Guido Westerwelle en Israël et à Gaza : la France ferait bien d’en prendre de la graine...

Hélène Keller-Lind

lundi 8 novembre 2010, par Desinfos

Le ministre des Affaires étrangères allemand et son homologue Avigdor Liberman font état des excellentes relations entre leurs deux pays. Et évoquent leurs quelques différences d’appréciations sans langue de bois mais de manière constructive. A Gaza Guido Westerwelle ne rencontre pas le Hamas et demande la libération de Guilad Shalit. On aimerait que la France prenne l’Allemagne pour modèle...


Des relations excellentes entre deux démocraties

« Les relations entre le gouvernement allemand et le gouvernement israélien sont excellentes, les relations personnelles entre les deux ministres des Affaires étrangères sont excellentes et les relations entre le Premier ministre Netanyahou et la Chancelière Merkel sont excellentes aussi. » Cet état des lieux très positif était dressé par Guido Westerwelle à Jérusalem lors d’une conférence de presse donnée avec son homologue israélien le 7 novembre, à l’issue d’une longue rencontre.

Le ministre précisait que cela est certes dû au fait que l’Allemagne a une certaine responsabilité vis-à-vis d’Israël pour des raisons historiques, mais que la raison principale de cette excellente entente vient du fait que « nous avons tous les deux des valeurs démocratique et c’est ce qui compte pour l’avenir. »

De nombreux échanges, projets et coopérations

Il notait ensuite qu’encore plus d’échanges vont être mis en place entre les deux pays, notamment des visites de groupes de jeunes gens ou de journalistes. Avigdor Liberman, pour sa part, estimait que l’excellence des ces relations bilatérales et ces projets sont sans doute ce qui est primordial aujourd’hui dans les relations entre Israël et l’Allemagne. Et il citait en exemple une rencontre très importante qui avait eu lieu la semaine précédente à Francfort entre scientifiques et responsables universitaires israéliens et allemands. Il annonçait une prochaine rencontre entre les deux gouvernements en janvier et l’ouverture d’un consulat israélien à Munich.

Ces éléments très positifs étaient donnés en réponse à des questions de journalistes allemands concernant l’utilisation de passeports allemands qui auraient été utilisés dans une opération israélienne. Ce qui n’a d’ailleurs été confirmé. Le but était ici de montrer qu’il n’existe aucun malaise entre les deux pays.

Avigdor Liberman évoquait également la coopération entre Israël et l’Allemagne pour la construction d’une usine de traitement d’eaux usées à Gaza.

Bande de Gaza : Guido Westerwelle ne rencontre pas le Hamas et demande la libération de Guilad Shalit

Gaza où s’est rendu Guido Westerwelle, justement pour visiter cette usine. Il a également visité une école et a rencontré des hommes d’affaires palestiniens. Toutefois, il n’a pas rencontré de dirigeants du Hamas parce que le mouvement terroriste refuse de renoncer à la violence, de reconnaître l’existence d’Israël et d’accepter les accords signés à ce jour entre Israël et les Palestiniens. Ce que le Hamas a bien entendu vivement condamné. Un de ses dirigeants, Kamal Shrafi, a déclaré que « c’est complètement inacceptable de venir à Gaza et de ne pas rencontrer les représentants du gouvernement légal. »

A Gaza, Guido Westerwelle a également demandé que Guilad Shalit soit libéré et qu’il puisse retourner dans sa famille. Le ministre avait rencontré Noam Shalit à Jérusalem la veille « pour exprimer notre solidarité pour des raisons humanitaires. »

A ce propos on sait que le consul de France à Jérusalem se rend régulièrement à Gaza, invite des personnalités locales, que le centre culturel français invite des personnages tels que Stéphane Hessel ou Régis Debray qui rencontrent le Hamas, ne disent mot de l’otage franco-israélien et que la France cofinance des universités prônant la haine d’Israël et des Juifs... On appréciera la différence...

Blocus et exportations

L’agence de presse Ma’an News rapporte des propos qu’il a tenus à des journalistes à Gaza à propos du blocus qui, selon lui, « favorise l’extrémisme et affaiblit les modérés et il ne faut pas oublier que Gaza fait partie d’une solution avec deux États. » Il convient de rappeler, à ce propos, qu’il faudrait d’abord que le Hamas et l’Autorité palestinienne trouvent un terrain d’entente mais qu’ils n’y parviennent pas.

Quant au blocus, il avait été évoqué aussi à Jérusalem où il se félicitait à nouveau des mesures prises par le gouvernement israélien pour qu’un plus grand nombre de biens puissent entrer dans la Bande de Gaza. On est loin de la condamnation péremptoire à la française...

Autre point soulevé alors : les exportations depuis la Bande de Gaza. Le ministre israélien indiquait qu’Israël « est prêt à exporter tous leurs produits en Allemagne, aux États-Unis, au Japon....[ mais ] le problème des exportations de Gaza est avant tout un problème de marché. » Il précisait qu’Israël, « par exemple, a des projets qui réussissent très bien avec les Pays-Bas, concernant des fraises, des fleurs, des framboises...une bonne expérience... » Il ajoutait : « nous sommes prêts à coopérer avec tous ceux qui sont prêts à investir et à offrir un marché pour leur production. » Des points qui font l’objet de discussions entre Israël et l’Allemagne.

Implantations, coopération avec l’Autorité palestinienne, les dangers de l’Iran

A propos des implantations les divergences persistent. Mais là encore l’Allemagne, à la différence de la France, n’assène pas de diktat, ne parle pas de colonisation qui serait la mère du terrorisme...

Le ministre allemand se borne à dire qu’il pense « que ce serait une sage décision de geler toute activité au sein des implantations. » Il ajoute que des échanges de vue sont importants sur ces divergences. On voit que la manière de faire est bien différente de ce qui est pratiqué par la France...

Avidgor Liberman lui répondait que les constructions n’avaient pas empêché qu’il y ait des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie par le passé, rappelant que les Palestiniens avaient attendu la fin d’un gel de dix mois des constructions décidées par le gouvernement israélien avant d’accepter des négociations.

Il précisait par ailleurs que la « plus grande menace est bien sûr l’Iran, non seulement avec son programme nucléaire mais à cause de ses mandataires et de leurs activités terroristes...au Liban, avec le Hezbollah, dans l’Autorité palestinienne avec le Hamas, leur grande implication en Irak, au Yémen, en Somalie...et ce danger est sans doute le plus grand danger auquel nous sommes confrontés en tant que société occidentale, société libre du monde moderne... »

Quant aux relations israélo-palestiniennes, le ministre israélien soulignait que « nous avons un désaccord politique avec l’Autorité palestinienne mais nous avons aussi une très bonne coopération avec les Palestiniens sur le plan de la sécurité et de l’économie. Et je pense que les résultats, surtout sur le plan économique sont les meilleurs résultats de la dernière décennie. »

Nous avons eu l’occasion, dans ces colonnes, de dire à quel point cette coopération entre Israël et l’Autorité palestinienne, grâce à l’organisme israélien COGAT, est profitable, en effet, aux Palestiniens . Sans qu’il n’y ait besoin de quelque mouche du coche que ce soit...


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