L’Union Européenne : un nain politique

par le professeur David Ruzié *

mercredi 28 juillet 2004

Il y a quarante-huit heures, sur ce site, Alain Rajchman avait parfaitement raison de tourner en ridicule les fanfaronnades de Javier Solana, Commissaire européen, chargé de la politique étrangère et, sans doute, futur ministre des affaires étrangères de l’Union européenne, quand - et si - la constitution concoctée sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing voit le jour.


De fait, s’agissant de la question du Moyen-Orient, cela fait bien longtemps que les Européens, à l’époque où l’on ne parlait encore que de la Communauté européenne, réalisaient, généralement, une unité de façade, dictée par des considérations de « pétropolitique ».

Cela n’empêchait, heureusement pas que, dans les relations bilatérales, certains Etats, tels les Pays-Bas ou l’Allemagne fédérale, adoptent une attitude plus équilibrée à l’égard d’Israël.

Le dernier vote des « Européens » à l’Assemblée générale des Nations Unies, réunie, en session extraordinaire d’urgence, après l’émission de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice, rappelait étrangement la fâcheuse « Déclaration de Venise » adoptée, lors d’un Sommet européen, en juin 1980.

A l’époque, où elle ne comportait encre que 9 Etats membres, la Communauté européenne s’arrogeait le droit de reconnaître officiellement l’O.L.P, qui se considérait en guerre contre l’ « entité sioniste » bien avant qu’en 1993, seulement, Israël ait pu croire à la bonne foi de Yasser Arafat, qui, de son côté reconnaissait, enfin, l’existence de l’Etat d’Israël.

On ne peut manquer d’être tenté d’établir un parallèle entre La Ligue des Etats arabes, qui n’a jamais réussi à réaliser une unanimité que contre Israël et la Communauté européenne, qui, de son côté, bien que peinant à affermir ses bases, n’en revendique pas moins, depuis longtemps, un rôle de premier plan dans le règlement du conflit du Moyen-Orient.

Avec 450 millions d’habitants et ainsi l’entité la plus peuplée après la Chine et l’Inde, l’Europe des 25 n’apparaît pas plus capable qu’auparavant, avec un nombre d’Etats plus réduit et une population moindre, de jouer un rôle quelconque sur l’échiquier mondial.

Sans remonter très loin dans le passé, faut-il rappeler que l’Europe communautaire s’est révélée incapable de régler le problème posé, à ses frontières, par l’éclatement de la Yougoslavie.

C’est elle qui a fait appel aux Etats-Unis pour qu’ils interviennent tant en Bosnie-Herzégovine, que, plus tard, au Kosovo.

Alors, prétendre jouer un rôle central dans le règlement du conflit proche-oriental est quelque peu présomptueux.

Certes, l’Union européenne fait partie du « Quatuor » (ou « Quartet »), avec les Etats-Unis , la Russie et les Nations Unies, mais, en l’espèce, l’Europe, n’a jusqu’à présent guère brillé par son implication.

On serait tentéde dire : bien au contraire.

S’il en fallait une preuve c’est l’utilisation frauduleuse des fonds considérables mis, depuis une décennie, au moins, par l’Union européenne à la disposition de l’Autorité palestinienne, sans aucun contrôle.

Si la seconde Intifada s’est révélée être beaucoup plus meurtrière que la précédente c’est tout d’abord, parce qu’avec l’argent des contribuables européens, les manuels d’enseignement en cours dans les écoles patronnées par l’UNRWA (Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine) ont distillé la haine des Israéliens, voire des Juifs dans l’esprit des jeunes palestiniens.

D’autre part, au lieu de construire des infrastructures et donner, ainsi, du travail à la population désoeuvrée de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, les dirigeants palestiniens, non s’en se servir au passage, ont utilisé l’argent européen à se procurer des armes sur le marché mondial et à implanter, sur place, des fabrications d’armes rudimentaires, mais non moins meurtrières.

Dans ces conditions, effectivement, l’auto-satisfaction de Javier Solana n’est pas de mise.



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