle ajoute aux exigences politiques et économiques les progrès diplomatiques dans ce domaine, pour l’admission d’ Israël dans l’initiative d’élargissementent.

L’Etat hébreu a bien intégré ce fait et accepte le dialogue avec les pays européens, tant individuellement que collectivement, mais affirme clairement qu’aucune partie n’acceptera de « Diktat » de l’autre.
Au programme des discussions figurent non seulement des chapitres économiques et diplomatiques, mais aussi des sujets tels que les Droits de l’Homme face au terrorisme ou les Armes de Destruction Massive au Moyen-Orient.

L’Etat d’Israël, qui s’est maintenant qualifié sur les critères requis, a soumis des propositions sur un nombre de participations au plan économique. L’UE ne s’est toutefois montrée plutôt restrictive en ce qui concerne les forums et institutions ouverts à une participation israélienne.

Même si le chemin à parcourir reste long, on commence à percevoir des gestes de bonne volonté de part et d’autre pour parvenir à un dialogue constructif.

Les Européens devront prendre des décisions cruciales, pour leur permettre de bien appréhender les défis économiques et politiques auxquels ils auront à faire face dans les décennies à venir.

Jusqu’à présent, depuis 1972, le pétrole était un élément qui a lourdement influencé leurs décisions. Or, les facteurs géopolitiques ont grandement évolué et l’avenir de l’Europe ne peut plus être fondé majoritairement sur ce critère.

Croissance, développement, menace terroriste, sécurité, stabilité, place de l’Europe dans le monde, sont autant d’éléments déterminants pour sa destinée. Les Européens devront être très avisés dans le choix des pays qui constitueront leurs nouveaux partenaires.

Du travail en perspective pour la nouvelle Commission Européenne et pour son Président, le Portugais Barroso, qui devra arbitrer les diverses options. Parmi celles-ci, la politique arabe obstinée du couple ambitieux Franco-allemand. Au regard des nouvelles données, elle a aujourd’hui largement dépassé sa date de péremption.

Albert Capino
Sur une correspondance de Herb Keinon à Jérusalem
© The Jerusalem Post


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