Suite à l’anarchie récente au sein de l’Autorité Palestinienne, la presse arabe invective Arafat

MEMRI

mardi 27 juillet 2004

L’anarchie grandissante au sein de l’Autorité Palestinienne a provoqué dans la presse arabe un flot croissant d’attaques à l’encontre du président de l’AP Yasser Arafat, des éditorialistes lui imputant la responsabilité de l’anarchie et de la corruption au sein de l’AP et l’exhortant à démissionner. Voici des extraits tirés de plusieurs articles :


Le rédacteur en chef du quotidien koweïtien Al-Siyassa : Arafat, comme Saddam, a conduit son peuple au terrorisme, à la destruction et à la mort

Ahmad Jarallah, le rédacteur en chef du quotidien koweïtien Al-Siyassa , a écrit dans un éditorial : "Finalement, les Palestiniens commencent aujourd’hui à saisir les rênes entre leurs propres mains. Ils ont commencé à agir directement contre les hommes d’Arafat, les tsars de la corruption (…) Arafat lui-même doit partir, en tant que chef de l’AP corrompue et comme personnalité dont la survie politique est vaine, particulièrement lorsque le bras armé du Fatah, qu’il dirige, l’accuse d’être responsable de cette tragédie (…)

Arafat a détruit les fondements de la vie du peuple palestinien, et l’a entraîné vers le terrorisme, la destruction et la mort gratuite sous l’empire du désespoir. Il a mis la terre en lambeaux, comme Saddam avait mis la patrie irakienne en lambeaux et avait humilié son peuple. Cette homme a atteint le stade de l’ineptie politique qui s’illustre par sa volonté de s’accrocher au pouvoir et espérer de la longévité.

Le chef de la corruption est Arafat lui-même et les premiers à en être conscients sont les dirigeants arabes (…) Ouvrir la voie vers la paix ou vers la feuille de route sera impossible tant que cet homme, qui malmène l’existence de son peuple pour survivre, restera [au pouvoir]". 1

Le rédacteur en chef du quotidien gouvernemental égyptien Al-Akhbar : ’Arafat a offert un magnifique cadeau à Sharon’

Galal Dawidar, rédacteur en chef du quotidien gouvernemental égyptien Al-Akhbar et un proche du président égyptien Hosni Moubarak, a écrit dans ses colonnes : " Quelle joie pour l’agression israélienne ! Quelle joie pour Sharon le chef meurtrier et son gang sanguinaire ! Ils ont mérité ce merveilleux cadeau de la part du président Arafat, qui le leur donna avec arrogance et obstination pour endiguer le flot de demandes de réformes au sein de l’AP (…)

Nous réitérons notre requête auprès du président Arafat qui, malgré tout ce qui vient de se passer, a encore le pouvoir de reprendre le contrôle de la situation. Il est responsable et doit se plier au désir du peuple palestinien et de la communauté internationale et doit agir rapidement en vue de réhabiliter le foyer palestinien pour affronter les dangers et les complots qui pèsent sur les espoirs et les droits légitimes [du peuple palestinien]". 2

Le rédacteur en chef du quotidien londonien pro-Saddam Al-Quds Al-Arabi : ’Arafat a laissé la corruption se développer au point de transformer le corps politique palestinien en un cadavre pestilentiel en pleine décomposition’

Abd Al-Bari ’Atwan , le rédacteur en chef du quotidien londonien pro-Saddam Al-Quds Al-Arabi , a écrit : "Le président palestinien Yasser Arafat a perdu une part importante de son prestige lors de l’attaque contre le Général Ghazi Al-Jabali , son chef de la police. Puis Arafat perdit les dernières réminiscences de [son prestige] lorsqu’il commit une erreur encore plus grossière en nommant son cousin le Général Moussa Arafat à la tête de la Sécurité Générale. Le nouveau commandant n’est pas moins corrompu que son prédécesseur et est détesté par la majorité du peuple palestinien. Il est probable que cette décision hâtive de nommer [Moussa Arafat] conduise à une guerre civile dans la bande de Gaza ou, au minimum, à une série d’assassinats et d’éliminations (…)

Toutes les institutions de l’AP sont corrompues et illégitimes. La corruption est une maladie contagieuse et le président Arafat a laissé cette maladie se propager au point de transformer le corps politique palestinien en un cadavre pestilentiel et en pleine décomposition (…)

Au nom de la majorité silencieuse, nous demandons que le président Arafat cesse de soutenir les corrompus, prononce leur révocation et fasse appel aux forces de la jeunesse qui ont les [mains] propres au sein du peuple palestinien. C’est la seule façon de sortir de l’anarchie et du déclin (…)" 3

Un éditorialiste du quotidien gouvernemental jordanien Al-Ra’i : ’Arafat s’accroche à son siège au détriment du soutien international au peuple palestinien’

L’éditorialiste Dr Fahd Al-Fanek a écrit dans le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ra’i  : "Arafat fait l’objet d’un ostracisme sur le plan international, mais s’accroche à son siège au détriment du soutien international au peuple palestinien et à sa cause. Il est ainsi devenu un lourd fardeau (…) Il est nécessaire à présent de sacrifier un état palestinien pour préserver la Mouqataa [le quartier général d’Arafat] à Ramallah.

A présent que la situation est aussi mauvaise que possible, M. Arafat réalise-t-il qu’il a fait son temps et doit se retirer de lui-même, sinon les choses aboutiront à leur fin naturelle par d’autres moyens ?" 4

Un ancien rédacteur en chef du quotidien londonien de langue arabe Al-Hayat exhorte Arafat à démissionner

Jihad Al-Khazen , un ancien rédacteur en chef du quotidien londonien de langue arabe Al-Hayat , qui a appelé Arafat à démissionner à plusieurs reprises, a une nouvelle fois réitéré son appel : "Selon la feuille de route, à laquelle Arafat a déjà donné son accord, les services de sécurité [palestiniens] étaient censés unifier plus de 12 organes de sécurité pour les ramener au nombre de trois. Pourtant, il résista, se contentant d’annoncer des actions limitées lorsqu’il était déjà trop tard. Le peuple de Gaza, qui a exigé le retrait du chef de la police Ghazi Al Jabali en raison de sa corruption, manifesta également contre la nomination de Moussa Arafat, le cousin du chef palestinien, à la tête de la sécurité nationale. Ils ont exigé la révocation d’un personnage officiel à cause de sa corruption, et ont seulement vu Arafat leur présenter quelqu’un d’encore plus corrompu (…)

En mai, j’ai appelé dans ces colonnes Arafat à démissionner. La semaine dernière, l’envoyé spécial de l’ONU au Moyen-Orient Terje Roed-Larsen, un grand défenseur des palestiniens, a critiqué l’action d’Arafat. Si telle est l’opinion d’un [ami], Arafat doit alors réexaminer les opinions des autres et se demander de nouveau qui doit être tenu responsable [de cela]". 5

Un chroniqueur du quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat : Les Arabes doivent dire à Arafat que ’le peuple palestinien est plus important que vous-même’

L’éditorialiste Dr Mamoun Fendi a écrit dans le quotidien londonien de langue arabe Al-Sharq Al-Awsat  : "Arafat ne se soucie de rien d’autre que de sa propre ’liberté de mouvement’. Il n’attache aucune importance aux propos de [l’envoyé spécial des Nations Unies au Moyen-orient Terje Roed] Larsen au Conseil de Sécurité [de l’ONU] concernant la transition du retrait de Gaza par Sharon au début d’un retrait total [des territoires palestiniens] et la libération d’1,5 million de palestiniens du joug de l’occupation et de l’humiliation. La liberté personnelle d’Arafat compte plus que la liberté des Palestiniens. Lors de toutes les négociations conduites par Arafat, il semblait agir selon la devise (…) ’Si je ne fais pas partie de la solution, je saborde la partie’.

Tous les Arabes, et en premier lieu leurs dirigeants, doivent dire à cet homme, ’Cette question est plus grande que vous ne l’êtes’, et le peuple palestinien est plus important qu’Abou Ammar [Arafat]. Les actes d’Abou Ammar ne répondent pas à une stratégie de libération mais à des manœuvres de survie et [pour autant que cela le concerne] le peuple palestinien, et la région, peuvent aller au diable.

Une question demeure : [doit] on maintenir enfermée toute la région avec [Arafat] dans sa prison à Ramallah ? Ou doit-on d’abord libérer les Palestiniens, et laisser Arafat pour la fin ? Selon moi, libérer les habitants de Gaza et les sortir de la prison de Sharon est la priorité avant de libérer Arafat de sa prison ". 6


1 Al-Siyassa (Koweït),20 juillet 2004.

2 Al-Akhbar (Egypte), 21 juillet 2004. Galal Dawidar a également écrit un article critique à l’égard d’ Arafat dans Al-Akhbar le 19 juillet 2004.

3 Al-Quds Al-Arabi (Londres), 19 juillet 2004.

4 Al-Ra’i (Jordanie), 20 juillet 2004.

5 Al-Hayat (Londres, en Anglais), 20 juillet 2004.

6 Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 19 juillet 2004.


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